'ELARGIR SA BIENVEILLANCE

RALENTIS RESPIRE TOLÈRE EN TOI ACCUEILLE APPRENDS

NOTRE VERRE A MOITIE PLEIN

Je discutais donc. De notre façon de voir le monde, et à quel point notre filtre de perception pouvait influencer notre quotidien

ETRE MERE

Je sais que parfois, il est difficile de se vivre comme une mère. De remplir volontiers ses fonctions maternantes, d'écoute, de soutien, d'accompagnement... Je sais.

LIEN MERE-ENFANT

Lorsque l’on devient mère pour la première fois, nous sommes si fragiles, si pleines d’illusions et d’ignorance...

ASSEZ!

Intolérance. Critiques déguisées. Jugements gratuits. Injures et véhémences. Fermeture d’esprit. Rigidité. Égoïsme. Lâcheté. Indifférence.

vendredi 30 janvier 2015

ELARGIR SA BIENVEILLANCE



Pluie. Neige. Pluie.
Soleil.
Et du silence, le chant des oiseaux s'éveille
Fluctuation de mes états d'âme aujourd'hui...
Puis, paix.


Ce que je me répète dans ma tête en ce moment?
Ce que je vous écris depuis quelques temps :)

RALENTIS
RESPIRE
TOLÈRE EN TOI
ACCUEILLE
APPRENDS
Si c'est ce que tu dois vivre, et bien vis-le. 
Mais vis-le pleinement ! Intensément! 
Avec tes sens, avec ta conscience, avec ton coeur.
De petits pas, pour changer en douceur. Et en profondeur.



Ce que je travaille?
Et bien j'entraîne mon esprit à élargir ma bienveillance...

Toutes les personnes que je croise, que je rencontre, dans la rue, dans les transports, dans les magasins, dans le parc, ..., je m'efforce de prendre conscience de leur existence, de les voir, de les regarder, sans que mon regard ne leur pèse et j'accompagne mon regard d'un souhait bienveillant... Je leur souhaite mentalement du bien, du bonheur. Que je les connaisse ou non, j'essaie de  voir ces personnes qui m'entourent dans leur humanité, leur dignité et de ressentir de la bienveillance pour eux. 
Le tout est d'y penser. 

Et peu à peu, à force de me tourner vers l'extérieur, je commence à percevoir l'extraordinaire, là où je ne m'y attendais pas : dans notre ordinaire. Au creux de ce que nous ne regardons plus, à force de trop le voir. Oui, notre ordinaire.

Elargir sa bienveillance, on pourrait croire à une vision rose bonbon de la réalité.
Pour moi, il s'agit d'un véritable engagement, une prise de position fondamentalement aimante de la Vie.
Il est plus facile d'aimer un coucher de soleil sur une plage déserte, que d'aimer un bus rempli de personnes en plein centre ville.
Et pourtant, dans ce bus, j'échangerai un regard fraternel, un sourire d'amusement, quelques mots de remerciement, et un instant de complicité.


Voilà ce que je découvre: entrainer mon esprit à élargir ma bienveillance, m'ouvre le coeur.
Et plus mon coeur s'ouvre, plus je me sens heureuse.

C'est tout ce que je sais faire. Recueillir ces petites perles dans l'ordinaire.

jeudi 29 janvier 2015

JUSTE, PARFOIS....



J'aimerais...
Juste, parfois...
Franchir ces barrières érigées
Et déposer ces élans d'âme qui me poussent vers...quoi?
Je m'approcherais doucement du doute...
Et de mes paumes froides, je caresserais ces illusions, ces peurs cachées
Un léger frémissement, et les voici qui s'envolent...

Oui, j'aimerais...
Juste, parfois?
Te faire encore plus de place dans ma voix.

Illustration: Emmet Gowin

mercredi 28 janvier 2015

PAROLE D'ENFANT


Mon aînée ( 5 ans) dans la voiture. Mon mari au volant.

 - Tu sais maman, quand je serais grande, j'irai au bal!

Avec mon mari on s'est regardé amusés... 
Est ce le moment de lui apprendre que les bals sont devenus rares maintenant? 
J'ai préféré la laisser rêver encore un peu... 

- Je te le souhaite ma chérie. 
- Oui, mais il faudra que tu me donnes une de tes robes...
J'ai ri attendrie.
- Je t'en offrirais une neuve, ce sera mieux quand même...

Elle acquiesce satisfaite et réfléchit un moment. 
Puis elle reprend:

- Et mon prince,et bien il m'emmènera au restaurant!
- Oh. Oui, sans doute.
Et mon mari de grommeler
- Il aura intérêt...
- Oui mais papa... Il faudra que tu lui prêtes ta voiture...

On a ouvert de grands yeux. 
Et mon mari de s'exclamer, mi-figue mi-raisin:

- Je rêve où notre fille est déjà en train de négocier la voiture pour ses sorties!!

Qu'est ce que j'ai ri !!!

Illustration: Jack Vettriano, The Singing Butler

mardi 27 janvier 2015

ENVOL


S'émerveiller est une nécessité pour notre âme
Il ne s'agit pas seulement de poser un regard sur l'ordinaire
Mais bien de s'abandonner à lui
De se laisser émouvoir..
D'un rien
Jour après jour
Laisser le merveilleux nous habiter...
Et nous changer peu à peu
Nous modeler sans en avoir l'air
A ne plus voir le monde sans éprouver ce kaléidoscope émotionnel
A ne plus se voir autrement qu'un miracle de vie et de possibilité
A ne plus nier ce lien qui nous relie à l'infini
N'est ce pas finalement notre plus belle ressource ?
Nos ailes


Illustration: Edouard Boubat, Cerisiers Japonais 1983

lundi 26 janvier 2015

ÊTRE MERE



Je sais que parfois, il est difficile de se vivre comme une mère.
De remplir volontiers ses fonctions maternantes, d'écoute, de soutien, d'accompagnement
Je sais.
Je sais que pour certaines femmes, ce n'est pas évident d'emblée, qu'elles tâtonnent, reculent, ont envie de fuir...
C'est trop fort, trop dévorant, trop angoissant
Je sais.

Je sais que souvent, on se questionne sur nos gestes, nos paroles, nos actes de maman
Parce qu'il y a cette image idéalisée de la bonne mère que l'on voudrait être
Et la mère que l'on est en réalité.
Parce qu'il y a cette mère que l'on essaie d'être
Et celle qui nous est renvoyé par certaines critiques de nos enfants, nos parents, notre conjoint.
Oui, je sais...

A quel point c'est tyrannisant, chronophage, et explosif émotionnellement
A quel point c'est une souffrance débordante d'amour...
Et bien sûr, tout cela est normal...
Les nuits hachées, les crises de larmes, les tâches ingrates que personne ne remarque, les répétitions inlassables des règles, les limites à maintenir , l'attention constamment en vigilance, l'angoisse si intense, si ravageante dès que le wagon déraille....
Et nous nous étonnons d'être épuisées??? Vidées? Esseulées? De fondre en larmes ou d'aboyer dès que l'extérieur se permet une remarque??
Je sais.

C'est un rôle tellement important à vivre, à assumer.
Et pourtant, nous démarrons souvent avec si peu de bagages...
Je sais ces temps de doute, de deuil, d'abattement.
Comme la nostalgie d'une époque insouciante de rêveries et d'idéaux peut soudain vous saisir à la gorge et vous donner l'envie d'abandonner... 
Comme je le sais...

