'ELARGIR SA BIENVEILLANCE

RALENTIS RESPIRE TOLÈRE EN TOI ACCUEILLE APPRENDS

NOTRE VERRE A MOITIE PLEIN

Je discutais donc. De notre façon de voir le monde, et à quel point notre filtre de perception pouvait influencer notre quotidien

ETRE MERE

Je sais que parfois, il est difficile de se vivre comme une mère. De remplir volontiers ses fonctions maternantes, d'écoute, de soutien, d'accompagnement... Je sais.

LIEN MERE-ENFANT

Lorsque l’on devient mère pour la première fois, nous sommes si fragiles, si pleines d’illusions et d’ignorance...

ASSEZ!

Intolérance. Critiques déguisées. Jugements gratuits. Injures et véhémences. Fermeture d’esprit. Rigidité. Égoïsme. Lâcheté. Indifférence.

vendredi 27 février 2015

LENTEUR ET VULNERABILITE



"Nous sommes une nation d'adultes épuisés et stressés élevant des enfants avec des horaires bien trop chargés" Brené Brown

Pourquoi le plaisir de la lenteur a-t-il disparu ?, questionne Milan Kundera dans son ouvrage "La lenteur".

C'est vrai... Où sont donc ces rêveurs à la Rimbaud, empruntant des sentiers sauvages au grès de leur flâneries?
Où sont ces contemplatifs qui fustigent le règne du faire pour être?
Les oisifs heureux, dont le regard se perd dans les fenêtres ouvertes de la Vie?
Il semble, qu'effectivement, l'oisiveté soit devenue un mot péjoratif, synonyme de désoeuvrement, selon l'auteur....
Or, "  le désoeuvré est frustré, s'ennuie, est à la recherche constante du mouvement qui lui manque."

Pour Milan Kundera, Il y a un lien secret entre la lenteur et la mémoire, entre la vitesse et l'oubli.
. Évoquons une situation on ne peut plus banale : un homme marche dans la rue. Soudain, il veut se rappeler quelque chose, mais le souvenir lui échappe. A ce moment, machinalement, il ralentit son pas. Par contre, quelqu'un qui essaie d'oublier un incident pénible qu'il vient de vivre accélère à son insu l'allure de sa marche comme s'il voulait vite s'éloigner de ce qui se trouve, dans le temps, encore trop proche de lui.

Dans la mathématique existentielle cette expérience prend la forme de deux équations élémentaires : le degré de la lenteur est directement proportionnelle à l'intensité de la mémoire ; le degré de la vitesse est directement proportionnelle à l'intensité de l'oubli. 
 
Véra, ma femme, me dit : " Toutes les cinquante minutes un homme meurt sur les routes de France. Regarde-les, tous ces fous qui roulent autour de nous. Ce sont les mêmes qui savent être si extraordinairement prudents quand on dévalise sous les yeux une vieille femme dans la rue. Comment se fait-il qu'il n'aient pas peur quand ils sont au volant ? "
Que répondre ? Peut-être ceci : l'homme penché sur sa motocyclette ne peut se concentrer que sur la seconde présente de son vol; il s'accroche à un fragment de temps coupé du passé et de l'avenir; il est arraché à la continuité du temps; il est en dehors du temps; autrement dit, il est dans un état d'extase; dans cet état, il ne sait rien de son âge, rien de sa femme, rien de ses enfants, rien de ses soucis et, partant, il n'a pas peur, car la source de la peur est dans l'avenir, et qui est libéré de l'avenir n'a rien à craindre.
La vitesse est la forme d'extase dont la révolution technique a fait cadeau à l'homme. Contrairement au motocycliste, le coureur à pied est toujours présent dans son corps, obligé sans cesse de penser à ses ampoules, à ses essoufflements; quand il court il sent son poids, son âge, conscient plus que jamais de lui-même et du temps de sa vie. Tout change quand l'homme délègue la faculté de vitesse à une machine : dès lors, son propre corps se trouve hors du jeu et il s'adonne à une vitesse qui est incorporelle, immatérielle, vitesse pure, vitesse en elle-même, vitesse extase. 

