'ELARGIR SA BIENVEILLANCE

RALENTIS RESPIRE TOLÈRE EN TOI ACCUEILLE APPRENDS

NOTRE VERRE A MOITIE PLEIN

Je discutais donc. De notre façon de voir le monde, et à quel point notre filtre de perception pouvait influencer notre quotidien

ETRE MERE

Je sais que parfois, il est difficile de se vivre comme une mère. De remplir volontiers ses fonctions maternantes, d'écoute, de soutien, d'accompagnement... Je sais.

LIEN MERE-ENFANT

Lorsque l’on devient mère pour la première fois, nous sommes si fragiles, si pleines d’illusions et d’ignorance...

ASSEZ!

Intolérance. Critiques déguisées. Jugements gratuits. Injures et véhémences. Fermeture d’esprit. Rigidité. Égoïsme. Lâcheté. Indifférence.

jeudi 26 novembre 2015

QUEL MONDE ?



Après les attentats, spontanément, je crois avoir senti naître en moi un besoin de me protéger de ce monde extérieur effrayant et source d'horreurs.
L'avez-vous ressenti vous aussi?
Ce besoin de se recroqueviller sur son noyau familial, de se plonger dans ses petites routines quotidiennes rassurantes qui nous disent que la vie continue, que notre petit monde est toujours là.
Ce besoin de prendre des nouvelles des gens que l'on aime, de se câliner mutuellement, de retrouver du sens et de la cohérence à vivre dans ce monde un peu fou.

Et puis, j'ai observé mon esprit tenter un raisonnement, s'aventurer à rechercher une certaine logique à tout ça. Tenter de comprendre les agresseurs, comprendre les réactions de colères, comprendre la peur et la violence. Tenter aussi d'anticiper l'avenir.

Pour finalement me rendre compte que les circonstances, causes et conséquences de cette barbarie m'échappaient et continueraient à m'échapper. Que la vérité est multiple et mon point de vue ignorant.
Au fond, quelle action pouvais-je mener sur le monde?

C'est alors qu'une phrase de Djalâl-od-Dîn Rûmî m'a interpellée:

 "Hier, j'étais intelligent et je voulais changer le monde. Aujourd'hui, je suis sage et je me change moi-même."

C'est là que j'ai trouvé du sens, de la cohérence, et une possibilité d'action.
De ce monde, je suis un élément.
Petit élément, certes, mais au fond, le chantier en soi est si vaste!

Si je ne peux agir sur la violence du monde, peut être puis-je tenter de travailler sur ma propre violence?
Ai je des comportements violents? Des paroles violentes? Des pensées violentes?
Envers qui?
Ceux que j'aime? Ceux que je connais? Ceux que je cotoie? Les autres que je ne connais pas? Qui me font peur?
Et envers moi?

Oui. Le chantier est vaste.
C'est chaque jour, prendre conscience de cette part de violence qui existe en nous, qui s'exprime et fait du mal.
C'est chaque jour, fournir l'effort de se décentrer de cette pulsion agressive, et de cibler les pensées à l'origine pour les remettre en question. C'est choisir une autre façon de dire, de faire, de voir les autres, de se voir soi-même.
C'est chaque jour, reconnaître que ces mots-là, ce ton-là, ce geste-là ont pu blesser, et tenter de réparer.
C'est faire de son mieux, dans un mieux fluctuant, en constante évolution, pour voir se déployer en soi une façon d'être, une façon de faire en accord avec ces valeurs d'amour et de paix, que l'on souhaite tant voir fleurir dans l'avenir de nos enfants.

Ces valeurs, si belles, sont comme des fleurs délicates, épineuses.
Nous avons à les porter en nous, à les faire vivre en nous, afin qu'elles s'étendent dans nos âmes et se propagent chez nos enfants.

Certains jours, on y arrive mieux. Parfois, on échoue et on s'en veut.
C'est normal.
Qui a dit que le chemin serait plat et dégagé?
Un chantier demande de la persévérance et de la foi.
De la connaissance et de l'attention.

Chaque soir, en me couchant je repense à ces instants du jour qui font déjà parti de mon passé.
Je constate ce qui a été difficile, ce qui a été douloureux. Je gratte mes croyances afin d'y déterrer mes préjugés, je guette mes critiques, mes jugements, afin de les dénoncer. Puis, je prends le balai de l'Amour, et je m'active à pardonner. A me pardonner. Je sais que je ne suis plus celle d'hier, mais bien celle de maintenant. Que ce qui compte, c'est maintenant, à la lumière de ce que mes erreurs m'ont appris.
C'est alors,que, je tourne ma conscience vers ces instants de bonheur, de douceur, de paix vécues. Je me laisse à nouveau envahir par les émotions positives que j'ai pu vivre dans la journée et je remercie cette vie pour toutes ces grâces que j'ai pu cueillir au passage, humer, savourer, prolonger, partager.
Ma conscience s'abandonne, s'endort peu à peu , sous le parfums de ces fleurs, dont je conserve en mon coeur la caresse.