On se vit mère avec nos enfants. Souvent,en leur absence, on parle encore d'eux!. Et en dehors d'eux, on ne se voit plus tant ...

C'est cela, être mère.
C'est aimer à n'en plus finir.

Courage! Vous, maman.
On ne le dit pas assez, mais, oui, être mère c'est terrifiant.
Et si parfois, c'est trop.
Et bien, oui, sortez! Allez respirer, vous aérer.

Vous avez le droit de vous retrouver.
En dehors de vos enfants.



Illustration: Albert Anker, Jeune mère regardant son enfant endormi

vendredi 23 janvier 2015

COMMENT ON PEUT AUSSI GERER UNE CRISE ...



Hier soir, grosse fatigue générale.
C'est souvent dans ces moments que les émotions dîtes "négatives" explosent...
Et ça n'a pas loupé...

Je venais de terminer une activité de collage avec mon aînée de 5 ans et je voulais consacrer un peu de temps à ma cadette de 4 ans. Lui faire écrire quelques lignes avec son nouvel adaptateur de crayon pour l'aider à corriger sa prise de crayon maladroite.
Bien-sûr, j'étais fatiguée et stressée.
Je voyais l'heure tourner et devant l'état de fatigue manifeste de mes enfants, je comprenais que la priorité ce soir serait de les coucher tôt.
Mon fils de 23 mois se sentant délaissé, a commencé à embêter mon aînée qui a réagi violemment.
Et tout à coup, tout a basculé
Mon fils a commencé à crier.
Ma fille aînée s'est mise à hurler et pleurer
Ma fille cadette agacée et perturbée par ses frères et soeurs a renchéri dans les cris.

En une fraction de seconde, j'ai été noyée dans les hurlements de mes trois enfants en même temps...
Au secours! C'est trop!!
J'ai senti la colère monter en moi...
Respire Ameline! Respire...
J'ai senti les muscles de mon dos se contracter, comme si leurs cris m'agressaient physiquement...
J'ai pensé " Non! Ils ne peuvent pas me faire ça!"
Ma colère s'est amplifiée.
Mais au lieu d'y céder, j'ai pris le temps de la ressentir en moi." Tu es en colère."
Et je suis revenue à ma respiration. " calme..."  J'ai senti que je me décrispais sensiblement
Puis j'ai posé mon attention sur la scène face à moi.
" Ils hurlent. Ils ont besoin de toi pour reprendre la situation en main"
Ma colère n'était plus toute seule en moi. J'ai senti aussi ma compassion s'éveiller pour ce qu'ils exprimaient.
Alors je me suis servie de ce sentiment positif pour m'adresser calmement à mon aînée et lui demander de monter se calmer et se reposer dans sa chambre, parce que c'était trop de hurlements pour moi. Qu'elle était fatiguée et en colère, je le comprenais mais que je la savais capable de se lâcher et s'apaiser seule. Elle est montée en hurlant plus fort.
Puis, j'ai pris mon fils dans mes bras pour le câliner. Il a posé sa tête sur mon épaule et s'est calmé.
Je me suis penchée vers ma cadette pour l'inviter à poursuivre et elle a cessé de rouspéter pour reprendre son activité, contente que je m'occupe d'elle.
J'étais bien. Ma colère restait présente, mais moindre, et avec elle, je sentais aussi un sentiment de paix grandir.
Ensuite, nous sommes montés pour les bains et j'ai retrouvée mon aînée, calmée dans sa chambre. J'ai annoncé qu'il était l'heure de prendre le bain et là, elle s'est remise à pleurer, prétextant vouloir faire un dessin. Je lui ai rappelé que le temps des coloriages et dessins  était passé et que maintenant c'était le temps de se doucher. Mais j'ai compris qu'elle demandait sa part d'attention, de privilège que j'avais différé pour ses frères et soeurs. Alors je l'ai prise dans mes bras, et je lui ai proposé de la doucher en première rapidement, ainsi, pendant que je m'occuperais de ses frères et soeurs, elle pourrait descendre faire son dessin tranquillement. Elle a souri et s'est détendue.
Le reste de la soirée s'est déroulé dans le calme et la sérénité. Plus de heurt, ni de pleur, j'ai mis de la musique ( Rémi Guichard), nous avons chanté et dansé en mettant la table :))

Je vous raconte cette séquence de vie de mon ordinaire pour vous illustrer mon post d'hier.
La tolérance en soi, nécessite de différer son action pour se centrer sur son vécu intérieur. En prendre conscience et l'accueillir à l'instant présent. Et décoller de sa tension interne pour donner une place à des émotions positives qui vous aideront à pacifier vos réactions.
Consécutivement, vos enfants trouvent dans votre réponse ferme et bienveillante à leurs débordements, l'énergie positive pour se calmer et ainsi, vous sentez en vous le calme revenir totalement. Votre estime pour vous s'en trouve nourri et vous vous sentez satisfaite d'avoir réussi à gérer la situation sans répondre à la violence par la violence.

Ce n'est pas toujours aussi facilement géré à la maison, mais je prends conscience que tout le travail que j'effectue en moi, en pratiquant la méditation de Pleine Conscience, en travaillant à accueillir mes émotions, en me documentant sur la parentalité positive et l'éducation bienveillante commence à produire ses fruits.
Ce n'est pas magique. A force de travail, à force de motivation et de volonté, gérer les crises de mes enfants dans la bienveillance devient possible.
Mon cheminement intérieur, nourri de mes lectures et de belles rencontres, s'ouvre en ce moment sur une paix intérieure très forte, qui me fait vous dire: Courage! Ne baissez pas les bras! Parce que oui, c'est possible et atteignable.
C'est à recommencer à chaque nouvelle situation difficile, c'est vrai...
Mais plus on pratique cette méthode, plus on l’intègre à son mode de fonctionnement, plus elle devient un véritable art de vivre et une façon d'être au monde gratifiante et source de bonheur.

Illustration: "Arbre de Vie"Gustave Klimt

jeudi 22 janvier 2015

RESOLUTION DE PROBLEME 2/



Il n'est pas donné à tout le monde de pouvoir tolérer la frustration.
De pouvoir tolérer l'incertitude.
Et pourtant, c'est cette intolérance en nous-même qui peut nous faire déborder émotionnellement, dans nos actes et nos paroles.
Et ensuite?
Si certaines personnes tolèrent leurs débordements vers l'extérieur, ( "tant pis! C'est comme ça, j'ai dit ce que j'avais à dire et puis voilà. Au moins je me sens mieux")
Qu'en est-il pour ceux qui les reçoivent? ( "il s'est défoulé sur moi". "Je me suis fait agressé". "Je m'en suis pris plein la figure".)

Les débordements émotionnels desservent le contenu du message.
Et même si vous aviez "raison", la manière d'exprimer son message influent inévitablement sur son contenu.
La même phrase dite avec calme, voire avec humour, ne sera pas perçue de la même manière que si elle est dite avec colère, agressivité, ou ennui.
Combien de fois, ai -je sentie la moutarde me monter au nez en lisant dans les manuels d'éducation, qu'il fallait donner ses instructions aux enfants d'une voix calme et posée, qu'il ne fallait pas crier, mais répéter calmement l'interdit.
Sauf que dans la "vraie" vie, on crie, on gronde, on menace, on rouspète.
Pourquoi?
Et bien parce que nous sommes des êtres humains, tout simplement.
Fatigués, stressés, en colère, débordés, apeurés...
Et aussi parce que nous avons investi affectivement nos enfants, ce qui concrètement veut dire qu'émotionnellement, tout sera plus fort, plus intense, avec eux et donc davantage sujet aux débordements.