 (....) Notre époque est obsédée par le désir d'oubli et c'est afin de combler ce désir qu'elle s'adonne au démon de la vitesse ; elle accélère le pas parce qu'elle veut nous faire comprendre qu'elle ne souhaite plus qu'on se souvienne d'elle ; qu'elle se sent lasse d'elle-même; écoeurée d'elle-même ; qu'elle veut souffler la petite flamme tremblante de la mémoire. »
 
Ainsi, nous nous noyons dans les activités, parce que nous désirerions oublier...
Oublier notre humanité. 
Notre mort?
Pas seulement... 

Il est intéressant d'écouter Brené Brown à ce sujet. Selon elle, nous nous noyons dans la surconsommation de tout: , bouffe, médoc, écrans, activités, pour nous anesthésier. Une façon encore d'oublier...
Oublier quoi?
Nos émotions pénibles. 
Et en particulier  notre vulnérabilité.
Mais nous ne pouvons pas anesthésier nos émotions de manière sélective... 
Boire de l'alcool, se gaver de sucre, s'oublier devant nos écrans, enchaîner les activités, va nous faire oublier un temps nos peurs, nos chagrins, nos déceptions, notre honte, notre isolement, notre vulnérabilité, mais aussi nos joies, nos gratitudes, notre bonheur...

Pour elle," la vulnérabilité, c'est l'incertitude, le risque et la mise à nu".  
Pour elle, ce n'est pas une faiblesse. c'est le goût de la vérité et l'odeur du courage.

Cet après-midi où je lisais Milan Kundera, ce génie littéraire, assise sur le canapé. Mon mari arrive en traînant des pieds, la mine maussade.
- Je m'ennuie...
Il est malade, et du coup, tout son beau programme pendant nos vacances s'est effondré.
Nos filles sont à leur cours de ski, notre fils dort. 
- Viens t'asseoir près de moi, je lui propose en souriant.
Les hommes... Un peu de fièvre, et les voici aussi vulnérables que des petits enfants...
Mais en vérité, comme il est beau dans sa fragilité !
Il s'allonge sur le canapé, la tête sur mes cuisses.
Il prend la télécommande et zappe. Tombant sur "une nounou d'enfer", une série américaine qu'il regardait enfant, il se laisse aller à la nostalgie. Je ferme mon livre, pour regarder avec lui. Nous rions ensemble, instant de complicité et de tendresse. Instant de bonheur, un brin régressif. Qui va devenir notre petit rituel pendant cette semaine à la montagne...
Lui et moi. Ne faisant rien d'autre que regarder une vieille série américaine... 
Son désoeuvrement initial s'est transformé en oisiveté recherchée, attendue. 
Instant inhabituel et imparfait qui s'est ancré en moi comme un moment de pure joie partagée.
Faire tous ces kilomètres pour regarder la télé... N''est ce pas extraordinaire, finalement?
Oui. 
Ralentir est nécessaire. Et si nous l'oublions, la vie se charge de nous le rappeler, il me semble... 
Mais pour certains, un peu tard...
Voilà pourquoi, il est important d'en prendre conscience.

S'arrêter un temps, et simplement accepter de se sentir vulnérable.
Ce n'est ni confortable, ni atroce...

Qu'est ce au juste? 

C'est accepter de se regarder vraiment, c'est avoir le courage de s'admettre imparfait, fragile, c'est en éprouver de la compassion, de l'amour pour soi-même.  
Alors, oui, j'ai été heureuse que mon mari tombe malade.
Car au fil des jours, j'ai senti sa tension diminuer. Je l'ai senti peu à peu lâcher prise et s'autoriser à savourer ce temps hors du temps, où il a cessé de vouloir tout contrôler, où il a cessé de s'agiter, de prévoir, de chercher à rentabiliser son temps, sa vie, à perfectionner notre quotidien, ses actes, pour tout simplement s'allonger, poser sa tête sur quelqu'un et s'abandonner à rire, à être bien, comme il est.  

Comme il est et non pas comme il aurait du être.

