'ELARGIR SA BIENVEILLANCE

RALENTIS RESPIRE TOLÈRE EN TOI ACCUEILLE APPRENDS

NOTRE VERRE A MOITIE PLEIN

Je discutais donc. De notre façon de voir le monde, et à quel point notre filtre de perception pouvait influencer notre quotidien

ETRE MERE

Je sais que parfois, il est difficile de se vivre comme une mère. De remplir volontiers ses fonctions maternantes, d'écoute, de soutien, d'accompagnement... Je sais.

LIEN MERE-ENFANT

Lorsque l’on devient mère pour la première fois, nous sommes si fragiles, si pleines d’illusions et d’ignorance...

ASSEZ!

Intolérance. Critiques déguisées. Jugements gratuits. Injures et véhémences. Fermeture d’esprit. Rigidité. Égoïsme. Lâcheté. Indifférence.

mardi 20 décembre 2016

JE SUIS DE CELLES...


Je suis de celles, qui possèdent dans leurs bibliothèques,
Catherine Gueguen, Isabelle Filliozat, Thomas Gordon, Jon Kabat-Zinn, Faber et Mazlisch, Jane Nelsen, Marshall Rosenberg, Céline Alvarez, Eline Snel, D. Siegel, Jeanne Siaud-Facchin, ....
Oui, tous ces spécialistes en communication non violente, en éducation bienveillante, en méditation pour enfants.
Ma tête est remplie de leurs principes positifs et encourageants auquel j'adhère.
Dans ma tête.
Mais dans mes actes, je suis de celles qui continuent de lutter.
Lutter tous les jours, contre ce qu'elles ont appris enfant.
Je suis de celles qui se retrouvent à crier, à menacer leurs enfants, à vivre ce lien affectif très fort qui nous ramène à notre propre enfance, nos blessures et nos défaillances et qui parfois se sentent dépassées et voudraient baisser les bras...

Je suis de celles, qui lisent avec inquiétude et intérêt les reportages, livres au sujet de l'impact de notre manière de vivre sur la Nature, sur notre planète...
Oui, je prends conscience que notre manière de consommer des objets, des vêtements, notre manière d'acheter, de nous nourrir, deviennent dangereuses pour notre écosystème. La nature est magnifique, complexe, mais aussi fragile.
Son équilibre délicat est impacté par nos actes du quotidien.

Pourtant, je continue d'acheter dans des supermarchés, je dépense pour mes enfants sans toujours réfléchir à l'origine ou la matière... Et même si je ne mange plus de viande, et préfère la qualité à la quantité, je me retrouve quotidiennement à jeter des emballages inutiles, ou à utiliser des lingettes parce que c'est "pratique". La tâche me semble si grande et c'est un changement titanesque...

Je suis de celles qui voient en chaque être humain, une personne. Je ne comprends pas ces problématiques de frontières, de différences de peau, de salaire, de sexe, de religion, de propriété...
A mes yeux, chaque être humain a de la valeur, une histoire, et une culture riche et contraignante.
A mes yeux, nous devrions tous pouvoir manger, et vivre décemment.
Nos frontières, au fond, nous les portons dans notre coeur. Elles sont comme des murs qui nous rassurent, certes, mais qui nous enferment aussi.
Mais, voilà.
Tout en sachant que des enfants crèvent de faim, tombent sous les coups, pleurent et souffrent, je suis de celles qui préfèrent oublier ce qu'elles ne voient pas...
Oublier l'horreur, pour continuer à vivre sans hurler.

Je ne crois pas au concept de coupable-victime... En nous, vivent le bien, comme le mal.
Je garde à l'esprit que je peux, comme un autre, moi aussi, pour des raisons qui me sembleront bonnes, faire de mauvais choix.
Et chaque jour, je me demande si je ne deviens pas coupable, parce que je ne fais pas davantage pour notre humanité...

Je suis de celles.
De celles imparfaites.
Qui voudraient tant pouvoir faire mieux.
Et qui, très certainement, ne font pas aussi bien qu'elle le pourrait.
Qu'elles le voudraient...

Pas assez pour toi, monde, si beau et si cruel...
Pas assez, mais un peu plus.

Un peu plus et sans cesse mieux.

Illustration: Comme cet arbre, grandir comme on nous l'impose, pour peu à peu, s'en affranchir et faire nos choix, malgré les risques, malgré les difficultés. Pour chaque acte, nous avons le choix.

mardi 25 octobre 2016

DERRIERE UN COMPORTEMENT INADEQUAT, UN BESOIN D'ATTENTION ?


Il y a quelques temps, j'étais assise à côté d'une jeune maman. Sa petite fille de trois ans, adorable petit bout de femme avec de grands yeux pétillants et des boucles blondes, arriva dans la salle et se précipita entre ses jambes. Elles se câlinèrent et s'embrassèrent comme si elles ne s'étaient pas vues depuis longtemps. La maman tout à coup, regarda le collant de sa fille.
" - Mais, tu as changé de collant!? Tu as encore fait pipi dans ta culotte?"
Et l'enfant d’acquiescer de la tête sans rien dire.
"- Tu sais ce que ça veut dire, n'est ce pas? Tu n'auras pas d'histoire ce soir."

Je la regardais perplexe. Elle avait dit ça sur un ton calme et la petite fille, n'eut pas l'air de réagir.
Était ce à cause du ton? Si calme, qu'on pouvait se demander si la maman était réellement en colère?... Pourtant, la punition avait tout de même été formulée.
L'enfant s'éloigna, explorant les alentours.
La maman me regarda et elle dut percevoir ma surprise car elle crût devoir se justifier.
"- C'est parce que, vous comprenez, elle est propre à l'école, avec la nounou, mais quand elle est avec moi et son père, "madame" refait pipi dans sa culotte. C'est clair qu'elle le fait exprès, donc on la punit..."
Je n'ai rien dit. Juste souri.
Je n'ai pas osé.
Car, même si je n'étais pas de son avis, qui étais-je pour me permettre de critiquer sa méthode?
Son enfant semblait épanouie, et surtout, une réelle affection les liait toutes les deux.

Cependant, il me vint ce souvenir: cet été, j'ai proposé à mes filles de travailler régulièrement sur des cahiers de vacances. Mon aînée avait besoin que je sois derrière elle pour l'encourager. Ma cadette se débrouillait très bien toute seule, jusqu'à ce qu'elle se mit à faire des erreurs. Au début, je crus à un manque d'attention, et je l'invitai à prendre davantage de temps, lui proposant des mises en applications que je savais qu'elle maîtrisait. Là, encore, elle fit plusieurs erreurs. C'est en reprenant avec elle, que je compris la situation: ma cadette faisait exprès de se tromper pour pouvoir bénéficier de mon attention à son tour.

Le besoin d'attention.

Voilà ce qui poussait ma fille à agir de manière excessive et inappropriée. Elle commettait des fautes, non pas contre moi, mais pour elle, pour obtenir mon attention. Pourquoi? Et bien, au delà de son possible sentiment de jalousie envers sa soeur, il est possible que, pour elle, l'attention soit une preuve d'amour.
Elle me voit consacrer du temps pour les études de sa soeur et elle l'interprète comme une marque d'amour.
Elle aussi veut être aimée!