Et bien, certes, vous avez crié.
Mais ce qu'il faut comprendre ensuite, c'est que votre message, ( celui que vous avez crié), à cause de toute cette explosion émotionnelle, contrairement à ce qu'on pourrait croire, n'a pas été entendu. La forme a pris trop de place et a avalé le contenu du message. Il ne vous reste plus qu'à recommencer. Calmement cette fois. ( On y revient...) En espérant que la personne en face, accepte de vous écouter, après tout ce que vous lui avez transmis d'émotions négatives...
Finalement, les manuels d'éducations posent des hypothèses fondées..
Est ce que ça en valait vraiment la peine de tout exprimer en vrac, de projeter hors de soi tout ce trop plein émotionnel?
N'est ce pas ce que font nos enfants quand ils pleurent, qu'ils crient, qu'ils hurlent?
Puisque nous cherchons tant à supprimer ce genre de manifestations chez eux, n'est il pas logique de commencer par effectuer ce travail en nous-même?
Soit nous apprenons à tolérer leurs crises, comme nous tolérons les nôtres, soit nous apprenons à modifier notre rapport aux  soucis, et autres émotions désagréables.

Voilà pourquoi, il est important face à un problème, un souci, une angoisse, de RALENTIR.
De se donner les moyens  de canaliser ses émotions.
"C'est frustrant et il est compréhensible que je sois en colère à ce sujet. Mais ce n'est pas la fin du monde et se mettre en colère n'y changera rien".
La LOGIQUE bat la COLERE
L'objectif est de changer la façon dont je laisse les événements me toucher.
ETRE TOUCHE est nécessaire. Cela montre notre capacité à être réceptif à ce qui nous entoure.
Maintenant, ce qui se passe en moi à ce moment-là, je dois apprendre à l'écouter, à l'accueillir et à le tolérer en moi.
Pour cela, je ralentis.
Je m'aide de mon corps, de ma respiration pour faire de la place à mes émotions dans mon être, en prendre conscience et les nommer.
Je m'aide en cherchant d'autres points de vue de la situation afin de décoller de ma vision première
Je m'aide de pensées et d'émotions positives pour m'encourager
Puis, je réfléchis.
Parfois, à cause du blocage émotionnel, des ruminations, nous ne voyons plus vraiment le problème.

Oui, ce problème, quel est il?


mercredi 21 janvier 2015

CÂLINS




Qu'est ce qu'un câlin?

Une chose sans importance? 
Qui ne vaut pas cette journée? 
Imaginez....

Ce sont des bras chauds et doux qui vous entourent...
C'est un souffle léger qui vous caresse l'oreille
C'est un cœur qui bat, qui bat... Tout près du vôtre. 
Tant de tendresse dans ce silence partagé...
Et une promesse se glisse dans votre âme peu à peu...
Je t'aime. 
Tu es un être si précieux. 
Ma lumière est pour toi
Ta lumière est pour moi
Vois notre humanité qui s'abandonne
A tout simplement s'aimer. 
S'aimer ...

Aujourd'hui, c'est la journée internationale des câlins...
Pourquoi ne pas vous y abandonner ? ;)


mardi 20 janvier 2015

RESOLUTION DE PROBLEME 1/






Nous avons tous tendance à nous focaliser sur ce qui ne va pas.

Sur ce qui nous gêne, nous dérange, nous stresse...
Parce que spontanément, nous concentrons notre énergie dans la résolution du problème afin de faire baisser notre tension interne.
Bien évidemment, il faut le faire.
Le problème est que nous le faisons tout de suite.
Nous nous précipitons sur nos problèmes.
Au lieu de prendre du recul, nous nous emballons...
Et pourquoi?
Parce que nous ne supportons pas cette tension interne, cette angoisse ou cette frustration...
Et puis, n'est ce pas ce que nous avons toujours appris?

Maintenant, imaginez que cette tension interne, vous appreniez à la supporter...
Comment?
Et bien, peut-être, en prenant un peu de distance par rapport à elle.

Tout d'abord en vous inquiétant de votre respiration. Est elle calme et profonde?
Prenez le temps de respirer... De fluidifier et de ressentir votre respiration.

Si vous avez appris à vous relaxer, faîtes-le
Si vous avez appris à méditer en pleine conscience, allez-y pour une séance.
Personnellement, marcher m'aide aussi à réguler ma respiration, et puis, je me laisse très facilement distraire par la beauté de la nature... ça allège beaucoup et ça ressource.

Quand vous vous sentez enfin connecté à votre respiration, revenez à ce qui vous tracasse. Il est temps de vous en éloigner un peu...

Imaginez que votre ami vive la même chose, comment réagirait il, lui?
Vous pouvez aussi vous imaginer vivre la même chose, il y a 10 ans, l'auriez-vous vécu de la même manière?

Voilà... Sentez-vous que vous commencez à prendre du recul?

Il devient maintenant possible d'englober un peu la situation. Car une situation n'est jamais QUE "mauvaise", à vous maintenant de chercher ce qui s'y cache de "bien".
Vous ne trouvez pas?
Et bien, revenez à votre vie de manière générale et faîtes le tour de ce qui vous procure satisfaction, bonheur. ( votre santé, votre mariage, votre compte en banque, vos enfants, vos amis, vos prochaines vacances, ...)
Ramener à votre conscience vos autres domaines où "ça va bien", va vous aider à relativiser.

Vous avez fait le tour? C'est déjà un peu mieux?

Et vous? Oui, vous en tant que personne? Sentez-vous tout ce que vous êtes de bien?
De gentillesse, de calme, de tolérance, de douceur, d'altruisme, de générosité, d'écoute, ...
Au lieu de vous insulter et vous faire des reproches intérieurement, et si vous rameniez à vous vos qualités? Sentez-vous cette force, cette lumière qui vous est propre?

Prenez ce temps de vous valoriser intérieurement. Ecrivez les mots si besoin. Revoyez-vous serrant untel dans vos bras, aidant untel, souriant à tel autre...

Maintenant, retournez à ce qui ne va pas, armé de vos qualités, de vos capacités, et de vos bonheurs.
Recherchez à nouveau ce que vous pouvez tirer de "bien" de la situation.
Si vous les trouvez, vous sentirez que vous prenez encore davantage de recul.

Et plus vous prendrez de recul, plus vous offrirez une place en vous pour autre chose que cette tension interne.
Vous sentez-vous maintenant prêts?

Prêts à traiter le problème de manière positive, et globale?
Alors, rendez-vous au prochain post ;)
A très vite.

Illustration: "Le penseur" de Rodin

lundi 19 janvier 2015

REDEMPTION SONG


Les mots, reflets de l'âme?
Oui, sans doute.
Mais parfois, il me semble que les mots ne suffisent pas...
Tout comme il nous arrive d'utiliser des mots que l'on n'habite pas.
Et c'est vrai, je me lasse de voir les gens jouer avec des mots de lumière, jusqu'à les dénaturer, et une fois consommés, les oublier...

Il est un mot qui tourne dans ma tête depuis quelques jours.
Un mot que je n'utilise pas dans mon quotidien pourtant,
Mais qui grandit en moi sans que je le comprenne vraiment je crois...