Et si nous envisagions notre vulnérabilité, non plus comme un fardeau, une faiblesse qu'il faut cacher, mais comme une nécessité? 
Finalement se montrer comme nous sommes, procure aussi joie et bonheur!
Accepter sa vulnérabilité nous rapproche un peu plus de nous même tel que nous sommes et non pas tel que nous voudrions ou devrions être.

De même, ralentir devient une source de plaisir et non plus d'angoisse, car nous prenons le temps d'apprécier ce qui est, avec ce que nous sommes. Ni plus. Ni moins.
Notre vie, aussi douloureuse et délicieuse soit elle, vaut ce petit pas de côté, vaut que l'on se souvienne d'elle.
Notre humanité, est juste là.
Dans la saveur de notre vulnérabilité.
Et c'est tout simplement magnifique.

Alors que sommes nous en train de faire en anesthésiant notre sentiment de vulnérabilité, par la vitesse, la surconsommation notamment??
Ne sommes nous pas en train de nous déshumaniser?....

 

jeudi 19 février 2015

NE JAMAIS SOUS-ESTIMER UN ENFANT


Petit jeu à table.
Chacune de mes filles ( 4 et 5 ans), posent des questions de connaissance à la personne de leur choix. Sachant qu'elles doivent adapter leur question en fonction de la personne interrogée:) pour leur petit frère, c'est une question très facile. Pour leur sœur, une question moyennement difficile et pour maman, une question très difficile!! ;)
Pas facile pour elles de trouver une question, de la formuler correctement avec une réponse prédéfinie dans la tête, et de désigner la personne capable d'y répondre...
Nous en sommes aux cris des animaux. 
Question de ma cadette pour moi:
- Maman, qu'est ce qui fait: Pou! Pou! 
Ok. Je n'en sais rien et elle non plus. Alors je réponds
- Toi! 
Mine étonnée. Ma fille est déstabilisée, mais je la vois réfléchir à la réponse et conclure:
- Très bien maman.
Puis elle demande à sa grande sœur: 
- Qu'est ce qui chante? 
- Le coq , répond mon aînée 
- Non. 
J'interviens: 
- Si, ta sœur a raison. Le coq chante
Mon aînée rajoute: 
- Les oiseaux. 
Sa sœur se défend, piquée: 
- Moi je dirais la mésange, le rouge- gorge, le merle, ...
J'interromps son énumération: 
- Oui. Toutes ces réponses sont justes. Les tiennes et celle de ta sœur. À ton tour ma grande. 
- Maman qu'est ce qui fait: Meuh! 
- La vache. Trop facile...
- Mais d'autres que la vache? 
D'autres que la vache, qui fait meuh?.... Je ne vois pas. Et je doute qu'elle voit elle aussi. Ça m'agace, parce que je me dis qu'elle veut faire son intéressante et me faire croire qu'elle a une réponse ...
Et je suis déçue, je me dis qu'elle n'a pas compris le but du jeu...
Sa sœur a d'ailleurs renchéri sur le dragon. Mais je décide d'insister. 
- Ma chérie, à part la vache, il n'y a pas d'autre animal qui fait : Meuh! 
Et là, très calmement, elle me répond: 
- Si maman. Le taureau. 
Scotchée la maman...
Moralité: Ne JAMAIS sous-estimer un enfant. 

mercredi 18 février 2015

L'OBJET RESSOURCE






Souvent, à portée de main...

Dans ma poche, dans mon sac, dans un coin de la maison,
Traînent ces petits objets " insignifiants"
Seulement en apparence...
Ne vous y fiez pas!
Car ce sont mes objets ressources.
Des coquillages
Des feuilles, des écorces d'arbres
Des pétales de fleurs séchées, ...

A quoi me servent ces petits "riens"?

Leur présence, mais surtout leur contact dans ma main, m'aide dans les situations de stress et d'angoisse.

Comment?

En réactivant la sensation de bien-être qui leur est associée.

Un exemple?