Peut être que la petite fille de trois ans, elle aussi agissait ainsi par besoin d'attention...
Peut être, que "faire pipi" dans sa culotte lui permettait de profiter de l'attention de sa mère et tant pis si c'était de manière négative?...

Voilà ce que j'aurais peut être pu dire à cette maman... Mais je crois que j'étais trop dans un désir de lui faire changer d'avis, et donc dans la critique. En prendre conscience m'a permis de ne pas "mal réagir". J'ai préféré me taire que la blesser.

Pour ma cadette, je ne l'ai pas affronté directement sur le sujet. Elle aurait nié. Mais j'ai pris le parti de consacrer une pleine attention à ses réussites.Et j'ai joué le jeu de ses erreurs. Elle a fini par se lasser. Maintenant je sais que je dois écouter son besoin d'attention, même si elle a des facilités au niveau scolaire.

Je ne pense pas que retirer un temps d'histoire, de partage entre eux, à une petite fille en grande demande d'attention, l'encouragera à devenir propre avec ses parents.
Mais, parfois, mon fils aussi a des "petits accidents"et je n'ai pas toujours une réaction très calme et empathique... Même si je ne punis pas et le déculpabilise là dessus, il m'arrive quand même de râler...

C'est véritablement difficile, de se permettre de s'immiscer dans le mode de fonctionnement d'une famille, quand soi même, on n'est pas parfait.
J'aurai pu parler de ma fille. Partager ce genre de difficultés. Sans chercher à la faire changer d'avis, seulement l'aider à y voir plus clair, et à déculpabiliser...
C'est en tout cas, ce que j'aurai aimé faire.
Mais sur le coup, je n'ai pas réagi.
Je n'ai pas essayé.. 

J'ai encore du boulot ;)


Illustration: James Tissot, a reading story

samedi 1 octobre 2016

RETOUR




Quand on s’arrête d'écrire un certain temps, reprendre cet exercice est véritablement difficile. Laborieux.
C'est donc très laborieusement que je reviens ici.

Poser quelques mots.

Les jours d'été prennent fin.
Hier soir, je suis rentrée à pied de ma séance de yoga. Le doux bruit de la pluie m'enveloppait. L'air était tiède. La terre exhalait des parfums d'humus et dans cette nuit sombre seulement éclairée par les réverbères, mon regard s'est attardé sur les feuilles couchées par terre.
Elles ont fait leur temps.
Elles ont bien travaillé pour l'arbre.
Et maintenant, elles retournent à la terre.
Poussière...


Cette année mon fils est rentré à l'école maternelle.
Une période de ma vie prend fin.
Celle de leurs petites enfances.
En moi, un sentiment de profonde gratitude pour cette période si heureuse m'habite.
Quelle merveilleuse chance ai je eu, de pouvoir en profiter aussi pleinement!
Être là pour eux. Les accompagner dans leur quotidien. Leur apprendre.

Une saison en chasse une autre...
Je ressens une certaine nostalgie pour ce qui se termine...
Mêlée à une impatience pour ce qui arrive.

La mère que j'ai été avec mes bébés n'est plus.
Elle s'efface pour celle qui, aujourd'hui, marche en équilibre sur un fil entre leurs besoins et les miens.
C'est la vie, je crois.
Au rythme doux des saisons...

vendredi 15 juillet 2016

TENIR BON


Mon coeur est triste ce matin.
Toutes ces vies fauchées.
Fauchées par la haine.
Car il faut en avoir un sacré paquet de haine!!
Pour rouler sur des vacanciers en sandales, sur des êtres humains en jupe et gilet,
Sur des enfants heureux et bronzés, sur des bébés...

Folie...

Sur une autre promenade, face à la mer
Un autre feu d'artifice aux belles couleurs tricolores
Mon fils sur les épaules de mon mari
Les paumes de mes filles serrées dans mes mains.
Petite laine. Lune d'argent dont l'éclat caresse les flots si calmes.
Sable froid. Mais tant d'étoiles dans le firmament et les yeux de mes enfants.
Et soudain, cette nouvelle, plus assourdissante qu'un pétard.
"Attentat à Nice. Restez cloîtrés."

Petites étoiles éteintes...

Comment continuer à nous sentir en paix?
Toute cette année à vivre avec cette pensée : ça peut nous arriver....
Tous les matins devoir laisser ses enfants à l'entrée de l'école sans pouvoir les accompagner.
Toutes les semaines croiser des militaires, des armes, des regards scrutateurs.
Toutes ces fouilles partout, ces réglementations, pour tenter d'empêcher cette haine de nous atteindre, de nous tuer.

En vain.

Je pense aux familles, je pense aux témoins éclaboussés par l'horreur...
C'est partout,
C'est là où la joie et la fête résonnent...

Nous avons le droit d'être triste
Nous avons le droit d'être en colère
Nous avons le droit d'avoir peur.

Mais nous avons aussi le droit de tenir bon.
Nous pouvons le faire.
Nous pouvons continuer à laisser s'exprimer ce qui les dérange tant!

Notre liberté
Notre fraternité au delà de nos différences
Notre combat vers toujours plus de respect et d'égalité.
Notre bienveillance. 

Résistons!

mardi 12 juillet 2016

CONTRE LE SPASME DU SANGLOT, LE SOUFFLE


Quand mon fils avait neuf mois, environ, il lui est arrivé plusieurs fois d'être sujet au spasme du sanglot. 
Je me souviens notamment de la première fois:
je le changeais et il s'est fâché car en l'habillant, je l'empêchais de se saisir d'un flacon ouvert. Il s'est mis en colère en gesticulant et hurlant. Puis, tout à coup, il s'est arrêté de respirer, et il est devenu tout mou. J'ai senti la panique me gagner. L'instant d'après, il revenait à lui, mais je n'arrivais pas à m'en remettre, totalement ébranlée et angoissée.
Comment un petit bébé comme lui pouvait tout à coup s'arrêter de respirer??
Etait ce à cause de ses émotions? De sa colère?
Etait ce dû à une incapacité à surmonter son émotion ou à un trop plein d'émotion? Les deux peut-être...

Et surtout, question fondamentale: Comment l'aider?

En consultant mon pédiatre, j'ai été rassuré: à priori, mon fils n'était pas en danger. 
Sur internet, on peut lire tout un tas de conseils pour les parents: des petites gifles à donner à son enfant, ou l'eau froide sur son front, ou encore l'indifférence, attendre que cela passe, ne pas "céder au caprice"....
Toutes ces attitudes étaient pour moi inenvisageables.

A 9 mois, mon enfant ne fait pas un caprice, ne tente pas de me manipuler, il vit de manière intense, trop intense, une émotion désagréable : la colère.
Là dessus, j'étais au clair.
Alors, que faire?
Je n'ai pas attendu le prochain spasme du sanglot. J'ai cherché à prévenir la crise plutôt qu'agir au moment de la crise.
Puisque le spasme du sanglot, chez mon fils, était en lien avec la colère, j'ai décidé de travailler avec lui sur cette colère. Je lui ai appris à ne plus se couper de son souffle, à se recentrer sur le souffle.
Attentive à ses réactions de colère, quand j'observais que celle-ci montait, je prenais mon enfant dans mes bras et je lui disais " Respire, comme ça...".
Devant lui, pour qu'il voit bien ma bouche,  j'inspirais puis soufflais longuement, lentement. Fort, aussi pour qu'il entende bien mon souffle. Plusieurs fois.
Au début, il me regardait, sans agir. Puis, il s'est mis petit à petit à m'imiter.
Peu à peu, l'apaisement le gagnait. En le ramenant au souffle, je l'aidais à se réguler, dans mes bras, tout doucement..