REDEMPTION

Comme il est lourd ce mot... Il porte trop d'espoir et de voix.
Celles de tous ceux qui attendent une délivrance de l'oppression,
Celles de tous ceux qui souhaitent un changement dans le coeur des hommes

Et puis...
J'ai entendu cette chanson magnifique de Bob Marley.
Et tout à coup, le poids de ce mot s'est allégé.
Tout à coup, ce mot a pris un sens pour moi
Magnifique et poignant.
Un mot pour un chant
Je le dédie à mon amie musulmane qu'elle sache que oui, nous ne sommes qu'Un et que les souffrances de ses frères, sont mes souffrances.
Ne soyons plus esclaves de nos idées.

             

 REDEMPTION SONG

Old pirates yes they rob I
Sold I to the merchant ships
Minutes after they took I from the bottom-less pit
But my hand was made strong
By the hand of the almighty
We forward in this generation triumphantly
Won't you help to sing these songs of freedom
Cause all I ever had redemption songs, redemption songs

Emancipate yourself from the mental slavery
None but ourselves can free our minds
Have no fear for atomic energy
Cause none a them can stop the time
How long shall they kill our prophets
While we stand aside and look
Some say it's just a part of it
We've got to fulfill the book
Won't you help to sing these songs of freedom
Cause all I ever had redemption songs, redemption songs

Emancipate yourselves from the mental slavery
None but ourselves can free our minds
Have no fear for atomic energy
Cause none a them can stop the time
How long shall they kill our prophets
While we stand aside and look
Yes some say it's just a part of it
We've got to fulfill the book
Won't you help to sing these songs of freedom
Cause all I ever had redemption songs
All I ever had, redemption songs
These songs of freedom, songs of freedom



(TRADUCTION)

Vieux pirates oui ils m'ont volés
Et vendus aux bateaux d'esclaves
Quelques minutes après qu'ils m'aient attrapé de la plus profonde fosse
Par la main du Tout-Puissant
Nous avançons dans cette génération triomphante
Ne voudrais tu pas m'aider à chanter ces chansons de liberté?
Parce que tout ce que j'ai c'est des chansons de rédemption
Des chansons de rédemption
Emancipez-vous de l'esclavage mental
Personne d'autres que nous-mêmes ne peut libérer nos esprits
N'ayons pas peur pour l'énergie atomique
Car personne ne peut arrêter le temps
Combien de temps encore tueront-ils nos prophètes?
Pendant que nous nous tenons à part et regardons
Certains disent que c'est juste un passage
Nous devons accomplir la prophétie
Ne voudrais tu pas m'aider à chanter ces chansons de liberté?
Parce que tout ce que j'ai c'est des chansons de rédemption
Des chansons de rédemption


Illustration: Photo du Sénégal, de lelenasweet

vendredi 16 janvier 2015

TOUT DOUX...


Qu'est ce donc que cette image? 
Juste une pub dans ma boîte aux lettres pour une crème antirides, avec comme slogan:

"Même  avec un enfant, attaquez chaque journée comme après une bonne nuit de sommeil. 
Vous avez pris soin de lui, maintenant prenez soin de vous."
J'adore!!!
Oui, c'est une incitation à la consommation.
Mais dans un esprit à mon sens, bienveillant et solidaire. 
Pour autant, je n'achèterai pas cette crème, mais lire leur accroche m'a fait sourire et je me suis tout à coup sentie moins seule avec mes petites fatigues de jeune maman...
Et puis, c'est un rappel de l'essentiel : 
Prenez soin de vos enfants,
Mais aussi de vous !
On se bichonne, on se fait du bien, on prend le temps de se recentrer sur son corps et ses sensations, en particulier quand l'esprit est préoccupé et inquiet. 
De la douceur. De la douceur...
Bon weekend chers lecteurs...
  

jeudi 15 janvier 2015

SEMER DES GRAINES DE PAIX


 Tout événement violent, qu’il soit ici ou ailleurs, devient pour moi un appel à semer des graines...
Des graines de paix
Dans ce monde si riche de nos différences.
Semer des graines. Semer des fleurs. Semer de quoi nourrir notre faim si dévorante d'amour. 
Apprendre à vivre-ensemble.
Apprendre à écouter aussi ce qui nous déplaît...
Apprendre à accepter qu'il existe des différences entre nous,
Apprendre à regarder l'autre dans son humanité.

Une Âme qui parle à une  Âme 

Que veut dire le mot paix?
Quand nous savons qu'inexorablement nous nous ferons du mal?... 
Que nous aurons beau nous aimer... 
La souffrance restera inévitable ?... 

La paix c'est baisser les armes et enfin voir ce qu'elles nous cachaient.

La paix, c'est admettre nos ressentis, notre douleur, lui donner une place et chercher par delà, nos possibilités de bonheur.

La paix c'est se mettre à l'écoute de la souffrance de l'autre et la reconnaître comme égale à la sienne. 

La paix clame la Vie avant tout! 
La Vie avec nos blessures, 
La Vie malgré nos injures. 
La Vie âpre et belle. 

Je pose ici ces mots
Comme une prière. 


Illustration: "Cathédrale" Auguste Rodin

mercredi 14 janvier 2015

VIVRE SIMPLEMENT...


Vivre simplement, c'est un peu vivre poétiquement
C'est choisir de se consumer au lieu de consommer
C'est s'émerveiller du vol d'une mouche, d'un ciel nuageux, d'un vent compositeur, 
Et passer sur ces robes, ces chaussures de luxe un simple regard appréciateur
Il ne s'agit plus d'être en vie, mais bien d'être vivant.
C'est chaque instant, embrasser la lucidité d'une perle d'eau 
C'est dans chaque atome de notre être, reconnaître ce prodige
C'est porter en soi l'expérience de l'adoration
Ne plus prendre.
Mais tendre vers...
Vivre simplement, c'est sentir des plumes grandir dans notre regard
Et dans ce cheminement tant de fraicheur dans notre âme...
Arrêtons de cumuler
Cessons de nous apitoyer
Revenons à cette ouverture de notre être
Pour tout simplement, vivre avec des ailes!

Illustration: Envol d'une hirondelle rustique...

mardi 13 janvier 2015

LE BÂTON DE PAROLE



Bâton de paroles, rappelle-moi
Le caractère sacré de chaque point de vue
Que la Parole puisse circuler dans le respect et faire lien entre les hommes...

Le bâton de parole est peut-être déjà un grand classique chez vous, mais, il me semble important, au vu des douloureux événements de ces derniers jours, de revenir sur cet outil de communication à mon sens fondamental à notre époque.

Le Bâton de la Parole, Qu'est ce que c'est? 
 
Voici la définition de Jacques Salomé dans son livre " Pour ne plus vivre sur la planète Taire"
"Il s’inspire des rituels amérindiens. Il signifie que celui qui le prend à quelque chose à dire et qu’il demande écoute, attention et respect. Il confirme que la personne ne sera pas interrompue. Il invite à préparer son intervention, à faire l’effort de conscientisation, de clarification. Il n’autorise pas à parler sur l’autre, il autorise seulement à parler de soi dans le registre du témoignage d’une idée, d’un ressenti, d’un fait, d’un sentiment, d’une croyance."
Origine du Bâton de Parole?
 