Quand je ne me sens pas très bien, je prends par exemple mes coquillages dans la main.
Je les caresse doucement
Je les fais cliqueter à mon oreille
J'hume leur parfum iodé
Et les yeux fermés, je me retrouve plongée dans une image mentale apaisante que j'y ai associée.
Mon esprit part à l'exploration de ce point d'ancrage heureux réactivé.
L'image est si puissante dans mon esprit qu'elle me happe.

Je me retrouve assise au sommet d'une dune face à l'océan.
Mes pieds sont enfouis dans le sable chaud, mon regard est totalement absorbé par le spectacle de l'océan, moutonnant, et scintillant. 
J'entends les cris des mouettes au dessus de ma tête, j'entends le ressac, et le bruissement du sable sous la pression des vagues. 
Je respire l'air chargé d'iode, je sens ses embruns sur mon visage, sur mes lèvres. Et la chaleur d'un soleil de fin de journée. 
La lumière est belle. Chaude et dorée entre mes cils.
Mes cheveux flottent au vent, mes doigts plongent dans le sable et le laissent  s'écouler librement. 
Solitude et paix. 
Et lorsque je me retourne, il y a cette petite maison blanche aux volets bleus. 
Je jette un dernier regard vers les flots puissants que le soleil embrasse et, lentement, je me lève et me dirige vers cette maison accueillante.
Je rentre chez moi.
Tout simplement.

Invariablement mon corps se détend, et mes ruminations, mes émotions désagréables semblent mis en suspens.
Le pouvoir de l'esprit...

Voilà à quoi servent ces petits coquillages. A réactiver dans mon cerveau une image mentale puissante, positive que j'y ai associée. Un outil efficace pour sortir du cercle vicieux des préoccupations et angoisses.

 Comment faire?

La première fois, je me suis assise avec mes coquillages dans mes deux mains. J'ai activé mes cinq sens à leur contact et les yeux fermés, mes coquillages toujours dans les mains, j'ai exploré mon image mentale longtemps, attentive à ressentir le bien être m'envahir entièrement ( sens, pensée, émotion).
C'est ainsi que j'ai créé un objet ressource.

En psychologie positive, ils utilisent généralement un galet avec les enfants, qu'ils font associer  à une image mentale personnelle leur procurant bien être, et ce galet les suit partout. Ainsi, chaque fois que l’enfant prend le galet dans sa main, le cerveau se rappelle de cette sensation de bien-être, comme par exemple à l'école, avant un examen, un oral, ....

Cela les aide à intégrer des émotions positives dans leur quotidien, à chasser le stress, les pensées négatives, et à considérer les émotions non pas comme des entraves, mais des précieuses alliées pour surmonter l'adversité. ( pour plus d'infos, voir la vidéo en anglais du Dr. Ilona Boniwell ici:)



Et c'est drôle, parce qu'adolescente, j'avais cousue un ruban de velours à ma trousse d'école.
Quand j'étais stressée, ou que des pensées tristes me saisissaient, je caressais machinalement ce ruban et je me sentais mieux.
Je ne connaissais pas à cette époque, toutes les théories psychologiques associées.
Je m'étais seulement fiée à mon instinct et à mon premier souvenir.
En effet, mon premier souvenir d'enfance est le rideau de mon berceau baigné de lumière.
Je me souviens très bien du contact des petits points de velours sur mes doigts levés.
Une discussion avec mes parents à ce sujet m'a confirmé l'existence de ce rideau dans les premiers mois de ma vie.
Sans le savoir, l'ado que j'étais, utilisait un simple ruban de velours pour retrouver ce point d'ancrage heureux de sa toute petite enfance.

Un objet ressource, finalement, c'est un peu une sorte de "doudou", dont le contact ressource et apaise. Un objet transitionnel socialement acceptable, et psychologiquement positif.

Sachant cela, il me semble que l'on peut poser un regard un peu plus indulgent sur ces doudous et mascottes qui accompagnent nos enfants  dans leur petite enfance... Au lieu de s'acharner à leur faire quitter, renoncer à leur doudou, pourquoi ne pas tout simplement, en douceur, les inviter à  créer d'autres objets ressources ? :)


mardi 17 février 2015

QUI SUIS JE ?