J'ai aussi travaillé sur autre chose: sur ma propre colère.
Cet événement a été un déclic pour moi.
En tant que psychologue, j'avais souvent pu constater que les enfants peuvent être des éponges émotionnelles. Si mon enfant vivait une telle colère pour une frustration banale, peut être, que j'avais à me remettre en question, moi, sa mère. Me remettre en question sur ce que sa colère renvoyait de ma propre colère.
Il m'a fallu éclaircir plusieurs choses:

- L'origine de cette colère.
Je me suis rendue compte qu'il n'était pas facile pour moi d'élever un garçon. Que dans ma vie, inconsciemment, j'évitais de nouer des liens avec des hommes. Je sentais aussi que derrière ce comportement, sommeillaient beaucoup de pensées dysfonctionnelles: Je n'aime pas beaucoup la compagnie des hommes. Les hommes sont violents et insensibles. Je préfère les éviter.
Mais comment aimer de manière inconditionnelle mon fils, et continuer à "méjuger" les hommes??
Allais-je imposer à mon fils mes ressentiments contre le genre masculin? Ou changer progressivement et m'ouvrir ?
Petit à petit, j'ai modifié mon système de croyances. Les hommes peuvent être doux et sensibles. Ils peuvent enrichir mes relations. Ils sont importants et tout aussi doués de délicatesse et d'affection que les femmes. Mon mari et mon fils en sont les plus belles preuves, mais pas qu'eux..

- Ma propre gestion émotionnelle.
Le yoga et la méditation de Pleine Conscience m'ont beaucoup aidée et continuent de m'aider à réguler mes émotions.

Aujourd'hui, mon fils a trois ans. Quand il se met en colère, que cette colère gonfle, je lui rappelle: "Respire", et il le fait avec efficacité.
Aujourd'hui, je tolère de le voir se battre avec son père. Je comprends que pour lui, c'est un jeu nécessaire, que des siècles de guerre, ont forgé ce besoin.
Je le comprends et je n'ai plus cette crainte que cela lui retire sa gentillesse, sa douceur.
Quand mon fils me câline en posant sa tête avec confiance au creux de mon cou, je mesure tout ce que son existence a transformé en moi.
La gratitude déferle alors dans mon coeur.
Je le sers ce petit homme et je laisse l'amour, cet amour puissant, inconditionnel, nous envelopper.
Alors, oui,  je suis en paix.

Illustration: William Bouguereau, La mère et son fils

mardi 21 juin 2016

VIVRE ENSEMBLE


Un dimanche de Juin.
Au musée Marmottan.
Je suis avec mes trois enfants.
Une envie, comme ça de beauté, de douceur.
Et puis, il y a cette exposition sur l'art et l'enfant, qui me tente.
Mon fils de trois ans, se demande ce qu'il fait là. ça ne l'intéresse pas. Ici, pas le droit de courir, ni de crier. Mais la promesse du manège lui permet de tenir sans trop rechigner.
Mes filles, 5ans et demi et 7 ans, elles, sont ravies. Le musée Marmottan est un ancien hôtel particulier. Lustres, dorures, mobiliers,... Elles s'extasient. "Maman, on se croirait dans un palais de princesses..."
Elles admirent les toiles, avec légèreté. Ce qui les intéressent: les costumes de l'époque, les petites filles endimanchées. Morisot, Renoir, les couleurs chatoient et à leur regard, les scènes intimes peintes se révèlent familières. Elles aiment.
Dans la salle de l'exposition, un monde se bouscule. Mon fils dans les bras, je me faufile. Mes filles, se tiennent la main, elles regardent, mais comme moi, se sentent très vite oppressées. Et puis, une jeune femme souffle bruyamment et se met à râler, car à côté, on entend un bébé pleurer. "Mais qu'il se taise!" crie t'elle.
Immédiatement, une tension naît dans mon dos. Ce n'est pas mon bébé, mais je me sens concernée. Bien sûr, entendre un bébé pleurer, quand on souhaite admirer des œuvres d'art, peut agacer. Cependant, bien d'autres choses à cet instant perturbent le regard. La foule, qui se bouscule sans gêne. La chaleur, un peu oppressante... Enfin, je suis triste de mesurer ce que l'intolérance d'une personne peut modifier dans le comportement du groupe.Car d'autres regards fusillent les enfants présents. Chacun veut voir, et surtout veut mieux voir que les autres.
Qu'est ce que signifie, à cet instant, "vivre ensemble"?
Chacune de ces personnes, semble vouloir être seule. Tous se conduisent comme tel.
Être ensemble, est ce cela?

Que nous dit cette exposition, au fond? Que l'enfant a vu son statut évoluer, passer de l'enfant royal, seul représenté, à l'enfant choyé peint dans son quotidien. Que de l'indifférence générale, il est devenu centre d'attention, au point d'inspirer les artistes modernes, non pas pour ce qu'il est, mais pour ce qu'il crée. N'est ce pas Picasso qui a passé sa vie, à essayer de peindre "comme un enfant"?

Qu'il ait été utilisé comme modèle à peindre, ou comme modèle pour peindre, l'enfant, au fond est resté  objet des aspirations artistiques, sociétales de son époque... Un modèle sublimé, suscitant une espèce de nostalgie pour cette "bienheureuse enfance", ou au contraire, réveillant les consciences...
Avons-nous changé?

Très vite las, nous quittons l'exposition. J'invite mes filles à descendre admirer les oeuvres de Monet.
La salle est presque déserte. Nous nous asseyons. Nous respirons.
Comme à chaque fois, je suis émotionnellement prise au coeur.
Monet me transporte.
Avec lui, les couleurs vibrent, appellent à la douceur, au lâcher prise.
Avec lui, je me souviens, que oui, tout est là. Juste là.
Cette beauté dans le monde.
Ce virtuose du pinceau a choisi des "petits" sujets, ordinaires. Nous sommes loin des peintures religieuses, mythologiques, des portraits de grands hommes. Non, ici, l'homme nous raconte une petite fleur, un bord de rivière, une aube.
Notre œil entre alors dans un poème. L'instant est sublimé. De sa fugacité, nous en percevons quelque chose. Et que voyons nous? Une harmonie naturelle, baignée de lumière. Le monde selon Monet.
Monet est davantage un spécialiste de la Nature, que des portraits. Mais il est l'artiste qui me réconcilie le mieux avec l'humanité.
J'ai proposé à mes filles de faire le tour des œuvres, pendant que je restais assise avec leur frère.
Mon regard, ému, les a accompagné dans leur découverte des glycines, des nymphéas, des iris...
Vision touchante: mes filles dans leur petites robes d'été, leurs cheveux blonds relevés, tournoyant face aux nymphéas.
Je crois que Claude aurait apprécié...
Ces petits pas légers, cette spontanéité.
Le"Vivre ensemble", semble tout à coup, moins oppressant.
Si même dans un lieu publique, parce que l'être humain est un bébé, un enfant, il n'est pas toléré, alors, comment concevoir une société fraternelle et respectueuse des différences??
Les gens payent pour voir des enfants en peinture. Ils les admirent, ou tout au moins le talent de l'artiste à travers eux. Froide et immobile vision de petites personnes disparues.
Mais, un enfant, en vie, devient gênant, parce que bruyant, parce que vivant...
Paradoxal, non?
Suis-je trop dure envers les intolérants?
Vivre ensemble, doit-il se construire dans un monde d'adultes seulement?
Pourtant, où commence ce "vivre ensemble", si ce n'est déjà dans l'enfance, au sein d'une famille?...
Accepter les différences, tolérer ce que nous ne comprenons pas toujours, est ce que cela ne devrait pas se travailler précisément là?

"Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité."Déclaration universelle de l'homme

Sans cette fraternité, cette nécessité de lien, peut être pas toujours affectif, mais tout au moins moral, comment espérer vivre ensemble?


Illustration: La boxe, Maurice Denis, 1918.

mardi 14 juin 2016

LA PETITE DAME AU LANDEAU


Elle monte et descend la côte en lacet, tous les jours de la semaine;
A bout de bras, un vieux landau transportant deux petites frimousses.
Une petite fille aux boucles brunes trottine à ses côtés.
Elle courbe le dos. Avance lentement.
Elle a l'âge d'être grand-mère.
Elle est nounou.

Chaque jour, en revenant chez moi, je la croise et nous nous saluons.
J'ai repéré sa maison. Et son mari.
Un vieux bonhomme un peu étrange, qui sort de chez lui en pantoufles, ou en short. Même en hiver.
Elle, je l'aime bien.
Je la vois promener ces petits enfants qu'elle garde. Pleine d'attention pour eux.
Elle devrait être à la retraite.
Mais, non, elle travaille. Tous les jours.
S'occuper de touts petits exige beaucoup d'énergie, de patience et de don de soi.
Pour l'avoir vécu moi-même, je comprends l'effort que cette femme fournit.
Tous les jours.
Oui. Je l'admire. Profondément.
Elle fait partie de ces personnes un peu hors du commun, qui ne se dévoilent qu'à un œil observateur.
Parce qu'elles se fondent dans la masse.
Banale? Oui. Banale et exceptionnelle.
Je tombe parfois sur son mari, souvent en train de flâner, un peu ailleurs...
Et en moi-même, je me dis, que, sans doute, elle travaille pour eux deux.
Quel courage!
Et puis, un après-midi, de retour d'école, je la croise alors qu'elle quitte sa maison avec les enfants. La petite fille est en train de rire aux éclats, devant les grimaces du vieux mari, à moitié caché derrière la porte.
Surprenant, mon sourire attendri, la nounou me sourit à son tour et me lance au moment où nous nous croisons:
"- C'est mon mari, vous savez?"
"- Ah oui? , ai- je réagi poliment.
"- Oui. Il a été le premier homme. Le seul homme."
Quelque chose dans sa voix, ce mélange de fierté et de tendresse qui en dit si long sur eux, en si peu de mots... Si peu de mots. Me frappe au coeur, tel un éclat de lumière.
Je m'arrête, interdite par cette confidence. Dans son regard, je les vois, ces étoiles.
Elle rajoute.
"-Et ça fait quarante ans que ça dure... Lui et moi. Quarante ans. Toute une vie."
Je lui ai  communiqué ma première pensée.
"-C'est très romantique."
Son sourire s'est élargi. Oui. Romantique.
Balayés les  conflits, les âpretés du quotidien.
Romantique, est le mot qui reste.
Le mot de leur histoire.

Si je raconte aujourd'hui, cette anecdote, c'est pour lui rendre hommage, à cette petite dame.
J'ai reçu les quelques mots de son histoire, comme une belle confidence.
Je sais, oui, que des personnes partout dans le monde, souffrent,
Des gens sont fusillés.
Mais, notre monde n'est pas un monde fait de cette seule souffrance.
Notre monde ne tourne pas seulement autour de la violence.
Il ne le doit pas.
Elles sont là, aussi.
Ces personnes qui portent en elles cette magnifique capacité d'amour.
Qui aiment.
Elles sont là.
Et elles créent un monde de toute beauté.

Illustration: Le vieux couple, Mario Giacomelli.

vendredi 20 mai 2016

UNE VIE AVANT LA VIE






Il y a quelques jours, mon fils a effectué sa petite matinée d'intégration à l'école maternelle.

L'année prochaine, il rentre en petite section.
Il devient grand.
Je l'ai vu faire de grands efforts pour être ce grand garçon, qu'on attend de lui.
Il m'a laissé volontairement sa tétine, son doudou.
Il s'est éloigné et quand je lui ai dit que je partais, il m'a fait un signe de la main, avec le sourire.
A ce moment là, je me suis sentie à la fois admirative, et soulagée.
Il me montrait qu'il était prêt à ce nouveau changement dans sa vie.
Un grand garçon.

Le soir, à l'heure de la douche, mon fils me questionne. Il est dans une grande période de pourquoi.
Par exemple, il est content d'être un garçon. Apparemment, faire pipi debout, le réjouit. Et comme ses soeurs aimeraient bien aussi, mais....( Bon, on sait que c'est différent ;)), il en est d'autant plus satisfait.
Voilà un truc, qu'il peut faire et pas elles!
Par contre, ce qui le réjouit beaucoup moins, c'est cette histoire de lait dans les seins...
Comme il me questionnait sur la différence entre la poitrine de maman, et celle de papa, je lui avais expliqué que les mamans avaient une poitrine gonflée, car elles produisaient du lait pour le bébé.
Pas les papas.
Il était furieux. Lui aussi, voulait des seins qui donnent du lait!

Ce soir là, il me questionne sur les bébés dans le ventre.
Autre déception pour lui, un papa ne peut pas avoir de bébé dans son ventre...
Il me touche le ventre et me dit vouloir retourner dans mon ventre.
Et là, il me regarde et me sort :" Moi, étais bien dans ton ventre, maman."

Une drôle d'émotion m'a saisie le coeur...
Je sentais qu'il me disait là quelque chose d'important.
D'abord, et bien, que grandir, au fond, ça fait peur.
Et puis, que cette vie là, dans le ventre, était bonne.

Je ne lui ai pas dit, que c'était bien ou pas bien de penser cela.
J'ai accueilli ce que j'ai ressenti comme une espèce de nostalgie.
Et je lui ai répondu doucement, que moi, j'ai été heureuse de le voir, de le rencontrer enfin...
La soirée s'est poursuivie tranquillement.

Mais cet échange m'a plongée dans un questionnement existentiel.
On oublie.
On oublie qu'il y a eu cette vie là, avant notre naissance dans ce monde.
Une vie dans un ventre.
Une vie où nous avons connu autre chose que cette réalité.
Nos besoins organiques étaient comblés.
Et c'est étrange de se dire, que nous aurions pu passer ces neuf mois, comme dans un profond sommeil, mais, non, nous avons été éveillés. Nous avons bougé, joué, suçoté. Exploré, ressenti?
N'est ce pas mystérieux?
Nos sens en ont capté quelque chose. Notre cerveau en a inscrit une trace en nous.
Oui, il y a eu cette vie.
Une vie avant la Vie.
Et puis, nous l'avons quitté.
Nous sommes nés.