Selon WIKIPEDIA, le bâton de parole serait originaire des traditions nord-amérindiennes. C'était un outil servant à réguler la parole lors de conseils.
Plusieurs symboles y étaient associés, représentant tour à tour des aptitudes dont le porteur devait faire preuve pour être digne de prendre la parole.

  • Parler avec courage et sagesse : par la plume d’aigle
  • Se montrer doux et chaleureux : par la fourrure de lapin
  • Être en lien avec le Grand Esprit : par la pierre bleue
  • Avoir conscience de l’impermanence du monde : par le coquillage irisé
  • Être en lien avec les forces de l’univers : par les pierres aux quatre couleurs des éléments, les points cardinaux
  • Parler avec pouvoir et force : par les poils de grand bison 
 
Que permet le Bâton de Parole?

 Les règles sont très claires et essentielles pour que la parole puisse circuler librement:

Celui qui prend le Bâton de Parole a quelque chose à dire et il attend silence et écoute de la part de ceux vers qui il s'adresse 
 
Celui qui le demande en second accepte de parler de lui et non sur celui qui vient de parler
Il apprend ainsi à exprimer une demande plutôt que d'accuser ou mettre l'autre en cause. Il est d'ailleurs souvent observé que l'emploi de l'accusation et du reproche signifie la plupart du temps que l'on a précisément une demande ou une attente, mais qu'on ne sait pas la formuler autrement que dans l'attaque et la projection de ses émotions sur autrui...
Ainsi, le bâton de parole circule entre toutes les personnes réunies. 
 
Il est là pour montrer que chacun peut donner son point de vue, même s'il est différent de celui des autres et qu'il est d'accord pour ne pas l'imposer ou chercher à convaincre à tout prix. 
 
Ceux qui écoutent apprennent à se taire et à ne pas interrompre celui qui a la parole.
C’est une manière respectueuse de reconnaître la valeur de chaque interlocuteur. 
Chaque membre du groupe peut donc écouter attentivement ce qui est dit pour que lorsque son tour arrive, il ne répète pas de choses inutiles ou pose des questions qui ne seraient pas pertinentes.

Ainsi apprend-on à respecter le point de vue de l’autre.
Cela ne veut pas dire que l’on est toujours d’accord mais il en va de son honneur de permettre à chacun de donner son point de vue, considéré d’ailleurs comme sacré.

Le bâton en main, il n’est plus question de parler sur l’autre mais au contraire de revenir à soi et d’exprimer une idée, un ressenti, un fait, un sentiment, une croyance…

Le bâton passant de façon égalitaire entre toutes les mains de tous les participants, il offre la parole à chacun sans se l’accaparer.
De plus, le temps que le bâton revienne à nous, nous avons eu le temps nécessaire de mûrir ce que nous souhaitons dire.
Au lieu de nous exprimer de manière impulsive en réaction à ce que nous venons d’entendre, nous le faisons de manière posée. 
 Le bâton de parole devient alors « le régulateur de nos émotions ».

 Développer une capacité d’écoute véritable et inciter chacun à construire sa réflexion, voilà ce qu'apprend l'utilisation d'un bâton de parole, afin que la parole devienne un acte assumé qui permette de nourrir l’expression par l’écoute et l'écoute par l'expression.
Le bâton de parole est un symbole fort qui responsabilise la prise de parole, une parole qui pourra alors résonner plus sensiblement.
Si nous écoutons la sagesse et les enseignements des autres, nous élargissons notre compréhension et permettons de nouvelles relations avec les autres, dans le respect, la tolérance et la bienveillance. 
 
  Mode de Fonctionnement du Bâton de Parole ?

1) Celui qui souhaite parler et être entendu par les autres, prend le bâton de parole.

2) Les autres s’engagent à écouter la personne qui détient le bâton de parole sans l’interrompre et sans la juger.

3) La personne qui détient le bâton de parole parle d’elle en utilisant au maximum le « je ». Elle est invitée à témoigner d’elle et à ne pas parler sur l’autre.

4) La personne qui détient le bâton de parole s’engage à aller à l’essentiel afin de ne pas monopoliser la parole.

5) Quand une personne a fini de parler, elle repose le bâton de parole au milieu de la table.

6) Toutes les personnes réunies prennent chacune leur tour le Bâton de Parole, que ce soit pour parler ou pour proposer un silence. 

7) Enfin, une autre force du Bâton de Parole, c'est la recherche de solutions à plusieurs. On commence à rechercher chacun des solutions possibles, des idées positives. Chacun propose, à tour de rôle, s'implique. Il s'agit de prendre conscience que chacun peut, sinon résoudre, au moins participer au dénouement d'un problème, le sien ou celui d'une autre personne. C'est un apprentissage du travail à plusieurs, de la coopération et également de la gestion de conflits par négociation et responsabilisation.

Le plus simple est de tester cet outil à la table familiale, avec vos enfants par exemple. 
Ils sont généralement très preneurs !
Adaptez le temps de parole et les sujets abordés à l'âge de vos enfants. C'est important que vos enfants profitent de la méthode, pour cela, tenez compte de leur maturité et de leurs capacités.

Ce peut être un rituel de reprise scolaire, de réunion de famille hebdomadaire, de mise au point de changement familiaux, de résolution de conflits, rivalités, chahuteries, mais aussi un moment de partage de bonnes nouvelles, d'instants de joies...

A travers cet outil, vous pourrez constater que les règles "ne pas interrompre l’autre quand il parle", " écouter l'avis de l'autre", " exprimer librement ses besoins, ses émotions, son vécu de la situation" et " ne pas agresser verbalement autrui" ont beaucoup plus de poids et sont mieux respectées avec l’aide visuelle du bâton de parole.
 
Si ça dérape, si les règles ne sont pas respectées, ne vous affolez pas! Il s'agit d'un apprentissage de toute une vie, imposez un temps de silence, de calme, avant d'énoncer à nouveau les règles du Bâton de Parole et reprenez soit tout de suite, soit un autre jour en fonction de la situation et de l'état émotionnel de vos enfants ( et des parents ;)

 Variantes :
  • On peut utiliser, en plus, un sablier si l’on veut que le temps de parole soit égal entre les participants.
  • On peut aussi utiliser en plus, ( avec des adolescents par exemple) une Plume de réponse. Celle-ci est tenue par la personne qui a le Bâton de Parole, jusqu'à ce qu'elle pose une question et la donne à la personne dont elle attend une réponse. A ce moment, la Plume de Réponse est donnée à la personne à qui est posée la question, afin que celle-ci puisse prendre à son tour la parole, mais seulement pour apporter une réponse à la question de celui qui a le Bâton de Parole
Essayez-le! Vraiment. Vous constaterez par vous-même à quel point cet outil améliore les relations familiales et aide vos enfants (et vous, parents !) à communiquer de manière constructive et positive.


Illustration: Bâton de Parole proposé sur le magnifique site: art de rien

lundi 12 janvier 2015

VIVE LES PANTALONS !!



Vous l'avez compris, j'élève mes enfants en tentant d'appliquer des bases éducatives issues de la psychologie positive. 
Je consacre beaucoup de temps et d'énergie à les encourager vers les "bons" comportements, plutôt qu'à réprimer les "mauvais", à leur inculquer des valeurs fortes, comme le partage, la générosité, le pardon, mais aussi l'autonomie, l'autodiscipline, et l'écoute ... 
Je leur apprends à savourer, à profiter de ce que la vie leur propose. 

