'ELARGIR SA BIENVEILLANCE

RALENTIS RESPIRE TOLÈRE EN TOI ACCUEILLE APPRENDS

NOTRE VERRE A MOITIE PLEIN

Je discutais donc. De notre façon de voir le monde, et à quel point notre filtre de perception pouvait influencer notre quotidien

ETRE MERE

Je sais que parfois, il est difficile de se vivre comme une mère. De remplir volontiers ses fonctions maternantes, d'écoute, de soutien, d'accompagnement... Je sais.

LIEN MERE-ENFANT

Lorsque l’on devient mère pour la première fois, nous sommes si fragiles, si pleines d’illusions et d’ignorance...

ASSEZ!

Intolérance. Critiques déguisées. Jugements gratuits. Injures et véhémences. Fermeture d’esprit. Rigidité. Égoïsme. Lâcheté. Indifférence.

lundi 30 mars 2015

LA PLANTE DU BONHEUR



Une petite fille m'a racontée une bien jolie histoire.
Qui dans mon âme résonne encore.

Il s'agit d'un petit mulot, qui cherche la plante du bonheur.
Croyant qu'elle se trouve ailleurs, il part la rechercher.
Il traverse des prairies, des montagnes, des rivières.
Long périple, jalonné d'embûches et de rencontres insolites.
Aux animaux qu'il croise, il demande où est la fleur du bonheur.
Chaque fois, lui est répondu que la fleur du bonheur se trouve ailleurs et le petit mulot reprend sa marche et continue son chemin.
Plus il s'éloigne de son petit monde, plus il croit s'approcher de la fleur du bonheur. 
Vous savez... Celle qui se trouve ailleurs...
Jusqu'au jour où il rencontre une marmotte.
Qui, contrairement aux autres, lui répond: " Petit Mulot, rentre chez toi, va raconter tes aventures à ta grand-mère. Elle te mènera à la plante du bonheur".
Intrigué, le petit mulot rentre chez lui. Il raconte sa quête à sa grand mère qui lui donne une minuscule graine.
"Plante cette graine. Cultive-la et tu trouveras la plante du bonheur".
Le petit mulot plante sa graine. L'arrose et attend.
Il avait peur de s'ennuyer, mais il se découvre heureux de veiller sur cette petite graine.
A chaque étape de croissance de la plante, le petit mulot est là.
Jour après jour.
Il la regarde pousser avec curiosité.
Un beau matin, la fleur finit par s'ouvrir...
Elle ressemble à bien d'autres fleurs de son espèce.
Et pourtant, le petit mulot sait qu'il a en face de lui une fleur exceptionnelle, la plante du bonheur.
Parce qu'il la connaît.
Parce qu'il l'aime.
Et de la voir s'épanouir, son coeur chante de joie.

-"Tu sais, conclut la petite fille, la plante du bonheur... Et bien c'était celle qu'il avait, lui, plantée!"


Au fond, de quoi dépend notre bonheur?


Illustration: Vladimir Volegov

jeudi 19 mars 2015

LA MAGIE AU QUOTIDIEN


Journée un peu maussade aujourd'hui... Nuages, vent froid et peu de lumière.
Et pourtant...

Ma fille au retour de l'école s'est exclamée: 
-Tu sais maman, que demain, le soleil a rendez-vous avec la lune ?!

N'est ce pas poétique? 
Elle sautillait, toute guillerette.
J'ai senti mon cœur se gorger de joie.  

-Oui. Ça va faire une éclipse. Et tu sais pourquoi? 
- Non...
J'avais le choix entre un discours didactique ou prolonger un peu la nuance poétique de sa phrase...
Comment résister ? :)

- Regarde autour de toi ma chérie.
Elle regarde. 
-Qu'est ce que nous dit la nature? 

- Que c'est le printemps? 
- Oui, le printemps. Les canards sont revenus, et les arbres sont en fleurs, les jonquilles s'ouvrent, les bourgeons apparaissent et les animaux se font la cour. C'est aussi la saison des amours...

Et là, une lueur d'excitation s'est allumée dans son regard
- Alors, le soleil et la lune se sont donnés un rendez-vous... d'amoureux ?!!
J'ai pris un air un peu mystérieux.

- Qui sait...

- Oh, maman.... Mais... Mais... c'est magique !! 

