'ELARGIR SA BIENVEILLANCE

RALENTIS RESPIRE TOLÈRE EN TOI ACCUEILLE APPRENDS

NOTRE VERRE A MOITIE PLEIN

Je discutais donc. De notre façon de voir le monde, et à quel point notre filtre de perception pouvait influencer notre quotidien

ETRE MERE

Je sais que parfois, il est difficile de se vivre comme une mère. De remplir volontiers ses fonctions maternantes, d'écoute, de soutien, d'accompagnement... Je sais.

LIEN MERE-ENFANT

Lorsque l’on devient mère pour la première fois, nous sommes si fragiles, si pleines d’illusions et d’ignorance...

ASSEZ!

Intolérance. Critiques déguisées. Jugements gratuits. Injures et véhémences. Fermeture d’esprit. Rigidité. Égoïsme. Lâcheté. Indifférence.

jeudi 25 juin 2015

STAND-BY



Chers lecteurs,
Je pars ramasser des coquillages et les éparpiller au gré de ma vie :)
Bonnes Vacances !...

mardi 23 juin 2015

REFLEXIONS AUTOUR D'UNE BARQUETTE DE FRITES


Je suis assise à cette table, à grignoter les frites froides de ma fille.
C'est la fête de l'école. Jeux, rires, musique, soleil.
Journée superbe.
Les parents papotent. Les enfants courent de stand en stand, avec fébrilité et joie.
Je me suis assise à l'ombre, avec cette barquette que ma fille n'a pas terminée.
Je n'aime pas le gâchis.
Alors, je les finis. Elles sont molles et froides. Elles sont recouvertes de ketchup.
Et je repense à la remarque du cantinier. Il servait les frites dans des barquettes et je cherchais le ketchup.
- Il est ici. Servez vous. C'est le seul jour de l'année où je permets aux enfants d'en manger. Ce sont des cochonneries ces sauces.

J'ai acquiescé et me suis servie. Un peu moins que d'habitude. Puisque ce sont des cochonneries...
Mes filles, que j'ai rejointes, ont protesté. J'ai argumenté:
- Le cantinier m'a dit que c'était exceptionnel, donc réjouissez-vous d'en avoir.
- Mais non, maman, il nous en donne à chaque fois qu'il y a des frites à la cantine!!

Je n'ai pas mis en doute la parole de mes filles.
Alors, pourquoi ce mensonge du cantinier?
Voilà à quoi je pensais en mangeant ces frites.

Nous savons que le ketchup est sucré, et doit être mangé avec parcimonie. Mais c'est bon avec les frites. Alors, nous en consommons.

Je crois que c'est assez représentatif de notre comportement humain.
Au fond, nous possédons les connaissances nécessaires pour bien agir.
Dans de nombreux domaines, nous savons ce qui est bien et ce qui est mauvais.
Tout du moins, ce que nous qualifions comme tel... 
Malgré cela, nous continuons à chercher une vérité qui nous révélerait à nous-même et nous épargnerait tous ces efforts à fournir pour changer.

Pourquoi est ce si difficile de bien agir?
Manger et boire sainement.
Vivre sainement.
Se comporter au mieux:
Se montrer bon, empathique, généreux, agréable, souriant, serviable, aimant, aimable, doux, calme, bienveillant?

On y arrive, bien sûr, mais pas tout le temps.

Et parfois, on a envie d'agir sans réfléchir aux conséquences, on sait que c'est mauvais, mais on le fait. Et on en ressent du plaisir, plus ou moins assumé... On se cherche tout un tas d'excuses pour justifier notre choix...
- Si je te critique, c'est pour ton bien
- Si je te mens, c'est pour t'épargner
- Si je râle, c'est parce que j'ai le droit de m'affirmer....

Le chemin vers l'amélioration est un chemin aride.
D'abord, parce qu'il ne nous épargne pas la souffrance
Ensuite, parce que nous devons sans cesse lutter. Nous portons des siècles de conditionnement en nous...
Enfin, parce que nous n'avons aucune garantie de réussite stable, durable et irréversible.

Je crois qu'il faut être un peu fou pour choisir en toute conscience ce chemin...
Celui de ne faire que le bien.

Et je crois aussi, que nous aurons beau le souhaiter très fort, nous sommes voués à échouer.
Il existe tant de nuances entre faire du mal et ne pas faire de bien....
Il existe tant de variations entre faire le bien et ne pas faire de mal....

Oui, il faut être fou.
Trouver le geste, la parole juste.
Mais quelle est-elle?
Celle qui fera du bien?
Celle qui ne fera pas de mal?
A qui?
Est ce que ce qui fait du mal, ne peut amener du bien?
Est ce que ce qui fait du bien, le fait vraiment?

Avons nous suffisamment de recul pour juger de la portée réelle de nos actes? De nos mots?

J'ai senti les mots se mêler et s'entremêler.
Imbibés de cette lumière à portée de moi.
Dans cette barquette de frites.