Mais comme toute mère, je me pose des questions... 
Est ce vraiment les aider que leur créer cet environnement sécurisant, maternant,source de bonheur et de bien être? 
Face à tant de violence dans le monde, est ce que je ne devrais pas les "endurcir"?
 Est ce que je n'en fais pas des "bisounours", gorgés aux contes de fées? 
Comment vont-ils supporter les épreuves de la vie avec les armes que je leur fournis?

Et oui... Certains jours,... Je doute...
Mais la vie se charge de les éparpiller:)

En récupérant mon aînée dans sa classe de grande section cette après-midi, je la découvre avec un pantalon et des chaussures qui ne sont pas les siens. Elle m'annonce très calmement avoir fait "pipi" dans la classe et elle me tend son sac de linge sale.
En moi-même je suis catastrophée, mais je me contiens car de son côté, elle semble sereine. Je suis très étonnée. Mon aînée est une enfant émotive et sensible. Son maître m'explique le petit "accident" sans en faire toute une histoire. Je demande à ma fille si elle a osé demander à aller aux toilettes, la connaissant, je me doute que le problème se situe au niveau de sa timidité et de sa grande sensibilité. Et effectivement, son maître est nouveau, elle ne le connaît que depuis une semaine et elle n'a pas osé... Sur ce point, il reste encore du travail, mais, elle affiche une attitude posée que je ne peux m'empêcher d'admirer.
Sur le chemin du retour, je reviens sur l'incident afin de sonder son ressenti.
Elle m'apprend que c'est arrivé dans la salle de classe devant tout le monde.
-Je n'ai pas pu retenir...
- Et tu as pleuré?
- Non
- Qu'est ce que tu as ressenti?
- Ben, c'était pas grave
- De la honte? 
- Non.
- De l'embarras peut-être?
- Un peu, mais j'ai réparé ma bêtise avec Patrick ( le maître)
- C'est bien. Il est gentil, alors Patrick?
- Oui.
Silence. Je réfléchis. Ma fille n'a pas pleuré, ne l'a pas vécu comme une catastrophe. Elle a su relativiser et gérer ses émotions à ce moment là.
Je n'ose la questionner davantage. Mais elle reprend:
- Les autres se sont moqués
- Ah. Qu'est ce qu'ils ont dit?
- Que j'étais bête et moche.
- Bête?
- Oui, bête.
- Ne t'inquiète pas, ma chérie, avoir un petit accident de pipi, ce n'est pas être bête, ça arrive, ça peut leur arriver aussi aux copains. Et puis, justement, ton maître me faisait des compliments sur ton travail.
- Oui. Je sais.... Et les copines ont dit que j'étais jolie avec le pantalon. C'est bien les pantalons en fait et les crocs. Je peux les garder à la maison, maman?
Et elle continue de s'extasier sur sa tenue de rechange prêtée par l'école. Elle qui ne veut porter que des robes et des jupes, se trouve à l'aise et jolie en pantalon...

Je suis abasourdie. Voilà ce que ma fille va retenir de ce moment pénible: les bienfaits de porter un pantalon!

 Non seulement, elle a su, ne pas se démonter et supporter vaillamment les moqueries de ses camarades, mais en plus elle s'est focalisée sur les aspects positifs de son aventure!  ( l'attention et la gentillesse du maître, les habits nouveaux et différents, les compliments et le soutien des copines).
Je suis tellement fière d'elle!

Quel doute puis-je avoir ce soir?
L'éducation positive, l'amour et l'attention au quotidien, à mon sens, fortifient et apportent à nos enfants les outils pour, non pas ne pas souffrir, car je pense qu'elle a souffert, mais pour ne pas s'arrêter à cette douleur et saisir ce qui peut être saisi de bon. 

Certainement que mes doutes resurgiront et mes enfants n'auront peut être pas toujours cette attitude positive face aux épreuves... 
Mais ce soir, je garde espoir. 
Ce soir, j'y crois. 
Ce soir, je suis heureuse. 
Et j'avais envie de le partager avec vous. 


Illustration: Dessin plein de couleurs et de joies de vivre de mon aînée et mon bonheur de le recevoir... Merci ma douce.

vendredi 9 janvier 2015

A NOS CRAYONS !



HIER

6h30: Réveil. Goût amer... Les événements de la veille, leur cruauté me fouettent la conscience. Ecrire...

8h00: Mes enfants partent pour l'école avec mon mari. Je vaque à mes occupations, mon fils dans mes jupes. Tristesse. Mais aujourd'hui, c'est aussi l'anniversaire d'une amie qui m'est très chère. Alors, oui, je pense à elle et, je ressens tant d'affection ... 

8h30: Appel de mon mari. Fusillade à Porte de Châtillon, il est passé en voiture à côté... Stressé, il me dit que ça recommence... La violence éclate. La mort par balle.

10h: Je poste mon billet sur mon blog, entre deux activités ménagères.Et je ne peux m'empêcher de me demander si ça en vaut la peine... S'il ne vaut pas mieux se taire, que réagir... Mais, c'est aussi pour moi un moyen d'enrayer l'avancée terrible de mon sentiment d'impuissance.

11h: Deuxième appel de mon mari. Affolé. Des coups de feu à Bagneux. Pour lui, c'est un peu comme si la menace se rapprochait... "Tu ne sors pas!", m'ordonne-t'il. "Pas aujourd'hui et tu prends le bus pour aller récupérer les enfants à l'école. Tu n'y vas pas à pied." Je le rassure. Je ferais ce qu'il me dit. Il a besoin de me savoir en sécurité. La peur est bien présente en nous. Je raccroche.
Sommes-nous en guerre??!

12h: Silence et recueillement.
Ils n'étaient pas riches. Ils n'étaient  même pas pratiquants. Ils ne faisaient que dessiner et écrire. Ils défendaient une démocratie laïque. Ils provoquaient certes, et alors...N'était ce pas à ce point poussé que ça en devenait drôle??
Je comprends que ce qui me touche, au delà de la cruauté de cet attentat, c'est le fait que ces terroristes nous aient attaqués dans ce que nous avons de plus précieux: nos droits. Si les Etats-Unis sont le symbole de la richesse, du pouvoir et de la réussite, La France, quant à elle, est le pays des Lumières, de la révolution, des droits de l'Homme. Or, des français, brillants, talentueux, des journalistes, des dessinateurs, des écrivains, des policiers ont été abattus au coeur de Paris,à cause de nos valeurs, de notre liberté d'expression...
Quel est ce monde dans lequel grandissent mes enfants??!

13h: Pluie. Pluie. Pluie...

16h: Sortie d'école. Le soleil pointe le bout de son nez. Je décide de rentrer avec mes enfants à pied. Par le parc. Tout est si calme. Si paisible. La nature scintille sous cette douce lumière dorée. Des pans de ciel bleu dans lequel mon regard se perd...
Ainsi, la vie continue..
La vie doit continuer.
Et avec elle, l'espoir...


AUJOURD'HUI

6h30: Réveil. Pas envie d'y repenser... Mais si.
Des éclats de violence se sont fichés dans notre mémoire collective...
Si nos mots sont devenus une menace, alors c'est que nos mots ont ce pouvoir de percuter.
Devons-nous les taire?
Par peur
Par lâcheté
Par fatalisme?