Journée de gris aujourd'hui et de lumière dans les yeux de ma petite fille de quatre ans. 
Demain, une éclipse deviendra une rencontre amoureuse entre la lune et le soleil. 
Je crois qu'il n'existe pas plus beau ciel que celui de ces instants.

Illustration: Marc Chagall, Les Adolescents, 1975

lundi 16 mars 2015

DÉSERT



Je crois que je suis arrivée à un point de poussière.
Une grande traversée de désert...
Cette terre que rien ne nourrit et qui nourrit ce rien...
Où ce qui pousse est sombre et amer
J'ai beau me répéter que c'est un temps
Que cet état d'âme aride est passager
J'erre, j'erre....
Je pourrais y poser des mots professionnels.
Auto diagnostiquer un léger état dépressif consécutif aux événements de la semaine dernière...
Oui. Je pourrais. 
Je pourrais aussi lutter. 
Ou faire comme si je n'étais pas concernée par cet asséchement dans mon être. 
Je pourrais...
Mais je choisis d'en parler. 
Et je crois que je l'ai senti s'avancer
Ce sable mouvant
Cette asphyxie.
Trop calme depuis.
Trop détachée. 
Je crois qu'une part de moi a plongé en même temps que tombait mon fils...
Dans cette eau glacée. 
Je l'ai sauvé. 
Mais un bout de moi s'est noyé. 
On parle d'accident ordinaire. 
Cet instant où notre monde bascule. 
Parce que votre enfant haut comme trois pommes se jette dans une fontaine. 
Et vous le voyez s'enfoncer... Entraîné par ses vêtements d'hiver. 
Vous le voyez et votre regard en capte à la fois l'horreur, l'urgence vitale et la fascinante beauté. 
J'ai réagi. La force herculéenne d'une mère. Les bons gestes. 
Et le monde continue sa tranquille routine...
Mais toi, mon âme....
Tu ne t'en remets pas tout à fait? 
Ma chair et mon sang. 
Dans cette profondeur glacée...
J'erre, j'erre...
Désert émotionnel. 
Colère affleurant parfois...
Comment?! 
Tu as voulu me le prendre! 
Tant de souffrances, d'efforts, de mois d'attente pour sa vie et d'une fraction de seconde, toi, Mort, tu as cherché à la ravir!!
La vie  peut nous être si facilement, si rapidement ôtée....
Combien d'années veux-tu en échange de sa vie? 
Je te les donne mes années de lumière , prends-les ! 
Mais laisse vivre mon fils... Laisse-le.

Ce qui me hante... 
Son petit corps au fond de cette eau glacée. 

Poussière nous sommes...
Poussière et souffrance.

C'est un désert. 
Aride et amer. 
Un autre visage de la Vie.
Ma vulnérabilité....
La vulnérabilité d'une mère...
Ainsi, la voici... 


jeudi 12 mars 2015

A LA PLACE DES TAPES ET CRIS, LA BIENVEILLANCE.



Ce matin, je finissais de me préparer avant de sortir pour la ludothèque.
Mon fils( 2 ans), au lieu de jouer à côté, n'arrêtait pas de me solliciter, il tirait sur mon pull, essayait d'attraper mon parfum, ouvrait mes boîtes de produits, ...
Le message était clair: "dépêches-toi maman! Je m'ennuie moi, en t'attendant..."
Je me dépêche, je me dépêche, ...
Puis je l'invite à sortir, je lui enfile ses chaussures, son manteau, et je lui propose d'aller jouer dans le jardin, le temps de réunir mes affaires et de fermer la maison.
Je prends mon sac, smartphone, clés, une couche propre au cas où, et je le rejoins dans l'atelier.
Il s'est assis dans la poussette et râle.

- Non. Tu marches ce matin, c'est à quelques mètres.

Il se redresse, mécontent, et tout à coup, il prend le carton des jouets d'extérieur et se met à tout renverser ...

- Et bien bravo! Il faut tout ramasser maintenant!

Il refuse, la mine fâchée.
J'ai alors sentie la colère m'envahir
C'est pas vrai!... Je me dépêche exprès pour lui, et Monsieur fait maintenant des histoires au moment de partir!
Vous voyez, déjà, là, j'étais dans l'interprétation et le jugement.
Mon fils, à mes yeux faisait un caprice
Mon fils à mes yeux, m'attaquait, m'énervait exprès
Ma colère, forte de mes pensées négatives, a amplifiée
Alors, j'ai explosé. Je me suis mise à crier : "Tu ranges tout de suite!"
Il a rétorqué "Non! "et s'est éloigné pour me tourner le dos à quelques mètres.