Je me souviens... Toutes ces heures passées, ces nombreuses heures, dans le silence des mots... Les mots choisis. Les mots de papier. Toute mon existence s'en inspire.
Je me souviens... Oui... De cette danse des mots dans ma tête et de cet oubli si paisible.

Mais, là. Précisément là.
Tandis que je contemple ces frites frêles , éclaboussées d'écarlate...
J'en saisis l'illusion.

Manger des frites froides avec du ketchup. Se forcer à les manger....
Est ce bien?
Bien pour qui? Pour moi? Pour les frites?
J'ai contemplé cette pauvre barquette de frites posée sur la table à l'ombre d'un soleil d'été. Et c'est à cet instant précis que j'ai changé mon regard.

Si je les saisis délicatement, si je les porte à mes lèvres avec attention. Si par ma gestuelle, je les embellis. Si je ne les regarde plus comme des aliments mauvais, mais des aliments qui vont me nourrir. Si je songe aux personnes qui ont cuisiné ces frites, et fabriqué ce ketchup. Si je les mange avec reconnaissance et que j'en apprécie la saveur ( bon, les frites froides, il faut chercher vraiment, mais on trouve:), si je me dis que je leur épargne de se retrouver à pourrir dans une poubelle, si je choisis d'en tirer du bon, alors, oui... Je vais en trouver.

Si je fais cet effort.

Et c'est au moment où je mastiquais ma frite, où je prenais conscience de son aspect farineux, de son goût de pomme de terre que j'ai été prise d'un souvenir.
Ce que me répétait mon grand père en lavant ses pommes de terre:
- Sans elles, pendant la guerre, je serais mort de faim...
Sans elles, mon père n'aurait pas existé, et je n'existerais pas.
Flash soudain. Mon grand père s'invitait à ma table. Une émotion forte à la fois de joie profonde, et de tristesse m'a saisie à la gorge.
Puis, j'ai retrouvé les moules frites de mes premières années de vie. Gravelines.
Ses grandes plages sombres balayées par les vents du Nord.
Je me suis mise à trembler.
N'est ce pas incroyable, cette capacité de notre cerveau à faire lien !...

Je suis assise à cette table, à grignoter les frites froides de ma fille.
C'est la fête de l'école. Jeux, rires, musique, soleil.
Journée superbe.
Je lève la tête au ciel.
Je me fais l'effet d'un orpailleur, qui avec sa bâtée, découvre un ciel étoilé..

Illustration: Campagne Mac Cain. Assez drôle.

lundi 22 juin 2015

GRATITUDE



J'aime ces petits signes de remerciement de la main du chauffeur de bus quand, lorsqu'il s'approche de l'arrêt, je lui indique que ce n'est pas la peine de s'arrêter pour moi.

J'aime recevoir la reconnaissance de la petite dame que j'aide pour descendre son cabas.

J'aime entendre des jeunes dans la rue m'interpeller d'un " Vous êtes belle madame!" Si vieillir c'est gagner en respect, c'est tout simplement formidable!

J'aime capter du regard ces nuances de lumière dans le ciel et sur les feuilles des arbres

J'aime entendre le rire de ma mère, contempler le ventre arrondi de ma soeur, et embrasser d'un regard ces générations réunis autour d'un repas de fête.

J'aime serrer dans mes bras mon amie que je n'ai pas vu depuis de nombreux mois. Et dans ce geste sentir son affection, et tout ce qu'elle tait de difficultés dans sa vie.

J'aime laisser mes doigts glisser le long des cheveux fins et soyeux de mon enfant et sentir son petit corps chaud s'abandonner dans mes bras.

J'aime ces brefs instants de silence dans la rue quand le feu est rouge et que tout à coup, la palpitation de la ville semble suspendue.

J'aime poser ma main sur ton visage et concentrer toute mon attention sur ce que la pulpe de mes doigts enregistre de toi: la texture de tes cheveux, l'âpreté de ta barbe, la sinuosité de tes traits, ....Et mon coeur qui bat.
 
J'aime vivre ma vie. Être cette femme au foyer. Qui l'aurait cru?

C'est une chance folle pour moi, d'avoir ce temps. Ce temps pour ma famille.
Ce temps pour apprendre à aimer les petits gestes. Et parfois en embrasser la grâce.
J'ai perdu du temps pour moi, mais j'en ai gagné pour les autres.
Et paradoxalement, c'est en me consacrant aux autres que je gagne en solitude.
J'en saisis toutes les occasions, je les crée dans ces entre-deux, entre l'aspirateur et le linge, entre le jeu et le rangement, entre la lecture et le brossage de dents...
 
Il y a quelques  temps, je n'aurais certainement pas pu l'écrire. Parce que j'avais peur...