Une matinée, je rencontre une directrice de jardin d'enfants.

Le contact se passe agréablement. Je sens immédiatement son professionnalisme et sa bienveillance.
Les enfants sont répartis par petits groupes et vaquent à des activités artistiques et créatives. Mon fils pas encore âgé de deux ans, observe ses congénères avec intérêt et discrétion.
A un moment donné, la directrice le regarde et interrompt son argumentaire pour s'exclamer:
" - C'est incroyable ce que votre fils dégage de calme et de sérénité! Il est toujours comme ça?
Immédiatement, je pense "non, bien évidemment." Je suis surprise et je regarde à mon tour mon fils, cherchant à comprendre ce qu'elle a pu voir de lui à cet instant là.
Et je le vois. Ce petit garçon tranquille et confiant.
Alors, je réponds: " Oui, c'est vrai." 
Mais, tout en me sentant flattée dans mon rôle de mère, je ne peux m'empêcher de ressentir de l'agacement.
Qu'elles soient positives ou négatives, je n'aime pas les étiquettes qui figent les personnes dans des qualificatifs qui peuvent par la suite tellement leur peser....
Cependant, entendant sa bienveillance à l'égard de mon petit bonhomme derrière le compliment, je l'ai accueilli et apprécié comme tel. J'ai ravalé ma crispation intérieure.
L'échange se poursuivit de manière conviviale.
Et puis, il y eut cette phrase...
"L'objectif, pour nous, concluait elle, est que votre fils apprenne qui il est, en fonction de ce qu'il aime ou pas, en fonction de ce qu'il préfère."
C'est un objectif honorable. Certes ambitieux, mais après tout, pourquoi pas? ...
Mais, au fond de moi, venait de se réveiller LA terrible question fondamentale .
Car en vérité, comment imaginer savoir qui l'on est à trois ans, quand à trente quatre ans, la question demeure posée ??

Qui suis je?

Suis-je ce que j'aime ou pas, comme le prétend cette directrice?
La question m'a trottée longtemps dans la tête.
Je ne suis pas de celles qui ont une couleur préférée...
J'aime toutes les couleurs
Toutes les saveurs.
J'aime le chaud, j'aime le froid.
J'aime autant le salé que le sucré. Et le piquant, l'amer, l'acidulé.
J'aime les odeurs fruitées, les fleuries, les boisées, les citronnées, ...
J'aime tous les animaux, tous les styles, tous les genres, ....
Et ce que je n'aime pas, j'apprends à l'aimer.
Alors qui suis je??
Je me souviens de ce questionnaire de Marcel Proust.
Une torture mentale pour moi...
Car je n'ai pas de réponse précise...
Et pourquoi choisir?
Pourquoi renoncer, quand la vie nous offre la possibilité de tout aimer??
Qui suis-je....
Finalement, est ce si important?
De réussir à rentrer qui l'on est dans des cases...
Je ne sais pas qui je suis
Car je n'arrive pas à me restreindre
Et je ne le souhaite plus
Ni pour moi
Ni pour les autres
Nous sommes des mystères
Des énigmes à nous-même et aux autres
Et je crois, qu'au lieu de chercher à qualifier les autres
Nous devrions surtout nous ouvrir à eux, sans préjugé, ni arrière pensée.
Bien sûr, nous avons tous un mode de fonctionnement privilégié !
Mais en vérité, c'est nous, qui nous enfermons dans ces systèmes et ces croyances...
Voilà, comment je comprends le lâcher prise...
Libérer ses habitudes de ces qualificatifs qui nous collent à la peau
Pour s'autoriser à sortir des sentiers battus
Aimer ce que l'on ne pensait pas aimer un jour
Autant de fenêtres ouvertes pour s'émerveiller.

Et puis, j'ai cessé de me questionner.
Sous une averse baignée de soleil, un magnifique arc en ciel est apparu...
Voilà ce qu'il advient quand on aime la pluie et le beau temps, ai je pensé...
Ce jeu de lumière m'a transportée l'âme.
De joie et de gratitude.