- Tu ranges, sinon, je te punis!

La menace. Et le punir de quoi? Aucune idée. Mais sur le coup, tout ce que je voulais, c'était qu'il m'obéisse. Et tout de suite. 
Il n'a pas bronché.

- Je compte 1...2....3...

Il ne bronchait toujours pas, et de mon côté, je sentais toujours cette colère qui me submergeait...
La colère. Emotion forte. Intense. Désagréable. Mais qui nous fait aussi nous sentir tellement vivant. Tellement puissant.
Alors je l'ai pris sous les bras et je l'ai ramené devant ses jouets. Je l'ai posé assez brutalement sur son banc à côté.
Et là, j'ai vu son visage. Son expression de colère et de tristesse mêlée. Mais aussi de peur.
N'était-ce pas ce que j'avais cherché à provoquer chez lui, en criant, en le menaçant de punition, en lui imposant de revenir? Ne venais-je pas de lui montrer mon pouvoir sur lui? Et ma volonté de le faire plier ?
Oui. J'ai regardé mon fils, intensément. J'ai marqué ce temps d'arrêt.
A qui tu parles, là? Est ce que tu t'entends?!
C'est une personne, un être humain. Ton enfant. Tu veux qu'il range ce qu'il vient de déranger, Ok, mais est ce une raison pour lui parler avec violence, pour le menacer? 
Tu as interprété son comportement comme mauvais, comme inacceptable.
N'es-tu pas dans ta colère en train de le déshumaniser, en te focalisant sur ce comportement, précisément?
Respire. Ralentis.
J'ai respiré un bon coup. La colère a commencé à diminuer.
Ce n'est pas à cause de lui, que je suis en colère. Mais parce que j'ai tout de suite pris son comportement comme une agression, contre moi. 
Peut-être, que son comportement est parti d'un geste de mécontentement de sa part, d'un besoin d'attention et de considération qui n'ont pas été satisfaits, car je ne faisais que m'occuper de moi et de la logistique, ... 
Finalement, n'a t'il pas tout simplement exprimé sa colère et exprimé son besoin insatisfait?

Alors, quels sont mes options?

Le forcer à obéir, n'est plus envisageable. 

Ranger moi-même? C'est une possibilité, la plus facile, finalement.
Mais tu aurais l'impression de renoncer à ton rôle de parent. Que va t'il apprendre, si tu fais à sa place? Qu'il peut tout envoyer valser sans conséquence? 

 Alors?

Soit tu laisses les choses en état et tu y reviendras avec lui, un peu plus tard, histoire de faire baisser la tension émotionnelle

Soit, tu tentes, à cet instant, de changer la donne. De passer d'un rapport Dominant/dominé, ordonner/obéir, à un rapport de coopération, dans le respect mutuel.
Il a besoin d'attention et de considération
Tu as besoin de sérénité, et pour cela d'ordre.

J'ai respiré, j'ai souri et j'ai adouci mon ton de voix.
- Je crois que nous sommes tous les deux en colère. Tu veux que nous jouions ensemble? On va jouer à la ludothèque. Mais pour cela, j'ai besoin que tu ranges d'abord ce que tu as mis par terre. Tu veux bien, s'il te plaît?
Mon fil a tout rangé. Et il y a mis du coeur, en plus .
J'étais prête à amorcer le mouvement, s'il ne s'exécutait pas.
J'étais prête à lâcher prise et à renouveler ma demande après la ludothèque.

Mais il a suffit que je change mon intention: la coopération, avec possibilité de refus, au lieu de l'obéissance, sans tolérer de résistance, pour qu'il réponde à mon besoin et se mette à ranger.
C'est cela l'éducation bienveillante.
Une éducation ni autoritaire, ni abandonnique ( ou laxiste)

Du coup, je m'en suis voulue d'avoir encore cédé à ma colère...
Je l'ai complimenté " je suis contente, tu as bien rangé", et je lui ai fait un câlin, en m'excusant de lui avoir crié dessus.
Je suis sur le chemin d'une éducation bienveillante, mais j'ai encore du travail.
Pas facile de se débarrasser des habitudes éducatives apprises, d'autant plus quand l'entourage, l'environnement exerce une pression en brandissant cet idéal d'enfant sage...