Et tout ce qui a pu être vécu, a été oublié.

Mais peut être pas tout à fait....
Peut être pas tout à fait.

Illustration: La réponse imprévue de René Magritte, 1932.
 


mardi 10 mai 2016

MENAGE DE PRINTEMPS



J'adore ça.
Me dire que je vais faire de la place, que je vais m'aérer l'existence en secouant une bonne fois pour toute la poussière de ce qui traîne dans ma vie et m'étouffe.

Ouvrir mon armoire et faire un peu le vide dans tout cet inutile, qui s'entasse.

Je me rends compte que la plupart des objets qui m'entourent, sont superflus et ne font qu'encombrer ma vue.
Accepter de se séparer de ces amoncellements de "on ne sait jamais, ça pourrait servir un jour"


Et puis, il y a aussi toutes ces relations qu'on s'impose, et qui nous polluent l'esprit parce que ... "prise de tête".
Vous savez...
 Ces personnes toujours en train de brandir la carte de leur souffrance pour activer chez nous notre empathie, notre désir de les aider, et finalement, on se retrouve pris au piège de leur mal être...
Ils nous pompent notre positivité, notre énergie, et nous nous surprenons à nous préoccuper de ce qui, au fond, n'est pas notre vie, ne sont pas nos choix.

Et ces êtres humains qui se croient obligés de briller, physiquement, intellectuellement, ou socialement, pour prouver aux autres qu'ils ont raison des choix qu'ils font tous les jours, indépendamment de ce que cela peut coûter à leur entourage. Ils s'étonneraient presque d'être admirés! Alors que ce sont leurs demandes incessantes d'être nourris narcissiquement qui amènent tant de "bonnes poires" à se dévouer pour eux. Là aussi, nous finissons par nous surprendre à agir pour eux, de manière irrationnelle, et délétère pour notre propre bien être.

Quand j'en prends conscience, (car on ne s'en rend pas toujours compte, n'est ce pas? ) on croit que c'est normal, que c'est sans doute, notre faute... On pense être maître de nos pensées alors que nous sommes manipulés.
Quand je prends conscience de cet aspect vampirique de certaines relations, alors, oui, je fais le ménage.

Illusions! Illusions!

Mes amis, faîtes attention quand vous sentez un pouvoir d'attraction, au contact de certaines personnes!
Qu'elles vous attirent parce qu'elles brillent ou parce qu'elles pleurent....
Faîtes attention à ne pas plonger dans vos illusions. 
N'oubliez pas.
Les personnes sincères et vraies partagent réellement avec vous.
Elles ne font pas que prendre, elles donnent réellement et sincèrement. Elles ne font pas que remercier, elles s'investissent elles aussi, pour vous.
Au fond, vous n'avez pas à vous sentir attirées par elles, juste à vous sentir bien.
La réalité est là.
Dans ce vécu de bien être.

Comme dans une maison nettoyée et rangée. Où les objets sont là pour l'embellir et vous être utile. Pas pour vous encombrer.

Oui, j'adore ça.
Le ménage de printemps.

Faire le tri dans ma vie.
Revenir à l'essentiel. 
Et me dire que ce que je libère de place en terme de temps, d'énergie, sera là pour des personnes qui, je l'espère, m'aimeront moi, et pas ce que je leur donnerai.



vendredi 29 avril 2016

ASTUCES POUR SURMONTER LE STRESS CHEZ L'ENFANT


Tout être humain porte profondément en lui une impulsion de Vie.
Chez l'enfant, cette impulsion se manifeste notamment dans le fait de grandir, d'évoluer, d'expérimenter.
L'enfant ne cesse d'apprendre, et en a fondamentalement besoin.
Mais, au cours de ses processus d'apprentissage, l'enfant peut être soumis au stress.

Une définition possible du stress est de le considérer comme une réaction biologique, émotionnelle, cognitive en lien avec notre faculté d'adaptation. Cette réaction peut se déclencher aussi bien face à une situation réelle que face à une situation imaginaire.

Il existerait deux sortes de stress:
- Le stress dit "positif": ce sont les défis, les motivations. Les apprentissages sont alors possibles.
- Le stress dit "négatif": ce sont les ressentis d'incapacité, d'impossibilité. Ce stress là nous empêche de réagir de manière positive.

Le stress "positif "est source d'évolution, alors que le stress "négatif "peut bloquer notre processus d'apprentissage.

Vous le comprenez: nous avons besoin du stress pour évoluer, pour nous adapter aux situations nouvelles. C'est un formidable outil pour notre espèce, car le stress nous pousse à nous dépasser.

Mais quand ce stress est "négatif", nous pouvons nous sentir attaqué par la situation... Et nous effondrer.

Nous réagissons généralement selon trois modes:
- Soit nous nous mettons en mode "alarme", et nous attaquons ( colère), ou nous fuyons ( peur)
- Soit nous nous mettons en mode "vigilance" et nous subissons la situation, en nous absentant temporairement, nous passons un peu en mode "survie"
- Soit nous nous mettons en mode " stress chronique" et là, nous nous épuisons, jusqu'au "burn out", crises d'angoisses, troubles dépressifs, maladies psychosomatiques...

L'enfant est tout aussi susceptible que nous de vivre un stress dit "négatif ".
Nous pouvons lui apprendre à vivre son temps d'apprentissage de manière positive,( ce sera l'objet d'un autre article).
Mais, gardons bien à l'esprit que ce stress peut naître de situations réelles, comme de situations imaginaires.
En gros, nous aurons beau créer des conditions favorables, l'enfant peut à tout moment vivre un stress dit "négatif". Parce que dans son esprit, il le vivra négativement. Par exemple, ce stress peut naître s'il se dit qu'il n'y arrivera pas, ou s'il se fait un film dans sa tête sur la situation la voyant beaucoup plus menaçante et insurmontable qu'elle ne l'est en réalité.

Ce que pouvons faire alors, c'est l'aider à surmonter ce stress qui le gagne:
Comment?
Voici trois petites astuces qui peuvent l'aider:

- BOIRE DE L'EAU
- RESPIRER
- BOUGER

BOIRE DE L'EAU

Notre corps est composé pour, environ, 90 % d'eau. Sa fonction principale est que les "choses" circulent. Nutriments, oxygène, globules, mais aussi informations, hormones,...
Sous stress, le corps consomme de l'eau, du coup, "ça" circule moins bien...
Le corps perd sa fluidité de conduction des informations. Le stress est alors entretenu.
Si on boit un peu d'eau, de l'eau naturelle, plate, nous contribuons à une remise en circulation. Nous aidons ainsi à ce que "ça " se reconnecte dans notre corps.