Qui je suis?
C'est simple, finalement.
Je suis comme vous.
Complexe, changeant, fascinant.
Je suis la Vie.

dimanche 15 février 2015

LELENA



Bon Anniversaire ma belle !!
Voici mon petit cadeau...

Quelques mots que j'ai pu écrire de notre amitié, tout au long de ces années


Te souviens-tu de notre première ballade dans Paris? Le jour s'éveillait à peine et j'étais venue frapper à ta porte, te proposer de découvrir Paris dans ses brumes matinales. Nous vivions dans ce foyer de jeunes étudiantes, deux âmes solitaires que le destin venait de réunir la veille. 
Si jeunes.... Pas encore dix huit ans.

Voici, ce que j'ai écrit de cet instant. Je ne voulais pas oublier....


Octobre 1998

PARIS
Ce matin là, nous nous promenâmes dans un Paris embrumé, humide et rose. Serrée l’une contre l’autre, notre marche se chargeait des promesses de l’aube. Nous parlâmes tant que peu importait où nos pas nous avaient menés. Au coeur du jardin des tuileries, nous avancions sans but, pour le seul plaisir de marcher ensemble. A travers la brume matinale, nous devinions les profils figés de statues antiques. Le froid colorait nos joues. Un instant suspendu, à jamais gravé dans nos mémoires, hors du temps.
Les mots échangés résonnent toujours dans ma mémoire. Amours de jeunesse, promesses d’une vie heureuse, espoir dans l’accomplissement de nos vœux et bien sûr, cette pure fascination pour la vie. La croquer à pleine dent, la dorloter, la contempler et la porter au-delà.
Tout autour de nous, Paris s’éveillait. Trépidations, lueurs plus nettes, ombres de passants pressés, klaxons et bruits de moteurs au loin… Tout autours de nous cette vie qui reprenait ses droits, et qui s’ignore. Et nous, deux passionnées de la vie, fascinées par sa beauté. Nous, jeunes et insouciantes, happée par l’intensité et l’authenticité de cet instant continuions cette marche dans Paris, dans notre amitié naissante.
C’est à cette matinée que nous devons je pense le caractère sublimé et intense de notre relation. Partager une telle communion de pensée, d’émotion crée des liens uniques et sincères. A travers notre échange, nous apprîmes de l’autre, et surtout, nous fûmes assurées de notre complicité.
Si seulement, notre amitié pouvait durer !


Et voici, encore un court texte, que j'ai écrit quelques temps après ton mariage
A cette époque, j'ai cru que notre amitié ne survivrait pas à la distance, à nos maris, à nos futurs enfants...
A cette époque, j'ai été infiniment heureuse pour toi et aussi infiniment triste, car il me semblait te perdre...


28 Juillet 2007
DAKAR
Je la regarde s’éloigner. Lentement. Attentive à ne pas abîmer sa robe. Magnifique. Couverte de poudres d’étoiles. Auréolée de tulles blanches en éventail. Aérienne. Déjà plus là. Bientôt absente. Je la regarde avancer dans un doux frémissement de soie dans ce couloir d’hôtel, rejoindre cet homme qui l’attend en bas dans la salle de leur mariage, apparaître à tous ces gens et disparaître de mon quotidien. Définitivement?
Vous parler d’elle, c’est vous parler de moi, d’une tranche de ma jeunesse baignée de lumière, de solitude et d’insouciance. Vous parler d’elle, c’est vous parler d’un regard qui flamboie, d’une rencontre hors du temps, d’une amitié superbe qui s’étire, se déploie et quelquefois se froisse… Lentement, ses pas qui s’éloignent…
Mon ventre me brûle tout au long de la fête. Elle danse, rit, rayonne et tout en la contemplant assise sur ma chaise, mon ventre est une boule qui m’étouffe et me blesse. Pourquoi ?
Vais-je la perdre? ...