Ou les poser quelque part...
Montrer que nous pensons librement.
Montrer ce que nous pensons.
Parler. Dessiner. Ecrire.
Ce que nous contenons en nous de peur, de colère et de tristesse
Ce que nous contenons aussi d'amour, de tolérance et de bienveillance.



DEMAIN

.... Reste une page à écrire...
Ensemble.
Ensemble!

jeudi 8 janvier 2015

ARRETEZ LE MASSACRE !!!



.......HAINE......................VIOLENCE..................BARBARIE..................................
...
Et contre quoi??
Des mots?
Des dessins?
Des satires?
Que de douleurs...

Alors quoi?!
L'insolence serait un crime qu'il faut à tout prix punir ??

Certaines idées, parce qu'elles provoquent, choquent, devraient être éradiquées??

Il est tellement facile et lâche d'oublier les personnes, les individus derrière les mots et dans un acte de pure déshumanisation, de laisser éclater sa rage, à coups d'armes de guerre...

La liberté d'expression est un droit fondamental.
C'était un jour de brouillard épais...
C'était hier... Aujourd'hui...
Et peut-être demain...
Dès que l'on dérange, on veut nous faire taire...

Attaquer les personnes qui invitent à penser différemment
Les écraser.
Insuffler la terreur auprès de ceux qui, impuissantes, assistent au massacre
Les fragiliser.
Afin d'imposer ses valeurs, ses idées et ne plus rencontrer de résistance
Pour dominer.

Se taire, c'est laisser faire...
Ecrivez!
Ecrivons.
Ne nous laissons pas enfermer dans une seule manière de penser.
Avant tout
Pensons par nous-même
Soyons vrais
Effrontés, si besoin.
Maladroits ou insolents parfois
Dérangeons par nos différences
Retrouvons-nous par nos accords
Et surtout
Sentons-nous libres
De dire
Sentons-nous libres
De vivre!!

...JE SUIS CHARLIE......

mercredi 7 janvier 2015

BISOUS DE NOËL



Hier je rangeais les décorations de Noël, un peu triste, je l'avoue de constater que cette période de fête joyeuse et lumineuse s'achève à nouveau si vite...
Mais en même temps, je souriais car Noël nous a offert de beaux moments en famille.
Notamment, le rituel des petites fenêtres du calendrier de l'avent.
Au début du mois de Décembre, mes enfants trépignaient devant leur calendrier de l'avent pleins de chocolats. Et bien évidemment, j'usais et abusais de la promesse de cette récompense pour les faire participer aux tâches de la maison et les calmer dans leur excitation...
Mais petit à petit, au fil des jours, un autre calendrier de l'avent a gagné en importance, jusqu'à devenir LE calendrier préféré de mes enfants. 
Celui des cadeaux "bisous".
Chaque soir, avant de se coucher, chacun leur tour, ils piochaient un petit papier qui nous indiquait quel type de bisous nous allions mutuellement nous donner.
Que de fous rire nous avons eu !...
Et quelle merveilleuse idée que ce calendrier!
En voici quelques bisous, rien que pour le plaisir...

BISOUS GOMMETTE
Faire un bisou sur le bout de son doigt et le poser où on veut.

BISOU CRAYON
Avec le doigt, dessiner un coeur sur la joue de l'autre et faire un bisou au milieu.

BISOU LAPIN
Embrasser l'autre tout doucement derrière les oreilles

BISOU TROMPETTE
Embrasser l'autre sur le ventre en faisant "pouêt! pouêt!"

BISOU PRINCESSE
Avec la main, fermer les yeux de l'autre, et lui faire un baiser pour le réveiller

Essayez donc avec vos petits Lous, moments tendres, et fou rires garantis!!

Belle journée mes chers internautes !
Bisou FEE pour vous...
(Enfermer un bisou dans sa main, faire un voeu et souffler dessus en ouvrant la paume pour le faire se réaliser)


Illustration: Calendrier de l'Avent 2014. Merci POPI ! :))

mardi 6 janvier 2015

SE SENTIR PLUS BÊTE QUE BÊTE....






Vous est il déjà arrivé de vous sentir plus bête que bête?

Quand vous aviez cru quelque chose et qu'au final, vous vous êtes ( assez lamentablement je dois dire...) plantés...
Coup de tonnerre. Et vous voici foudroyés par la lucidité!
Passé les premiers instants de colère envers vous même et envers l'autre, vous finissez par admettre la réalité de votre erreur.

OK. Je me suis trompée.
Ce que je croyais, n'existait pas.
Et ce qui existait, je n'y croyais pas...
Et ensuite?

....

Que faire? Comment arranger les choses?
Comment se relever?

Est ce vraiment ce que tu veux?
Réfléchis... Pourquoi se presser? ...
Pourquoi ne pas rester un peu allongée...
Finalement?
C'est sûr, le ciel paraît plus loin ainsi...
Mais en même temps, c'est la meilleure position pour le contempler.

Se sentir plus bête que bête, c'est un sentiment que tu n'éprouves pas tous les jours...
Assez humiliant et déstabilisant.
On souhaiterait disparaître sous terre
Se recroqueviller dans un petit trou de souris
Et se faire oublier.

Se faire oublier... Ou... oublier?
Un peu les deux.
Raison de plus pour vivre pleinement cet état. Pour l'affronter.
Allongée par terre, terrassée par l'embarras, je lâche prise à mes pensées négatives...
Volez! Volez!
Envolez-vous...
Je ne conserve pas de rancune
Car si je regarde dans le ciel de mon coeur, voici ce que je vois:
J'ai aimé me tromper.
J'ai aimé croire l'homme meilleur qu'il n'est
J'ai aimé me croire plus intéressante que je ne suis
Alors, non...
Pas de regret de ce côté...
Seulement un ciel plus gris que bleu...

Ai-je été vraiment si bête?...
Ou idéaliste?

Illustration: Le ciel vu par les petites bêtes, comme moi .... ;)

lundi 5 janvier 2015

PAROLE POSITIVE


Ma cadette en me voyant me préparer pour sortir, l'autre jour:

- Oh! Maman... Comme tu es belle !!!!!

Moi, flattée:

- Ah Oui?

Elle, très sérieuse:

- Oui. On dirait une vieille dame!

:))

 Illustration: Sarah Kay Chic

vendredi 2 janvier 2015

CHUTE BRUTALE


Mais que se passe t'il? Que se passe t'il...
Quel est ce vent qui souffle sur mon histoire et me ramène à cette page?

Je sais que j'ai une leçon à en tirer.

Cet après-midi, j'étais au Monoprix avec mes enfants. Rien de très "fun"... Mais avant la rentrée, je préférais renouveler le matériel perdu, abîmé, cassé de la trousse de mon aînée.
Nous étions donc au premier étage du magasin,  en train de regarder les feutres,quand nous avons été tous saisis par des hurlements et des cris d'effroi. A tel point, que je me suis arrêtée net, pétrifiée. Aux cris qui ont suivi et aux appels à l'aide, j'ai compris qu'il venait de se produire un accident grave et que cela concernait un enfant.
Instinctivement, j'ai rassemblé mes enfants autours de moi.
"Restez près de moi, j'ai peur."
Et c'est vrai, j'avais des sueurs froides.