RESPIRER

Respirer contribue à l'oxygénation de notre corps et de nos cellules.
Nous pouvons apaiser nos émotions en reliant les trois étages que sont le mental, l'émotionnel et le physique. Par cette attention portée au souffle.
Pour s'apaiser, il convient d'expirer plus que d'inspirer.
3-2-5-2 secondes
Inspiration: 3 secondes
Apné en haut: 2 secondes
Expiration: 5 secondes
Apné en bas: 2 secondes
Et on recommence
C'est le rythme naturel. L'inspire redonne de l'énergie. L'expire relâche.

BOUGER

C'est la peur souvent qui empêche l'action, le mouvement, l'expérimentation.
Le mouvement serait donc un "anti-peur".
Il convient alors de remettre l'enfant dans le mouvement d'essayer, d'expérimenter
Exemples de mouvement à proposer:
-Soit des exercices d'étirement, qui ouvrent la cage thoracique. Avec les bras, par exemple.
-Soit des mouvements croisés, qui raccordent les deux hémisphères de notre cerveau et relance ainsi ensemble notre processus de décodage et celui de compréhension.
Un exemple de mouvement croisé: debout. Joindre coude droit et genou gauche.( on lève son genou tout en baissant son coude) Reposer. Joindre coude gauche et genou droit. Reposer. Et ainsi de suite, plusieurs fois.


Ces exercices sont efficaces, s'ils sont expliqués et appris en amont. N'attendez pas que votre enfant soit stressé pour les lui proposer. Faîtes les faire régulièrement, afin que cela devienne une habilité. Quand il sent le stress le gagner, votre enfant doit penser au corps, revenir à son intériorité corporelle dans l'ici et maintenant. C'est en amenant son attention à son corps qu'il pourra reprendre le contrôle et s'apaiser. C'est ainsi qu'il ne partira ni dans les ruminations cognitives négatives, ni dans un trop plein émotionnel, ni dans une agitation motrice incontrôlable.
Voilà.
Tout ce que je viens de partager avec vous, provient d'une conférence donnée par une psychomotricienne qui applique ces méthodes à des classes de maternelles et de primaires.
Espérant que cela vous aidera, comme cela m'a aidé ;)

samedi 16 avril 2016

SOURIRE AU PRINTEMPS


Je me lève en douceur.
Tout doucement, pour ne pas les réveiller.
Dans la pénombre de la maison, je fais craquer une allumette.
Légère lueur.
Une bougie s'anime et.
Je laisse la gratitude m'envelopper.
J'ouvre une fenêtre.
Je m'agenouille doucement. 
Mon front rencontre le sol.
Je ferme les yeux.

Je les entends qui chantent. Leurs mélodies ne s'entrechoquent pas, elles se répondent.
J'hume dans l'air du matin ces parfums enivrants, ceux des fleurs à peine écloses.
La lumière est étrange, pâle et délicate, perçant les dernières ombres des brumes moroses.

On résume tout ce qui se passe autour de nous à ce simple mot: le printemps.
Le renouveau s'installe. Pas à pas.
Et chaque fois, mes sens s'éveillent.
Mon coeur se gonfle de reconnaissance, pour ces arbres qui se réveillent, ces êtres vivants qui vont bientôt naître.
Cette vie à foison.
A foison.
Qui nourrit
Soigne
Nous donne tant...

Tout à l'heure, mes enfants et mon mari se réveilleront.
Tout à l'heure, je reprendrai mon rôle de mère, d'épouse, de femme.

Cet instant est tout ce que j'ai.
Pour remercier.
Agenouillée et solitaire.
Je respire. je souris. Je pleure aussi.

Je souris à cette vie qu'il m'est donné de découvrir, d'accueillir dans mon âme et qui me change inexorablement.

Je souris à ces êtres humains inestimables qu'il m'est donné d'aimer, ceux qui illuminent mon quotidien et ceux plus lointains qui nourrissent mon coeur.

Je souris à ces hasards heureux, ces rencontres fraternelles qui comblent mon besoin de lien, et m'aident à suivre mon chemin.

Je souris à cette douceur dans l'amour, qui apaise les tempêtes et surmonte les difficultés.

Mes larmes sont plus amères.
Elles naissent de toutes ces laideurs humaines que nous portons et qui nous empêchent de nous rendre la vie mutuellement chaleureuse et belle...

Peut être qu'à ce même instant, d'autres âmes prient et remercient.
Peut être que certaines crient.
Cris de douleur. De haine. De désespoir.

C'est dur, d'y penser.

Je veux croire, qu'un jour, l'apprentissage de la bienveillance sera au coeur de notre raison de vivre.
Que nos petites victoires sur la violence, aideront les parents à venir. Que ce soit plus facile pour eux, d'accompagner leurs enfants avec tolérance et patience.
Que ce ne soit plus un chemin qui fasse peur, qui semble dangereux, mais une simple évidence pleine de bon sens.
Je veux croire que nous ne dépenserons plus tant d'énergies à ne pas faire du mal, mais plutôt à nous améliorer dans le bien.
Exprimer toute notre créativité humaine à mieux aimer nos frères, notre Terre.

Parfois, cette vision d'un monde meilleur, bienveillant, responsable, sans violence, gagne mon coeur.
J'y puise la force de continuer.
De persévérer, malgré mes loupés.
Agir. Au mieux.
Me remettre en question.
Chercher à en faire des habitudes de vie.
Et peu à peu, modifier mon mode de communication, de relation...

Au fond,
C'est un printemps à préparer
Aimer. Construire. Embellir.

Dans cette lumière pâle et délicate,
Je respire profondément.
Je relève la tête, j'essuie mes larmes
Et je souris au printemps.

Il me montre l'exemple.
Peut être n'en verrais-je pas les fruits?
Mais je continuerais de semer.

vendredi 11 mars 2016

MAMAN, JE M'ENNUIE...


"Maman, je m'ennuie..."
Quand ma fille me dit cette phrase, je sens une angoisse affleurer.
Parce que j'entends derrière :
"Maman, je ne suis pas bien" et "Maman, fais quelque chose"..

Stress, donc...

Alors, bien sûr, j'ai lu, comme beaucoup de mamans j'imagine, que l'ennui était sain et qu'il fallait laisser les enfants s'ennuyer, car cela leur permettait d'activer leur imaginaire, de les amener à la rêverie.

Mais personnellement, je l'entends cette injonction sous-jacente : "fais quelque chose pour m'aider."
Et puis, je le sens ce malaise de mon enfant, qui se trouve dans une prise de conscience d'une espèce de rien vertigineux.

Je m'ennuie, c'est à la fois: " je ne sais pas quoi faire" et " je me sens bizarre".

Leur répondre "tant mieux, c'est bien de s'ennuyer", n'est donc pas envisageable pour moi.

Ecouter mon enfant, c'est entendre ce que disent ses mots à mon coeur.
Et mon coeur reçoit sa solitude, son trouble, sa vulnérabilité à cet instant.

Au début, j'avoue que quand ils me disaient "je m'ennuie", je répondais à leur demande d'aide en leur trouvant une activité.
- Tu veux faire de la peinture?
- Tu n'as qu'à ...

Généralement, ils accueillaient ma proposition et entraient dans l'activité avec soulagement , dans le "faire", donc.

Mais, la réponse que je leur apportais ne me satisfaisait pas...