Marshall Rosenberg, le père fondateur de la Communication Non Violente racontait dans ses conférences que lors du procès d'Adolf Heichman, un commandant nazis, celui-ci avait affirmé que cela avait été facile d'envoyer des milliers de gens à la mort. Parce qu'il s'agissait de bureaucratie. Il devait le faire. C'était les ordres. Et on ne discute pas les ordres.
Voilà vers quelles dérives, apprendre à nos enfants à obéir absolument, à obéir avant tout, à obéir sous peine de représailles, de punition, de fessées, d'insultes, peut mener...
Et ce n'est pas ce que je veux pour mes enfants.
Je souhaite préserver leur capacité de choix
Je souhaite leur apprendre qu'ils peuvent choisir.
Notre éducation nous a appris qu'un enfant n'avait pas d'autre choix que de faire ce qu'on lui dit.
Mais nous avons toujours le choix.
Et nier la possibilité de choisir, c'est nier notre humanité.


vendredi 6 mars 2015

CUISINE ET GRATITUDE







Les étés au bord de la mer sont des temps de vie partagée entre génération.

La doyenne aux fourneaux.
Évidemment.
Elle campe droite dans sa cuisine, sort ses produits du marché et nous concocte ses bons petits plats.
Mais les années passant,ses forces déclinant, j'ai peu à peu pris le relais.
Elle reste en cuisine, sort les produits, et tourne autour de moi.
Sa présence me plaît, car elle dégage une énergie chaleureuse.
Je sais que dans sa famille, elle fait figure de matrone, et que parfois, sa volonté impose.
Je ne suis pas de son sang. Ce n'est pas ma grand-mère.
Mais je ressens pour elle un amour inconditionnel.
De manière générale, pour lui faire plaisir, je cuisine à sa manière, et les produits qu'elle préfère.
Mais, il y eut un midi, où je choisis de changer.
Je la trouvais fatiguée, un peu éteinte...
J'eus envie d'épices et de saveurs orientales.
J'avoue que j'ai un peu appréhendé sa réaction en posant le plat sur la table.
Elle a mangé en silence. Elle en a repris. Elle a saucé avec son pain.
Puis, elle s'est tournée vers mon mari et a dit:
- Tu sais, mon chéri, tu n'auras jamais à t'en faire...
- Comment ça mamie?
- Avec ce que cuisine ta femme, tu ouvres un restaurant, et c'est bon...
Mon mari a levé les yeux au ciel...
Mamie... On n'ouvre pas un restaurant comme ça, et c'est un métier la cuisine...
 Elle a insisté
- Je suis sérieuse. Ameline est gourmande. Elle sait bien cuisiner. Tu verras, tout le monde reviendra, tu seras toujours plein...
Mon mari a souri, attendri et je crois aussi, touché.
- D'accord, mamie.On y pensera.

C'était tellement disproportionné.
Tellement inhabituel chez elle, ce genre d'exagération dans le compliment.
Que voulait elle vraiment me dire?

La vérité, c'est que je ne suis pas une experte en cuisine, et j'ai déjà raté plus d'un plat...
La vérité, c'est que je cuisine comme ça, sans désirer me perfectionner. 
Il ne s'agissait pas d'un hommage à mon "savoir-faire".
Il s'agissait d'un don d'amour.

Ce jour-là, elle me disait qu'avec ma cuisine, je réussissais à lui procurer du bonheur, à lui donner de l'amour et qu'elle reconnaissait cette qualité d'échange.

J'ai compris ce jour-là, ce don naturel que nous avons tous, ce don de donner et recevoir.
C'est si simple!
Pas besoin de savoir faire!
Juste de faire.
Et ça rend la vie ensemble, juste merveilleuse...

Cette séquence de vie m'a particulièrement marquée.
Parce que je pense que naturellement, nous donnons tous,
Sans espérer forcément un retour.
Juste pour vivre l'amour que l'on ressent pour la personne.

Mais quand les mots de gratitudes arrivent...
Ils font tellement de bien à l'âme...
Que les recevoir est finalement le plus beau des dons.

Du fond du coeur, merci, grand-mamie.



mercredi 4 mars 2015

LA FESSEE UTILE ?? UNE LOI INUTILE?? ...