Aujourd'hui, je l'écris avec sérénité:
 
Oui, j'aime vivre ce que je vis
Oui, j'aime aimer
Oui, je me sens en parfait accord avec moi-même.
Tous ces êtres qui m'entourent, qui me connaissent, qui m'accompagnent.
Mon amour
Mes enfants
Ma famille
Mes amis
Mes connaissances
Mes inconnus

Je sens mon âme se gonfler d'amour pour vous.
Cet amour ne me rendra pas parfaite, et ne vous épargnera pas les égratignures que je suis susceptible de vous causer. 
Cet amour ne vous garantira pas que j'aurais toujours la parole, le comportement, l'attitude juste envers vous.
Seulement, grâce à lui, sachez que je vous accueillerai toujours dans mon coeur avec vos imperfections, 
Que ce qui m'écorchera de vous, vous sera pardonné.

Et si demain, cette vie devait m'être ôtée, il restera cet amour pour adoucir votre peine.
Cette certitude que je vous aime, et que grâce à cela, je vis dans la joie.
 

 Illustration: Sabine Weiss

mercredi 17 juin 2015

CALME








Je me suis ouverte au calme.
A ce calme qui est en moi.

Je me dis que même si elle fait des ravages tout autour de moi, la tempête ne peut déloger ce qui fait partie de moi...
Ce point d'immobilité qui m'ancre dans la Vie, et dont je prends conscience .

C'est lorsque je demeure calme dans mon cœur, c’est alors que je le perçois…

Solide. Intense.

Rester confiant...Malgré les difficultés traversées.
Prendre ce temps de regarder à la fois ce qui ce passe autour de moi et ce qui se passe en moi.
Prendre ce temps de le contempler, de le vivre.
D'accepter ce qui est vécu, avec la connotation qu'elle suscite en moi.
Mais même cela. Même cela passe...
Mes souvenirs, mes conditionnements, mes apprentissages, mes projections, mes interprétations, mes représentations...
Ce que je croyais compter, me revêtir, me protéger.
Je l'accueille, je l'utilise, mais je ne m'y accroche plus. 

J'essaie de rester simple… Dans ce que je suis…Dans ce que je vis...
Dans mes gestes, mes actes au quotidien.
Il ne s'agit même plus d'une question d'authenticité.
Mais d'humilité.

La conscience calme me polit doucement.
Force incroyable de sérénité.
Elle m'aide à m'accorder.


Peu à peu, il devient plus facile pour moi de m'appuyer sur ce point d'immobilité dans ma conscience, et d'y puiser du bien être, de l'apaisement.

Je le comprends. J'en comprends l'ondulation.
J'en comprends la présence et cette part de silence...

Je me suis ouverte au calme.

Illustration:  "La beauté suspendue dans le grain de l'air heurte un jour la beauté qui rêve au-dedans de nous, et c'en est fini, et tout commence : plus rien ne nous sépare de rien. Tout est comme au premier matin du monde : donné. Répandu dans les nerfs comme dans les blés. Relevant de la seule appartenance à la terre douce et ombrageuse." ~ Christian Bobin

lundi 8 juin 2015

BAISER SUSPENDU



Ce matin je suis partie, pressée, et je ne t'ai pas embrassé...
Tout de suite, je m'en suis rendue compte. Je me suis arrêtée net et me suis retournée sur ce parking. 
Tu étais toujours près de notre voiture avec nos filles. Une fraction de seconde. C'est le temps que j'ai mis à hésiter. Revenir près de toi et chercher tes lèvres? Non. Pas le temps ce matin. Je suis partie en courant. 
Huit ans de mariage et je ne cours plus après nos  baisers... Ces baisers qui m'écorchaient les lèvres...

La journée est passée à une vitesse folle et ce soir, je repense à ce choix que j'ai fait. 
Pas de culpabilité. Je sais que tu ne m'en veux pas... 
T'en es tu rendu compte comme moi, dans la précipitation de ce lundi matin?
Le ton joyeux de ta voix au téléphone ce midi m'a suffit. J'ai cru.
Mais ce soir. Dans la lumière dorée de ce soir d'été, oui, cette pensée me traverse et me saisit: j'ai choisi de courir loin de toi, plutôt que de revenir sur mes pas...
Tes lèvres me manquent soudain. Terriblement. 
Je prends conscience à quel point ces petits gestes quotidiens, ces attentions que l'on se donne, sans toujours y penser, sont essentiels, vitaux.  
Tout comme j'aime sentir tes doigts chercher à entrelacer les miens dans la rue, j'aime sentir ton souffle caresser mes lèvres... 

Ne plus se quitter comme si nous avions le temps de nous aimer après... 
C'est maintenant. 
Ici et maintenant que nous nous aimons. 
Que nous le pouvons. 
Je laisse le manque s'infiltrer et me rappeler à quel point tu es précieux pour moi. 
À quel point je t'aime. 
Ce soir, mes lèvres t'attendent...

Illustration: Gustave Klimt "L'amour" , 1895, Vienne.

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