Est ce que je n'étais pas en train de les habituer à toujours "faire quelque chose", à fuir donc toutes ces émotions pas très confortables qu'on peut ressentir quand on s'ennuie ( tristesse, peur, dégoût, ...)??
Comment rester cohérente avec moi-même,  si tout en pensant que l'ennui est positif, j'aide mon enfant à y échapper?
Ne valait il mieux pas que je les accompagne en abordant l'ennui sous un angle plus positif?

Il m'a semblé alors, que mon enfant ne me demandait pas tant une idée, qu'une présence rassurante.
D'être là, pour lui, pendant qu'il vivait l'ennui.

Voilà pourquoi, je lui réponds maintenant:

"-Veux-tu venir t'ennuyer près de moi?"

Et je lui propose mes bras, mes genoux, mon oreille.

Souvent, un câlin suffit à remplir ce rien qui tout à coup les a envahi.
Et très vite, ils s'échappent pour repartir dans un nouveau jeu.

Parfois, c'est l'occasion pour eux de se confier, de me dire ce qui les dérange...

D'autres fois, je sens que leur état intérieur est un peu agité, ce qui les empêche de se fixer sur une activité extérieure...
Alors, je vais un peu plus loin

Je propose " veux-tu que l'on fasse la grenouille?"

Et nous nous installons pour un temps de méditation.
Soit dans les bras, soit assis ensemble
Parfois avec le CD "calme et attentif comme une grenouille".
Soit, juste en fermant les yeux et en respirant avec les mains sur le ventre.
Avec la méditation de Pleine Conscience,
Ils apprennent à profiter de leur ennui, pour se tourner vers leur intériorité.
Ils rentrent à l'intérieur d'eux-même pour en explorer l'état émotionnel, les pensées, la respiration.
Ils s'ouvrent à ce rien qui les rendait bizarre, pour mieux l'apprivoiser.

Au fond, l'ennui est une formidable occasion de mieux se connaître.
Mais, quand votre enfant vient à vous, pour s'en plaindre,
Pensez que votre vision positive de l'ennui, ne coïncide pas forcément avec son vécu à cet instant là.
Votre enfant a alors besoin de vous pour l'aider à vivre au mieux son ennui.

C'est un peu comme lui montrer la porte cachée de son jardin secret, et l'encourager à l'ouvrir....

Illustration: Vladimir Volegov, Together

mercredi 10 février 2016

HEBETUDE


Parfois, je ne sais plus très bien ce qui m'anime.
Je sais, oui, que je vis.
Je me sens vivre.
Je me vois vivre.
Je me pense vivante.

Je suis totalement fondue dans la masse des gens ordinaires. Ceux qui sont dans le monde, ouvrant chaque matin leur porte et leur fenêtre à des journées rythmées.Trop vite avalées.
Je me fonds dans ce moule. J'y suis bien.
C'est mon monde. Je suis cette personne-là. 

Je me noie dans les rituels, je me concentre sur les gens, sur mes rapports avec eux. Je tente d'y distiller un peu de bienveillance...j'en perds la notion du temps.
J'aime accueillir la vie dans cette ossature là.

Et puis, parfois, un trouble me saisit.

Qu'est ce que je fais là?
C'est quand même étrange cette vie, non?
Et je me retrouve un peu... hébétée de vivre.
Hébétée, oui.

Je ne suis pas différente. C'est seulement mon regard qui parfois, se porte vers le Ciel.
Et s'y perd.
La matière de nos pensées est incroyable. Ce feu qui chante dans nos veines, cette ardeur à être, à exister, m'émerveille.
Pendant que j'écris, mes petites cellules s'activent, elles se donnent totalement à la Vie, chacune avec une fonction, un rôle et une place dans mon corps, dans mon être.
Je me vois évoluer dans cette atmosphère si chargée, si riche en potentiel..
Une brise fait valser quelques poussières dans la lumière et tant d'atomes, à mon oeil ignorant, tournoient, se lient et deviennent matière....
Petite chose, devenue grande.
Petite étoile...
Quelle matière te traverse?
Qui ne s'éprouve pas.
Je sens ce souffle.

Ton appel est dévorant.

Ton appel me dévore.

Ce qui m'anime n'a pas de nom,
ce qui m'anime est sans pareil.
Il ne peut se résumer à une vie.
Il ne peut que se faire et se défaire.
Au travers de nos doigts.

Âme, tu ne t'appartiens pas.

mardi 12 janvier 2016

AIDER SON ENFANT A BIEN DORMIR


Pas toujours facile le soir...

On sait que nos enfants ont besoin de dormir au moins 10 heures par nuit.
Que c'est pendant leur sommeil que leur corps grandit et que leur cerveau mature.
Que s'ils commencent à manquer de sommeil, ils deviennent, (comme nous,) irritables et grognons. Excités nerveusement aussi.
Et que du coup, l'endormissement se complique, ce qui renforce le manque de sommeil, etc...
Un véritable cercle vicieux.

Voilà pourquoi, le sommeil des enfants nécessite toute notre attention.
Une bonne quantité de sommeil
Une bonne qualité de sommeil.

Bien dormir, signifie dormir suffisamment longtemps et de manière profonde, et apaisée.

En devenant maman, on apprend à favoriser un bon sommeil à nos enfants.
Très vite, on comprend que l'enfant n'a pas à s'adapter à notre rythme, mais que c'est à nous à nous adapter à ses besoins.
Ainsi, on respecte la nécessité et les temps de sieste.
Et on met en place des habitudes de vie qui précèdent l'endormissement et accueillent le sommeil.
Bref, qui accompagnent l'enfant dans cet abandon réparateur.

Souvent, pour qu'ils puissent avoir leur quota d'heures de sommeil, nous savons en général, vers quelle heure nous devons les coucher.
Et entre le moment où les enfants rentrent à la maison et celui du coucher, le planning des tâches à accomplir est très serré. A vous de l'établir et de vous y tenir tous les jours.

Voici le mien:

- On retire et on range manteaux et chaussures
- On se lave les mains
- Temps des devoirs pour les grands et de jeu pour les plus petits
- Temps des douches
- Temps de détente et dessin, pendant que le repas se prépare
- Dîner
- Brossage des dents
- Rituel du soir ( histoires,câlins, yoga, ...)
- Extinction des feux.

Quand le planning est toujours le même, se répète chaque jour, (avec des exceptions pour le weekend  ou tel jour), en général, les enfants y trouvent un sentiment de sécurité et de bien être.
ça les rassurent d'entrer dans cette ronde des rituels dont le sommeil est l'aboutissement.

Si un enfant s'oppose régulièrement, il y a la solution d'afficher le planning du soir, afin de leur permettre de le visualiser.
-"Oui, tu pourras dessiner, mais regarde! avant il est écrit "douche", donc on file à la douche et après c'est bon pour le dessin"
- "Tu as faim, regarde, le dîner est pour bientôt, juste après un petit temps de détente, tu veux m'aider à mettre la table pour que ça aille plus vite?"
- " Oui, je vais lire ton histoire, mais regarde, avant il y a les dents à brosser"

De même, si vous avez plusieurs enfants, et que ça rouspète pour savoir qui va à la douche en premier, vous pouvez établir sur un tableau un roulement. Ainsi, si un enfant râle, vous lui montrez le tableau: "Aujourd'hui, il est écrit que c'est toi en premier, car hier, regarde, c'était ton frère et demain, ce sera ta soeur". De cette manière, le conflit est déplacé, ce n'est plus vous qui décidez de manière qu'ils vont juger injuste, c'est le tableau qui établit les tours de rôle de manière équitable.