De "l'utilité" de la fessée:

Source: WIKIPEDIA

Depuis la fin du XXe siècle, on a vu se multiplier les recherches scientifiques émanant de toutes les contrées du monde, recherches qui ont permis d’apporter des réponses sérieuses à la question longtemps controversée de l’utilité de la fessée : peu à peu on a ainsi pu établir combien la fessée dite « éducative » était en fait à long terme nocive pour les enfant, malgré les quelques "bénéfices" immédiats sur l’obéissance qui ont contribué à maintenir son usage.
Prenant appui sur l’ensemble de ces travaux, l’OMS prenait parti en 2002 contre l’usage des punitions corporelles, concluant sans ambigüité qu’elles étaient nocives pour le développement des enfants : elle en faisait alors un "problème de santé publique". Le Conseil de l’Europe lui emboitait aussitôt le pas qui engageait dès lors à interdire « même les petites fessées », suivi par l’Unicef en 2003 et l’ONU en 2006.
Tous les grands organismes internationaux sont donc unanimes pour affirmer qu’il faut arrêter d’utiliser les fessées pour élever les enfants, arguant de plus qu’on ne peut pas espérer agir sur la violence si on ne peut pratiquer la non-violence dans le quotidien des familles.

Le neurobiologiste français Pierre Karli nous dit « toutes les recherches scientifiques aboutissent à la conclusion que les facteurs qui concourent à accroitre la probabilité de survenue de comportements agressifs chez les individus sont avant tout les conditions dans lesquelles un enfant a été élevé dans ses premières années ». 
Des Commissions d'étude sur la violence organisées par la Californie, l'Australie et l'Allemagne concluent toutes les trois que la première cause de la violence agie par les jeunes est la violence subie dans leur famille.

La psychologue Marie Choquet en France, Murray Straus et Catherine Taylor aux États-Unis, comparant des groupes importants d'enfants élevés sans violence à des groupes d'enfants élevés avec des punitions physiques, trouvent de fortes corrélations entre les punitions physiques reçues et l'agressivité des enfants.    

Une étude américaine de 2010 parue dans le journal Pediatrics affirme que les enfants qui reçoivent fréquemment une fessée à trois ans ont toutes les chances de devenir plus agressifs dès l'âge de cinq ans faisant preuve "d'insolence, de cris, de cruauté, de méchanceté vis-à-vis des autres".    

L'anthropologue Ashley Montagu, comparant entre elles différentes sociétés primitives, notait que ce qui différenciait les sociétés guerrières de celles qui ne l'étaient pas, c'était la façon d'élever leurs enfants, avec ou sans fessées. Il concluait « fesser un enfant est semer la graine de la guerre ».
L'abus d'alcool et de drogue a été mis en évidence par la pédiatre Harriet McMillan au Canada dans un travail incluant plus de 5.000 adultes : dans ce groupe, les adultes qui ont été fessés sont deux fois plus nombreux à être devenus drogués ou alcooliques


J. Smith et M. Straus ont montré chacun de leur côté que le QI (quotient intellectuel) des enfants soumis aux fessées était inférieur (12 points pour Smith) à celui des enfants élevés avec empathie. Straus a même établi un lien entre le quotient intellectuel moyen des habitants d'un pays et le nombre de personnes donnant la fessée à leurs enfants.

Ceci pourrait s'expliquer par des analyses IRM faites sur des rats qui ont montré que dans la peur ils excitent fortement leur amygdale cérébrale (centre de la peur) et inhibent complètement leur centre préfrontal (lieu des apprentissages).
La dépression et les tentatives de suicide sont démontrées comme majorées par les punitions corporelles par M.Straus aux États-Unis, par  A. Edfeldt en Suède et M. Choquet en France.
Odile Bourguignon trouve un pourcentage de délits triplé chez les fils ayant reçu de fortes punitions corporelles de leur père.

L’OMS note qu’entre d’autres facteurs qui encouragent les jeunes à entrer dans un gang, figurent les châtiments corporels sévères ou une victimisation à la maison

Le stress post-traumatique, bien décrit par la psychiatre Muriel Salmona, pourrait intervenir après des fessées répétées données avec instruments.