Aujourd'hui, il me semble que notre amitié s'est embellie, et qu'elle nous apporte force et courage. La vie n'a pas été toujours tendre, n'est ce pas? .... Mais toutes deux, nous brûlons d'un même bois. Nous sommes des personnes entières et passionnées. Ce que nous entreprenons, nous le faisons avec passion. Nous ne craignons, ni les sacrifices, ni les risques pris. 
Quand tu doutes, quand tu sens le manteau glacé de la tristesse te revêtir,  souviens-toi, de celles que nous avons été, de celles que nous sommes devenues et sois fière! 
Tu as du talent.
Continue.
Croque la vie! Encore et encore!
Et sache que je reste et resterai ton amie. 
Pour la vie.

Illustration: Francine Van Hove, Autre souvenir....

vendredi 6 février 2015

DEMAIN, UN MOIS



Et oui... Déjà.
Déjà?
Vraiment?
J'imagine que nous ne portons pas tous le même regard sur ces attentats du 7-8 Janvier....
Certains les banalisent
D'autres les oublient
Et puis, il y a ceux qui ne peuvent s'empêcher de les ressasser et s'y complaire.
Pendant que d'autres, les brandissent tel des armes de guerre...

Il m'arrive de passer un peu par tous ces états.
Parfois, j'oublie, ou je banalise, comme pour me rassurer...
C'est bon, ce sont des événements exceptionnels, qui ne se reproduiront plus...

Parfois, je ressasse l'horreur et la cruauté, la peur vécue, et je tremble intérieurement.
Je voudrais exhorter certains à se taire, quand je sens monter la haine et la colère autour de moi...

Finalement, je lutte en moi-même pour continuer d'espérer...
Oui.
Demain, je me souviendrais.
Je suis Charlie.

jeudi 5 février 2015

LA VACUITE DE L'IMMENSE


Est ce notre destin d'être vivant?
La vacuité de l'immense...
Fugace plongée de la vue
La pensée s’accommode mal des improvisations du regard...
Toujours s'impose l'évidence du chemin, sans jamais savoir où il chemine.
La quête de l'invisible destination se noie dans la sensation que toutes les destinations sont possibles.
Suis je seulement capable de voir?
Suis-je capable d'épouser la présence nue de ce qui est?
L'absence n'est pas le rien, elle est effacement...
Par le seul fait d'être là, je suis confrontée à mon insoluble énigme.
Comme si la pensée était au tourment d'elle-même...
Je crois que ma pensée s'égare par ce chemin qui mène en tous lieux.
Oui, je m'égare dans ces promesses qui paraissent d'autant plus fortes qu'elles ne sont pas certitudes...
Accepter ce qui n'est de la vie, que la vie.
Renoncer aux mystères désirés, à cette distance rassurante.
Choisir de ne pas choisir...
Au delà de l'horizon de mes phrases, chaque mot est un imprévisible voyage
Tout peut advenir de ce qui n'est pas écrit
Dans cette immensité veinée de possibilités
Au grès de rencontres éphémères
L'âme s'avance là, où s'abolissent les repères ...
Seule.

Illustration: Edward Hopper, étude pour "Solitude", 1944

mercredi 4 février 2015

CE QUI A CHANGE ...



Il y a encore quelques temps, lorsque j'étais fatiguée et que les rituels du coucher me semblaient interminables, je regardais l'heure et je me répétais: " Allez! Encore 2 h grand max et ensuite, ils seront au lit et tu pourras enfin souffler!"
Du coup, je pressais mes enfants, et je ne pensais qu'à ce moment où je refermerais la porte de leur chambre et où je pourrais enfin commencer à me détendre. Ensuite, je savais, que j'aurais besoin d'une heure ou deux de calme pour faire baisser ma tension interne et pouvoir moi aussi me coucher sereinement.

Oui. ça c'était avant.
Je subissais les heures difficiles précédant le dodo, avec son lot de cris et de larmes en rêvant intérieurement au silence qui suivrait . Et souvent, je me retrouvais le soir, épuisée et tendue.

Qu'est ce qui a changé?

Mes enfants continuent de manifester leur fatigue de manière bruyante et ont encore ce besoin de se décharger émotionnellement sur une figure d'attachement( moi en l'occurrence) qui sera recevoir leur agressivité, leur violence et continuer à les aimer.

