'ELARGIR SA BIENVEILLANCE

RALENTIS RESPIRE TOLÈRE EN TOI ACCUEILLE APPRENDS

NOTRE VERRE A MOITIE PLEIN

Je discutais donc. De notre façon de voir le monde, et à quel point notre filtre de perception pouvait influencer notre quotidien

ETRE MERE

Je sais que parfois, il est difficile de se vivre comme une mère. De remplir volontiers ses fonctions maternantes, d'écoute, de soutien, d'accompagnement... Je sais.

LIEN MERE-ENFANT

Lorsque l’on devient mère pour la première fois, nous sommes si fragiles, si pleines d’illusions et d’ignorance...

ASSEZ!

Intolérance. Critiques déguisées. Jugements gratuits. Injures et véhémences. Fermeture d’esprit. Rigidité. Égoïsme. Lâcheté. Indifférence.

lundi 14 décembre 2015

CONTRE LA VIOLENCE ENTRE FRERES ET SOEURS : UN POT DE CONFITURE



Tout se passait bien pendant l'été.
Mes enfants jouaient ensemble, et réussissaient à s'entendre.
Deux mois passés tous les trois, à rire, se fâcher, se réconcilier dans la lumière des beaux jours.
Les voir être bien ensemble, me comblait de bonheur.

Mais avec la rentrée scolaire, les journées passées en collectivité, la fatigue, les devoirs, ils ont commencé à se montrer plus irritables, et surtout ils sont peu à peu rentrés dans une spirale de "je tape l'autre".
J'avais beau les séparer, les gronder, tenter de dialoguer, la spirale recommençait chaque jour.
Je te tape. Tu me tapes. On se tape et tout le monde finit en larmes, pleins de colère et de rancune.
Je répétais la règle: "On se respecte"
Je les poussais à reconnaître leur erreur, et à se demander mutuellement pardon.
Je finissais par leur demander de jouer chacun dans une pièce différente.
Au final, je réussissais à obtenir le retour au calme, mais je constatais aussi avec inquiétude que leur relation fraternelle en souffrait.
Et surtout, la situation se répétait malgré mes tentatives de conciliation.
L'ambiance n'était plus la même.

Il me fallait faire quelque chose. Mais quoi?
Il était exclu pour moi de les taper en retour. Ou de les mettre au coin.
J'essayais de ne pas trop crier, même si franchement, la moutarde me montait au nez.
De manière générale, j'évite autant que possible de punir mes enfants, seulement, vu la gravité des faits à mes yeux, je commençais à l'envisager.

Et puis, un soir, mon aînée a tapé son petit frère qui a répondu. Je les ai réprimandés. Ils se sont excusés mutuellement. Je venais à peine de quitter leur chambre, que de nouveau des cris ont retenti. Ils venaient encore de se taper! J'ai senti ma patience fondre comme neige au soleil.
Je les ai pris tous les trois en face à face.
"ça commence à bien faire! Je ne supporte plus que vous vous tapiez comme ça tout le temps. 
A chaque fois, les voir se faire mutuellement du mal, ravivait ma peur qu'ils deviennent vraiment violent plus tard. J'avais besoin d'être rassurée.
Puisque c'est comme ça...." 
Pas la moindre idée... Et puis mon regard s'est arrêté sur le pot de confiture vide qui traînait sur le plan de travail. Une idée m'est venue. Je m'en suis saisie et je suis allée chercher tous les marrons, coquillages et cailloux qu'ils me ramènent à la maison.
"Puisque c'est comme ça, ai je repris, à chaque fois que l'un de vous tapera, je mettrais pour toi un caillou, pour toi un marron et pour toi un coquillage dans ce pot de confiture! Si l'un d'entre vous atteint dix, ce sera punition! A la fin du mois, le pot sera vidé. Est ce clair?"

Bon, je tiens à préciser que mes enfants n'ont pas l'habitude d'être punis, et ils sont encore petits ( mon aînée a 6 ans et demi)
 
Bien-sûr, la question a été: quelle punition?
J'ai répondu honnêtement: "quelque chose qui ne vous fait pas plaisir du tout. J'en discuterais avec papa. Mais de toute façon, vous allez arrêter de vous taper, et vous ne serez pas punis."

J'ai placé le pot en évidence, de telle sorte que tous les jours ils le voient.
Et j'ai appliqué. Les premiers marrons, coquillages, cailloux, ils ont réagi avec pleurs et protestations. Quand le pot a commencé à se remplir, ils ont commencé à vraiment visualiser la possibilité d'une conséquence négative pour eux. 
J'ai délibérément refusé de dire quelle punition ce serait, parce que je n'en savais rien. A la place, je leur répondais: " je ne sais pas... A mon avis, il n'y aura pas de punition, puisque tu vas arrêter de taper"

Le premier mois, le pot s'est bien rempli, mais aucun de mes enfants n'a atteint dix.
Le deuxième mois, l'objectif avait changé pour eux: ils voulaient que le pot reste vide.
Le troisième mois, le pot est resté vide.

Ce pot de confiture les a aidé à casser le cercle vicieux de la violence fraternelle pour progressivement retirer de leurs habitudes les tapes et coups.
Car, la violence qu'ils ramenaient de l'extérieur était véritablement en train de devenir une habitude comportementale.
Et je suis contente, car, grâce au pot de confiture, j'ai pu éviter la punition, tout en leur faisant bien comprendre, de manière concrète et visuelle, que ce comportement violent n'était plus tolérable à la maison.