Katharina Rutschky a longuement décrit ce qu'elle nomme la "pédagogie noire" à la mode en Allemagne à la fin du XIXe siècle, pédagogie dont Hitler avait subi la violence et qui s'était beaucoup répandue dans une partie de l’Europe. Le Docteur Moritz Schreber enseignait alors comment gérer, même la plus légère infraction, « par des punitions corporelles données même à l'âge le plus tendre… parce que les parties ignobles de la nature brute de l’enfant doivent être affaiblies par la plus grande sévérité ». Alice Miller cite, outre K. Rutscky, de nombreux auteurs de cette époque dont les conseils éducatifs étaient absolument identiques.

Le sociologue français Emmanuel Todd rend cette éducation très brutale responsable d'une bonne partie des évènements de 1914, 1917, 1933 et 1939 et il établit un parallèle entre l'autoritarisme familial et le totalitarisme politique. Car les évènements cités ont tous eu lieu dans les pays les plus instruits du monde, mais qui venaient tous d’être influencés par une très violente mode éducative.


A "l'inutilité" d'une loi ?

L'article 222-13 du Code Pénal (qui condamne notamment les auteurs de violences sur mineurs de quinze ans, et plus sévèrement lorsque l'auteur est un ascendant) est sensée protéger tout citoyen contre toute violence. Mais elle est très peu appliquée pour les violences subies par les enfants en raison de la disproportion des pénalités. C’est pourquoi le Conseil de l’Europe demande à la France de revoir sa législation pour se mettre en accord avec la signature de la Charte Sociale Européenne dont l’article 17 interdit toute violence envers les enfants.

La députée Edwige Antier avait déposé en 2009 une proposition de loi pour que soit inscrit dans le Code Civil (et non dans le Code pénal ce qui exclut des pénalités) l’interdiction de frapper les enfants, interdit qui ne visait pas à punir les parents mais à protéger les enfants des violences familiales.
Cette interdiction était demandée depuis 1998 par l’association « Éduquer sans frapper » devenue en 2002 « Ni claques ni fessées », demande restée sans suite jusqu'à ce jour.
Le 20 octobre 2009 avant que l'Assemblée Nationale se prononce contre cette proposition, quelques 400 psychothérapeutes, dont une grande majorité de femmes, assistant au colloque annuel de la Fédération française de psychothérapie et psychanalyse avaient voté, à l'unanimité, une motion réclamant une loi pour « abolir la violence physique et psychologique envers les enfants »

Source: WIKIPEDIA

ACTUALITE

Aujourd'hui, d’après le Conseil de l'Europe, la France viole la Charte sociale européenne en n'interdisant pas de manière «suffisamment claire» les châtiments corporels infligés aux enfants, comme la fessée. 
Le droit français «ne prévoit pas d'interdiction suffisamment claire, contraignante et précise», ni par la loi ni par la jurisprudence, a estimé le Comité européen des droits sociaux (CEDS), déplorant notamment qu'une «incertitude subsiste» sur l'existence d'un «droit de correction» reconnu par la justice française. La CEDS se prononçait sur une réclamation d'une ONG britannique qui reproche à la loi française de ne pas interdire totalement les châtiments corporels envers les enfants.

Réaction de la France, des Français?

La plupart des Français ont reçu des corrections de leurs parents, en ont donné, et la très grande majorité (80 % selon les derniers baromètres), sont hostiles à une interdiction. Certains observateurs craignent qu’une loi bannissant les châtiments corporels ne sape l’autorité des parents à un moment où celle-ci est déjà mise à mal.
http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/03/02/la-france-condamnee-pour-ne-pas-avoir-interdit-gifles-et-fessees_4585986_3224.html#StpMFemRP9fqMa3k.99

Où est l'intérêt de l'enfant dans ce discours??
Pour la secrétaire d'Etat française à la Famille, Laurence Rossignol, la France doit avoir "une réflexion collective" sur "l'utilité des punitions corporelles dans l'éducation des enfants". Mais "ça ne passera pas par la loi" pour ne pas "couper le pays en deux camps, ceux qui sont pour la fessée et ceux qui sont contre".  
 http://www.lexpress.fr/actualite/societe/fessee-pour-le-conseil-de-l-europe-la-france-viole-le-traite-interdisant-les-chatiments-corporels-envers-les-enfants_1657719.html#9EccWIk1191UqCkX.99

Est ce que taper est un geste unificateur, qui enrichit et aide la famille à s'améliorer? Ou en sommes-nous à éviter tout conflit sous prétexte d'enjeux politiques?  Une loi est un choix de société....