Et chaque matin, en me levant, je me plonge avec délice dans cette eau claire de la Conscience.
Je vis.
Ici et maintenant.
Le voici, mon miracle du jour!
Et tout en accomplissant mes petites routines matinales, je remercie la Vie pour toutes les grâces que cette nouvelle journée va m'offrir. Peu importe les soucis. Ils sont là, ils existent et seront traités, mais bon sang, comme il est doux de songer aux petits bonheurs que nous réserve cette journée..
J'ai en moi cette certitude que de petits cadeaux vont parsemer ma journée, et que si je reste attentive, je saurais les trouver et les ouvrir.
Et chaque jour, je les trouve! Pas tous, certainement, mais demain je ferai mieux.
Et quand je les ouvre, c'est le même émerveillement, la même joie dans mon coeur.

J'ai aussi en moi cette certitude que je peux en créer, quand par exemple, je réussis à vivre un instant de colère, de peur, d'émotions déplaisantes, à le traverser sans violence et à y mettre un peu de positif.
J'ai alors la sensation incroyable de voir d'une mauvaise graine fleurir une petite fleur blanche.
Elle est toute fragile, je me sens maladroite, mais elle est bien là et avec elle, mon monde s'embellit.

Le monde. Que savons-nous véritablement du monde?
Que croyons nous savoir?
Ce monde que je perçois, à l'instant où je vous écris, la connaissance que je peux en avoir, là maintenant, est elle la même que vous?
Savez-vous par exemple que les dinosaures n'ont pas disparu de la Terre?
Que les oiseaux sont des dinosaures?
Que les entrailles de la Terre cacheraient un gigantesque océan dont nous ignorons tout?
Que nous habitons un amas de galaxies appelé Laniakéa, c'est à dire "paradis incommensurable"?
Que la nature qui nous entoure, n'est pas qu'une simple ressource en matière première, mais une véritable bibliothèque, dont nous ignorons encore tant de choses! Partout dans ce monde, des scientifiques tentent de la déchiffrer, mais parce que nous pensons l'argent plus important que le savoir,  au lieu d'apprendre à la lire, nous continuons à la brûler...

Il n'existe pas un monde, mais bien des mondes.
Il n'existe pas un monde possible, mais une multitude de possibilités pour le monde à venir.

"Rien ne se perd. Rien ne se crée. Tout se transforme. " 

Tous, nous avons à porter notre monde, à le transformer, à l'embellir.
Car ce sont nos petits mondes qui influent par micro touches sur le monde en devenir...
Pensez-y.
C'est ici et maintenant.
Et c'est pour demain. 

 
Illustration: Edward Robert Hughes, peintre préraphaelite anglais



lundi 16 novembre 2015

RESISTANCE



Nous voici à l'heure du changement.
Nous le savons.
Au fond de nous, nous le savons tous.

J'en ai pris conscience le lendemain du massacre.
Quand mes enfants dans la douce lumière du matin se sont précipités dans mes bras pour me souhaiter mon anniversaire et que mon coeur a pleuré, tremblé et rit à la fois.
Quand ce même matin, dans cette même lumière, je les ai assis pour leur parler du terrorisme. De la haine meurtrière.
C'était la première fois.

Le changement est en marche et nous l'incarnons.
Dans ces mêmes gestes du quotidien, dans ces paroles échangées autour d'un café chaud, c'est là.
Dans les sourires braves des commerçants du marché, ce même sombre matin, c'était là...
Dans cette foule, présente, dans cette vie debout, je le vois.

Car qu'avons nous à opposer à cette folie sanguinaire?
Si ce n'est notre droiture de coeur et d'esprit...

Oui, vous faîtes de nous des cibles vivantes!
Au nom d'idées, d'idéaux?!!
Oui, la terreur, vous la soufflez sur la France...

Votre ombre voile nos lumières.
Oui.
Et nous pleurons.
Dans nos chairs, dans nos coeurs.
Nos enfants chéris, que vous massacrez...

Mais, ce que je sens. Et qui est là. Partout.
C'est un feu que vous ne pouvez plus arrêter!
Le feu de la résistance.

Nous utiliserons nos sourires, nos petits gestes fraternels pour faire éclore la joie, malgré vos balles.
Nous soutiendrons notre brassage interculturel, nos valeurs démocratiques, notre liberté d'expression, en dépit de vos menaces.
Plus vous chercherez à nous affaiblir, plus nous resterons debout, solidaires.
Votre haine renforcera nos convictions républicaines.
Et plus que jamais, nous allons aimer. Nous allons vivre!

Vois notre drapeau!
Entends notre prière!

Notre résistance est en marche...

Et c'est une lumière!



mardi 10 novembre 2015

PEUR DE L'ECHEC





Je crois, qu'en France, la peur de l'échec est tellement ancrée dans nos mémoires...
On vit un échec comme une faute grave. On en a peur.
Est ce parce que notre mémoire collective a connu l'invasion, la destruction, l'occupation pendant la guerre?

L'échec serait mêlé à un profond sentiment d'impuissance, de souffrance et de grande culpabilité?