Mais maintenant, quand je me surprends à regarder l'heure et à soupirer, une sonnette d'alarme s'allume en moi.
" Tu regardes l'heure. Parce que tu es fatiguée. Et eux aussi sont fatiguées. Tu sais que ça va être difficile, mais ce sont tes moments avec eux. Là. Maintenant. Et si tu veux créer de bons souvenirs de ces instants passés avec eux, il ne faut pas penser ainsi, ma belle. Cesse de penser à ce qui va arriver après. Sois présente à ce qui se passe. Tu penses que c'est dur, parce qu'ils t'épuisent... Mais regarde! Regarde-les vraiment et profite! " 
Je m'arrête dans ma tâche et je les regarde.
Mieux, je m'ouvre à ce qu'ils sont à cet instant: je vois leurs expressions de fatigue, j'entends leurs cris d'excitation. J'enregistre tout cela, et aussi d'autres choses: leurs mèches folles, leurs yeux brillants et lumineux, leur membres si petits, si fins, leur agilité et leur grâce en mouvement. Et là, une vague d'amour me submerge invariablement. Ils sont magnifiques! Cette vie qui les habite, si intense, quelle chance! Quelle chance...

Voilà ce qui a changé.
Mon regard. mes pensées. Mes émotions.
Les heures précédant le dodo, restent des heures difficiles, mais elles sont également des heures gorgées de lumière qui me mettent en joie.
Et à partir du moment où mon état d'esprit change, et bien, je vis la situation différemment. Je la vis plus facilement, parce que je la savoure.
Maintenant, je peux le dire. J'aime ces moments dits "difficiles"
Ils m'offrent la possibilité de changer.
Ils me permettent d'ouvrir ma conscience quand celle-ci, spontanément va se focaliser sur ce qui ne va pas.
Et une fois, la porte de la chambre de mes enfants refermée, je ne me considère plus comme simplement fatiguée et tendue.
Je me considère comme fatiguée, tendue, heureuse et particulièrement chanceuse.

mardi 3 février 2015

EN CHEMIN...




Et si l'important, ce n'était pas la destination, mais le chemin lui-même?

Quand je regarde mon fils flâner dans le parc, je ne cesse de me questionner...
Comment en suis-je venue à ne voir que mon objectif, à savoir l'école de mes filles et à ne plus songer au chemin parcouru, à ces allées splendides du parc?
Je me rends compte que je marche pour aller vers.
Mon fils marche pour se mouvoir .
Il s'exerce, il monte, descend, s'assoit, se relève, glisse, court, s'arrête, ralentit, passe par un détour, s'accroupit, ramasse, lance, sautille.
Son expression s'ouvre telle une fenêtre émotionnelle en lien avec ce qu'il ressent.
Ses pensées ne sont ni dans l'avant, ni dans l'après. Elles sont dans l'instant présent. Elles se nourrissent de ce qu'il vit là . Ici et maintenant.
Il est entièrement concentré sur ce qu'il ressent dans son corps, sur ce que son corps lui apprend de lui.
Il est aussi absorbé par la découverte du monde, et par conséquent, son rythme dépend des petits riens qu'il rencontre sur son chemin: un caillou, une fleur, une pomme de pin, une marche, une flaque d'eau, le vol d'un oiseau...

Au début, je le pressais. "Dépêche-toi, nous allons être en retard!"
Mais maintenant, je pars plus tôt. Et je le laisse à son exploration. J'échange avec lui sur ce qu'il me ramène, j'attire son regard sur des détails, je lui fait toucher l'écorce de l'arbre, respirer la terre et caresser la pierre.
J'ai renoncé à mon propre rythme pour lui permettre de s'épanouir dans la marche.
Et il aime marcher.
Et j'aime ce temps que nous partageons ensemble, un peu en décallage du rythme urbain.
Qui nous connecte au merveilleux de l'ordinaire.
Un rythme lent qui transforme ce même chemin en un cheminement unique et extraordinaire.

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