Mes enfants continuent de se chamailler. Parfois, ils se tapent. Et c'est normal. Ils sont encore dans l'apprentissage des règles sociales, du vivre ensemble, de ce qu'est respecter l'autre et l'intimité de l'autre. Cependant, il me semble qu'il faut rester vigilant à ce que ces débordements pulsionnels ne ternissent pas les relations entre eux. La violence a cette caractéristique d'être facile, et peut vite devenir une habitude.

Très certainement, il existe d'autres manières de conjurer la violence.
Menacer de punir, utiliser la peur pour faire cesser un comportement négatif n'est pas idéal...
Est ce que le pot de confiture et les coquillages, sans menace de punition aurait fonctionné? 
Je pense que oui, mais j'ai encore quelques mauvais réflexes : notamment celui-ci. 
Personnellement, ce pot m'a évité de répondre à la violence par la violence.
Cela m'a même permis de ne plus m'énerver. Le cadre était simple et clair: un coup =  un coquillage, caillou ou marron dans le pot de confiture. Point.
Je pouvais alors  prendre le recul nécessaire pour écouter le pourquoi du geste et éventuellement câliner si besoin.

Je ne sais toujours pas aujourd'hui quelle punition je mettrais en place si besoin... Je suis partie du principe, que je n'aurais pas à les punir, car ils avaient les ressources en eux pour y arriver.
Et c'est ce qui s'est produit.
J'en suis aujourd'hui soulagée. 


Illustration: photo du blog très sympa wonderful breihz


jeudi 3 décembre 2015

CONTRE L'ANGOISSE DE SEPARATION: UN PETIT COEUR


Cette année, mon fils de deux ans et demi est rentré pour la première fois en crèche.
Première expérience en collectivité
Première vraie séparation avec maman.

Bien-sûr, il avait visité la crèche avant la rentrée.
Bien-sûr, j'ai beaucoup parlé de ce changement avec lui.
Tout d'abord, en lui racontant par anticipation tout ce que la crèche allait lui apporter de positif: des nouveaux amis, des activités nouvelles, ...
Nous avons lu ensemble des livres traitant du sujet, vu des épisodes de dessin animés.

Ensuite, j'ai beaucoup insisté sur le bonheur que nous aurions à nous retrouver chaque soir et tout ce qu'on aurait à se raconter.

Les semaines d'adaptation se sont bien passées. Peu de larmes. J'ai été rassurée en constatant la douceur, la bienveillance et le professionnalisme de ses référentes.

Puis, le jour de la vraie séparation est arrivée.
Il l'a parfaitement compris et s'est mis à hurler.
Ce fut un vrai déchirement pour moi de le laisser dans cet état et de quitter les lieux.
Je m'en suis énormément voulu, remettant en question ma décision: pourquoi est ce que je lui imposais ça? Pourquoi est ce que je m'imposais ça?
J'avais beau me répéter que c'était bon pour lui et pour moi, ça ne suffisait pas à me consoler.


Car, en vérité, l'angoisse de séparation ne touche pas seulement l'enfant, mais aussi la mère!

Je me suis autorisée à pleurer, à vivre douloureusement cette séparation  aussi de mon côté.
Je me devais d'être au plus juste dans mon ressenti affectif.
J'étais triste. Il était triste. Nous étions angoissés d'être séparés.
Je lui ai dit des phrases tel que: "je sais que c'est difficile pour toi, que tu préfèrerais être avec moi, mais ici, tu peux être bien. Pour moi aussi c'est difficile, je préfèrerais être avec toi, mais je travaille. On se manque et on se retrouve. Après le goûter, je reviens te chercher."

Peu à peu, j'ai senti que mes émotions passaient, je m'apaisais.
De son côté, c'était plus long... Je l'ai vu faire des efforts, comme mon coeur a été touché!
Je me suis promise de lui faire confiance.
De laisser le temps au temps. De ne pas tout de suite suspecter un dysfonctionnement.
Cependant, je voulais aussi l'aider à se faire confiance.
Alors, j'ai cherché sur internet, une astuce, quelque chose qui puisse lui apporter un peu de consolation et j'ai trouvé cette idée du petit coeur.

Tous les matins, je lui dessine au stylo un coeur sur sa main et je lui fais plein de bisous dedans.
Je lui dis : "c'est le coeur de maman. Il est plein de bisous et d'amour pour toi. Quand tu es triste, regarde-le, ça te rappellera que je t'aime et que je suis avec toi."

Croyez-le ou non, ça a marché! Il a adoré voir ce petit coeur sur sa main, l'a pris très au sérieux, faisant attention à ne pas l'effacer quand il se lavait les mains. Il l'a montré fièrement à tout le monde.

Ce petit coeur l'a aidé à se séparer.
Pour lui, c'est un support visuel de l'amour de sa maman, qui, même si elle n'est pas là, l'accompagne dans son quotidien.
Rapidement, il a investi son groupe, les activités, les copains, les référentes.
Il est maintenant heureux et demandeur d'aller à la crèche.
Il s'y épanouit, progresse dans ses apprentissages.
Et toujours avec son petit coeur sur sa main.

Dernièrement, une éducatrice m'a confiée que c'était devenu une petite mode à la crèche, les autres enfants réclamant aussi à leurs parents leur petit coeur :)

La cerise sur le gâteau?
Rapidement, mon fils m'a demandé de me dessiner moi aussi un coeur sur la main, dans lequel il me met plein de bisous ( et mes filles aussi) :)) Alors, moi aussi, toute la journée, je me ballade avec un petit coeur, et quand je l'aperçois, il me rappelle l'amour de mes enfants, et à quel point ils sont formidables.

Si vous saviez comme un tout petit coeur sur une main, parce que vos enfants y mettent leur amour, peut illuminer votre journée!

Il me restait à le partager avec vous ici.
C'est chose faîte aujourd'hui :)

Belle journée!



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