L'expérience m'a appris que c'est en établissant et en suivant un planning, le même pour chaque semaine, que je réussis à coucher mes enfants à une heure raisonnable, leur offrant ainsi leur quota d'heures de sommeil.

 En ce qui concerne la qualité du sommeil, maintenant, il faut bien avoir à l'esprit que pour qu'un enfant ait des chances de bien dormir, il doit déjà se coucher en étant bien.

- Bien physiquement: pas de douleur, propre, au chaud, repu et détendu.
- Bien psychologiquement: c'est à dire apaisé émotionnellement et cognitivement. Et j'ai envie d'ajouter : rempli d'amour.


Et c'est là que chaque tâche du soir prend un sens plus profond:

- On retire et on range manteaux et chaussures. On se lave les mains

Pour moi, ce sont des gestes qui invitent à laisser derrière soi les événements de la journée. On retire ses vêtements du dehors, pour rentrer dans son cocon. On se lave les mains, pour être débarrassé de la saleté du dehors. On rentre chez soi.

- Temps des devoirs et de jeu : Je le vois pour ma part comme un temps où l'enfant revoit ce qu'il a appris dans la journée et le partage avec nous.
L'enfant a besoin de jouer. C'est ainsi qu'il retrouve son univers, qu'il extériorise aussi ce qu'il a pu vivre dans sa journée. C'est un temps où il retrouve sa place dans la famille.C'est aussi un temps de qualité, où nous pouvons donner à notre enfant de l'attention et de l'écoute.

- Temps des douches:J'aime beaucoup ce temps, car c'est souvent en accomplissant ces gestes simples que l'on peut échanger avec son enfant sur sa journée, poser des questions, prendre aussi la température émotionnelle de son enfant. Quand ça râle, c'est souvent qu'ils ont besoin d'extérioriser une émotion mal vécue dans la journée.

- Temps de détente et de dessin: là aussi, on peut constater qu'après la douche, une fois en pyjama qui annonce le coucher, les enfants sont généralement plus calmes, détendus. C'est un petit moment de jeu ou de dessin. Si ce n'est pas le cas, c'est souvent le moment des crises et des larmes. C'est un temps que je considère important, car c'est là, où souvent j'ai à travailler sur ma propre fatigue, sur toutes ces émotions négatives qui explosent et qui m'agacent.
Maintenant, je l'ai compris : si ça doit crier, ça crie. Eux, moi parfois, malheureusement, ... Il faut que ça sorte, alors, je le tolère.
Mais, je garde à l'esprit, que ça doit dans tous les cas, une fois les pleurs, et les cris passés, les mots trouvés, ça doit finir par de l'amour. Alors, je câline, je prends dans les bras, j'embrasse. C'est ainsi qu'on se remplit mutuellement notre réservoir affectif.

- Le dîner: J'aime m'asseoir avec eux. Les écouter parler. Je les sers, je mange avec eux. Nous partageons un repas. Nous partageons du temps ensemble. Je les regarde et je suis pleine de reconnaissance pour leur présence à mes côtés.

- Le brossage des dents : Il annonce le début du rituel du soir. On se prépare pour la nuit.

- Le rituel du soir : Pour eux, c'est LE moment important de la soirée. Pas question de le négliger. En général, il prend une grosse demi-heure, voir une heure le week-end. Et même si je le raccourcis à quinze minutes, il est essentiel.
Mon objectif est que mes enfants soient bien. C'est le temps de la douceur, de l'évasion.
Je raconte les histoires qu'ils souhaitent, j'en rajoute si j'ai envie de parler d'un thème en particulier. On est collé ensemble et j'adore les voir absorbés par l'histoire que je leur raconte. J'introduis du féérique, de l'imaginaire pour les inviter à rêver.

- Extinction des feux: Chaque enfant a sa petite habitude pour se coucher qu'il est important de respecter : une tétine, un pouce, un doudou, une poupée, une veilleuse, ... Il me semble que créer son petit "au revoir" du soir qui vous convienne et convienne à vos enfants est fondamental. C'est une manière de dire bonne nuit, qui leur dit aussi: je t'aime. Certaines mamans bercent, chantonnent, caressent les cheveux, répètent les mêmes mots pour leur dire bonne nuit. Il n'existe pas un rituel, mais des milliers!  Autant que de mamans pour les inventer. Ce qui fait qu'il est précieux, magique même, c'est qu'il vous lie à vos enfants et les accompagne toute leur enfance.

Voici le mien ( à titre d'exemple ):
-Je caresse le front de mon enfant en disant "Bonne nuit petit cerveau", je glisse mes doigts sur le nez "Bonne nuit petit nez", puis sur la bouche "bonne nuit petite bouche", puis je caresse les oreilles "bonne nuit petites oreilles", et les paupières que doucement je ferme " bonne nuit petits yeux". Enfin, je laisse mes doigts caresser le visage de haut en bas trois fois en disant " plonge dans tes rêves, fais de jolis rêves et que Dieu te protège..." Un baiser.


Ainsi, selon moi, pour aider l'enfant à bien dormir, il est nécessaire de remplir chaque tâche quotidienne d'attention et d'amour. Leur permettre d'exprimer leurs émotions, de se confier. Et pour cela, il faut réussir à transformer les actes ordinaires en temps de qualité.

Pas toujours facile, c'est vrai...
Cela exige une qualité de présence dans l'instant que nous n'avons pas toujours...
Se déconnecter de nos propres désirs et occupations, pour se mettre psychiquement et physiquement à leur disposition.
Parfois ça coule tout seul, et parfois, c'est plus difficile. On sent qu'on doit alors fournir un véritable effort.
Et quand ça ne va pas. Quand je n'y arrive pas...
Je stoppe tout, je mets de la musique. Et je danse. Je danse seule, puis très vite avec eux, qui bien-sûr, s'en donnent à coeur joie.
La musique m'aide alors à me relier à eux et la danse m'apporte le défoulement dont j'ai besoin pour pouvoir lâcher-prise. Ce sont souvent des moments formidables.

Et après, même si on se couche un peu plus tard, comme on dort bien !...

Il est arrivé que, malgré mes soins, mon enfant ait du mal à s'endormir. Quand il appelle, j'y vais sans attendre et, je l'écoute. Si c'est un verre d'eau, un câlin, ou autre, je le donne. Si c'est pour jouer, je rappelle que le temps du jeu est fini, que le temps du dodo est venu. Qu'il peut se raconter des histoires dans sa tête et que le sommeil va venir tout seul. En général, ils ont suffisamment joué avant et sont fatigués de leur journée.
Enfin, si des problèmes d'endormissements, ou des cauchemars se répétaient, je n'hésiterais pas à consulter un professionnel afin de l'aider. Un sommeil perturbé de manière répétée, est souvent un motif de consultation.

Je vous souhaite à tous, de vivre une belle année 2016.
Ma bonne résolution? Toujours plus de bienveillance :) Et il y a encore du boulot!!

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