L'histoire doit sans doute y jouer un rôle...
Mais quel fardeau pour les nouvelles générations !

Que transmettons-nous en pensant ainsi?
Qu'il est si grave d'échouer, qu'il vaut mieux ne pas essayer?

Alors, qu'ailleurs, on observe une manière de considérer l'échec différente.

Ailleurs, l'échec est vu comme une formidable possibilité d'apprentissage!

Aux Etats-Unis, par exemple, mentionner un échec sur son CV démontre la capacité d'entreprendre de l'individu.

- En France, un enfant tombe, on lui dit " je te l'avais bien dit "

( N'essaie pas, petit homme! Sinon, c'est l'échec, et l'échec, ... C'est horrible!...)

- Aux Etats-Unis, un enfant tombe, on lui dit " C'est bien! Tu as essayé!" 

( l'échec n'existe pas comme tel , il s'agit avant tout d'essai. Chez eux, c'est même le fait de ne pas avoir essayé, qui est perçu comme un échec!!)

Voyez comme une même notion, en fonction de notre mode d'interprétation ( positive ou négative), peut conditionner notre relation à l'échec...et notre vie.

Si on croit que l'échec est mauvais, on en aura peur, et on élaborera des stratégies de défense: soit l'immobilisme, soit l'évitement ou l'attaque agressive ( si tu réussis, c'est que tu es un spécimen bizarre et pas cool, à exclure du groupe)

Alors que si on aborde l'échec comme un passage possible pour accéder à la réussite, on cherchera des stratégies d'analyse, afin de se mettre cognitivement en mouvement: prendre l'échec comme une expérience intéressante, et l'observer, la décortiquer, chercher à la comprendre, afin de l'intégrer à notre processus normal d'apprentissage.
Car, oui, se tromper, ne pas y arriver tout de suite, c'est NORMAL! 

Pourquoi?

Parce qu'acquérir un savoir, quel qu’il soit, nécessite d'y consacrer du temps et de l'attention

On sait aussi, que plus on est motivé, plus il est facile d'apprendre.

D'ailleurs qu'est ce qui nous prend le plus de temps et d'attention? Qu'est ce qui nous motive le plus?
L'amour!
Quand on aime, une personne, une matière, une discipline, on ne compte ni son temps, ni son attention et notre motivation est maximale!!

Et j'irai même jusqu'à dire, que peu importe si dans ce que nous faisons, nous réussissons ou échouons, du moment que nous faisons ce que nous aimons.

Prendre des vacances?! Pourquoi faire? Puisque c'est toute l'année que je suis en vacances!!

Et oui: faire ce que l'on aime, rend heureux.

Quel parent n'espère pas voir son enfant heureux?

N'est il pas temps, alors, de cesser ce "gavage" de connaissances, à vous en écœurer d'apprendre?!
Pourquoi ne pas procéder différemment?
Pourquoi ne pas leur apprendre à essayer, et peut importe l'échec.
Et consacrer notre attention à leur donner l'envie, le "love", de la connaissance?

Est ce utopique?
Quand on voit à quel point le jeu, qui n'est autre que le plaisir dans ce que l'on fait, peut aider à apprendre.
Quand on voit à quel point les enfants commencent dans la vie avec une telle soif d'apprendre!!

Quand on voit, qu'au fond, des spécialistes ont déjà trouvé tant de stratégies collaboratives qui respectent et entretiennent la motivation de l'enfant.

Car, elle est là notre richesse: dans cet amour incroyable que nous pouvons mettre dans un savoir, une discipline, un savoir faire, une personne, au point pour certains d'y consacrer toute leur vie !

Regardez cet homme.

Il s'appelle Wallace Chan. Et il est considéré comme un trésor national vivant.
Il a consacré plus de 50000 heures à sa passion: la joaillerie.
Une vie entière.
Et il pourrait vivre dans un appartement miteux, qu'il s'en ficherait.
Car son bonheur, c'est de créer des bijoux extraordinaires, de véritables œuvres d'art.
Son don est incroyable! Il peut ciseler un visage dans une pierre précieuse en trois dimensions.
Croyez-vous que son talent, il le possédait d'emblée?
Non. Il a du apprendre un savoir. Y consacrer son temps et son attention.
Il a du échouer, et essayer à nouveau, en prenant en compte ce que ses échecs lui avaient appris.
Il a du acquérir une certaine maîtrise, mais aussi, s'autoriser à innover, à dépasser ses limites.
Mais tout cela, il a pu le faire, grâce à une seule chose : L'amour.
L'amour incommensurable pour les bijoux.

Alors, la question fondamentale
La question que nous avons tous à nous poser, c'est:

Qu'est ce que nous aimons?

Cet amour incroyable, que nous portons tous en nous, qu'est ce qui le fera vibrer?

Illustration: Eau de Rêve, Wallace Cut, En 1987, Wallace Chan a inventé "Wallace Cut" (世 英 切割), une technique de sculpture qui crée une illusion dans les matériaux transparents en combinant camée médiévale et creux dans la gravure en 3 dimensions.. C'est une technologie de sculpture sans précédent.



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