QU'EST CE QUE LA LOI ?

C' est une règle juridique suprême, générale et impersonnelle, ou l'ensemble formé de telles règles.

Il est possible que nous ayons tous une conscience innée de la justice, de ce qui est permis et interdit.
Mais est ce que pour autant nous le respectons?
Les lois sont censées protéger et garantir la liberté et les droits des individus



POURQUOI LA LOI ? 

Tout simplement pour pouvoir vivre ensemble.
Les lois établissent un ordre social, elles permettent d'élever les rapports sociaux au dessus de la barbarie et de la violence  qui règneraient peut être chez les hommes sans loi.


Si les droits de chacun par rapport aux autres ne sont pas déterminés, c’est le chaos, le chacun pour soi, la guerre entre nous… donc, la mort de toute communauté.

La loi pose aussi une limite aux droits de chacun : c’est l’obligation de respecter les droits des autres. Sans cette obligation commune, les droits des uns et des autres n’existeraient plus.
Notre liberté a pour limite le respect des droits des autres.
La loi peut prévoir des sanctions contre ceux qui ne respectent pas cette règle fondamentale. Mais le but d'une loi, n'est pas de punir. Le but d'une loi est de guider les hommes sur le chemin du "vivre ensemble en se respectant mutuellement".



CONCLUSION ?


Ainsi, scientifiquement, depuis des années, dans plusieurs pays, il a été démontré que les châtiments corporels infligés aux enfants sont nocifs, car ils peuvent entraîner des perturbations dans le développement psychologique et intellectuel de l'enfant, ainsi que favoriser le développement de comportements anxieux, agressifs,  voire violents.

De nombreuses campagnes d'information à ce sujet, de nombreux ouvrages, de nombreux professionnels de santé, d'éducation, ont largement diffusé ces informations.
Malgré cela, une majorité de parents continue de recourir encore aujourd'hui, volontairement,  au châtiment corporel, comme méthode éducative
Malgré cela, une majorité de français  s'oppose aujourd'hui encore, à la mise en place d'une loi claire interdisant tout châtiment corporel sur les enfants.

POURQUOI???

Peut-être parce que cela implique de considérer véritablement l'enfant comme une personne? Un sujet à part entière avec des droits.

Peut-être parce que la notion d'interdit dérange, fait peur, et place chacun face à ses responsabilités....
Ce qui est assez paradoxal finalement: des parents qui n'acceptent pas d'interdit, de limites pour eux, mais qui en imposent à leurs enfants...

Peut-être parce que cela signifie devoir repenser l'éducation en terme non plus de contrainte, de domination de l'adulte sur l'enfant, mais plutôt en terme de bienveillance, de coopération, de guidance parentale... Ce sont des changements importants.
La notion d'autorité serait alors clairement à redéfinir...

Qu'est ce qu'une loi changerait?

Une loi clarifierait pour les parents ce qu'est la norme sociale en matière d'éducation et ceci  pour tous.
Une loi, changerait le regard de notre société sur l'enfant et sur nos devoirs de parents envers lui
Une loi poserait un interdit clair, amenant à reconnaitre la fessée, la gifle comme une forme de violence, et à renoncer à cette violence.
Une loi obligerait les parents à respecter le droit de l'enfant à sa dignité
Une loi nous permettrait à tous d'évoluer vers une société plus responsable, plus respectueuse des autres, et en particulier plus protectrice vis à vis des plus faibles.

Il est temps.
Temps que les mentalités changent, grandissent, maturent sur cette question.
Comment souhaiter un monde meilleur si nos enfants continuent d'apprendre la violence, celle de leurs parents sur eux et ceci dès leur plus jeune âge?
Comment espérer paix, fraternité, tolérance, si nous pratiquons dans notre foyer l'intolérance ( face aux bêtises, erreurs, crises de nos enfants), la différence ( de traitement entre adultes et entre adulte et enfant), et la violence ( physique, mais aussi psychologique)?

Ne voyez-vous pas ce qu'il en est?
Ne voyez vous pas notre manque de discernement, notre mauvaise foi ?

L'Europe nous met en garde, nous condamne et elle a raison.
Pourtant, le débat sera vite enterré.
La question d'une possible loi est déjà étouffée....

France, tu as fièrement défendu ta liberté d'expression!
Mais France, tu ne protèges pas tes enfants....





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