En fait, tout en moi, me poussait à y aller, mais je n'étais pas seule et je ne savais pas ce qui se passait exactement, alors on imagine le pire, bien évidemment... J'ai voulu détourner l'attention de mes enfants en allant avec eux au rayon "jouet", mais je croisais des gens blêmes, et mes enfants se posaient des questions, ils n'étaient pas rassurés, ne comprenaient pas...
J'ai hésité, encore quelques minutes, mais en apercevant un enfant de dix ans pleurer dans les bras de son grand-père, je me suis décidée et je me suis approchée de l'attroupement en haut des escaliers.

Un enfant de six, sept ans, venait de tomber, en chute libre, du balcon du premier étage et était étendu par terre au pied des escaliers... Sa mère à coté, criait, gémissait. Des gens entouraient l'enfant et des attroupements s'étaient formés en haut et à dix mètres, en bas de l'accident. Tous avaient la mine défaite, bien évidemment...
Pas de sang, pas de membres tordus, mais un enfant immobile, "sonné" et une mère hystérique.
Et une voix en moi me disait d'y aller, d'aider avec mes moyens. Alors, j'ai regardé mes filles qui étaient très calmes, impressionnées, et je leur ai ordonné de rester ici, de ne pas bouger du haut des escaliers, que j'allais descendre aider. J'ai pris mon fils dans les bras et je suis descendue parler à la mère, l'apaiser. J'ai fait mon boulot de psy, sans plus me poser de question, et mon fils n'a pas bronché, ni mes filles qui ne me quittaient pas des yeux. Je suis restée jusqu'à l'arrivée des pompier et en constatant que la mère se reprenait, je suis remontée récupérer mes filles et nous avons poursuivi nos courses.
Nous avons parlé ensemble de l'accident et en sortant nous sommes allés voir le camion des pompiers, la voiture de police, et nous avons attendu l'ambulance. Tout cela les a rassuré.
Il est toujours préférable de se confronter à la réalité que de la fuir, car c'est en la fuyant qu'on imagine les pires choses. Je le sais. Mais comme nous tous, j'ai encore un premier réflexe d'évitement.

Cet événement ne remet pas en cause ma décision de me réorienter, mais je sais maintenant que je suis et resterai une psy.
La page ne se tournera jamais complètement...
Mon métier est une vocation, une façon d'être, un regard sur le monde.
Je ne l'abandonnerai pas. Je le nourrirai. Différemment.
Et mon blog m'y aidera.
Vous m'y aiderez.

Maintenant, vent, s'il te plait, laisse-moi un peu en paix...
Et ce soir, mes pensées vont tout spécialement à cet enfant et à sa maman... 

Illustration: Le Bain,  détail,  Alfred Stevens, 1874, Paris, Musée d'Orsay



COUP DE THEÂTRE



Il y a quelques jours, mon mari est rentré avec une bonne nouvelle.
Il venait d'accepter de remplacer un collègue dans sa "garde" au théâtre. Certains théâtres pour avoir un médecin dans la salle à chaque représentation font appel à une association, l'avantage étant pour le médecin et son accompagnateur de profiter gratuitement d'une sortie au théâtre :)
Avec les trois loupiots et un rythme de vie assez chargé, nos sorties en "amoureux" sont plutôt rares.
Alors, vous imaginez ma joie...
Nous nous sommes donnés rendez-vous dans le quartier de la Gaîté à Paris et en l'attendant, j'ai eu la sensation de faire un retour en arrière, quand nous étions de jeunes étudiants et que mon mari me courtisait... Nous fréquentions le même quartier... Là, notre premier restaurant en tête à tête, là la petite place de notre baiser...
Rien que de me retrouver à cet endroit, à l'attendre, j'étais transportée, le coeur palpitant et le regard brillant.
Ce que nous allions voir?
Aucune idée, et aucune importance...
Je ne sais pas si vous avez déjà vécu ce genre de situation, mais c'est assez incroyable, cette saveur de l'inattendu.
Tout ce qui m'importait, c'était d'être avec mon mari. Et juste lui.
En arrivant au théâtre, nous découvrons une foule qui déjà attend. Je suis impressionnée. Et là, j'apprends qu'il ne s'agit pas d'une pièce de théâtre, mais d'un "One man show".
Une espèce de fascinateur, MESSMER...
D'ordinaire,ce genre de représentation, l'hypnose de spectacle, ne m'intéresse pas, je trouve ça "bidon" et ça m'agace.. Mais ce soir là, c'est différent: je suis une invitée et je suis avec mon mari, qui, une trousse des premiers secours à la main, prend son rôle au sérieux. Il est même un peu stressé. Il ne s'attendait pas à tant de monde, et donc à une probabilité augmentée d'avoir recours à ses soins...
Je ne sais pas si le nom de Messmer vous est familier, mais pour ma part, je n'en avais jamais entendu parlé.
En constatant l'état d'excitation et de fébrilité du public, j'ai senti ma curiosité s'éveiller.
Nous étions très bien placés, près de la scène, mais un peu en retrait.
Et le spectacle commença.
Images projetées, sons, lumières, tout est pensé et calculé pour mettre les gens en condition.
Et techniquement, Messmer est un maître. Il possède un charisme indéniable, et apparemment une réputation qui font la moitié du travail! Il est « le gars de la télé qui endort les gens pour leur faire faire un tas de trucs »… C’est un fait qu'il n'oublie pas de rappeler dès les premières minutes de son spectacle...
Tout d’abord, et c’est le principal : Il choisit des sujets très réceptifs, sinon ça n’aurait rien de spectaculaire. Il a fait un test sur toute la salle. Vous avez peut être déjà vu Messmer demander à quelqu’un de croiser les doigts et suggérer qu’ils sont collés... Faites ceci sur deux cents personnes prenez les trois sur lesquelles ça a vraiment bien fonctionné, et vous aurez de très bons sujets sur la scène... Il "vend" l'hypnose, comme une aventure extraordinaire à vivre, qui ressource, fait gagner des heures de sommeil... Il valorise les personnes suggestibles, en les qualifiant de particulièrement sensibles, réceptives, intéressantes, ....
Et à son invitation, j'ai vu les gens se lever et quasiment courir jusqu'à la scène!!
C'était hallucinant.
Ainsi, les personnes hypnotisées sont volontaires. Elles sont montées délibérément sur scène. Elles sont là aussi pour qu’on les voie et pour avoir leurs petits moments de gloire. Avec les encouragements et les félicitations de l’hypnotiseur.

Dans son show, les suggestions sont quasiment des ordres. On ne laisse pas vraiment au sujet le temps de réfléchir. Les suggestions s’enchaînent rapidement et il y a toujours un côté urgent, impératif. La personne, qui est volontaire (et veut aussi qu’il se passe quelque chose) ne souhaite pas « désobéir ». Elle est hypnotisée, elle le sait, mais une partie d’elle ne veut pas non plus que l’expérience échoue. Elle se sent donc « obligée » d’agir et on ne lui laisse pas le choix, d’ailleurs!

A la moindre résistance, la personne volontaire est rapidement "dégagée" de la scène.

Messmer contrôle parfaitement son spectacle et le moindre "imprévu" est géré d'une main de maître...
Techniquement, je n'ai rien à reprocher à ce spectacle.
Par contre, éthiquement... c'est une autre histoire...

J'ai ri, j'ai même beaucoup ri. Mais il s'agissait d'un rire nerveux, de contamination. Toute la salle riait. Nous étions fascinés, éberlués ..
Et en même temps que je riais, j'avais mal pour ces gens, mal de les voir se conduire de la sorte, parce qu'un homme en costume de banquier, avec une voix puissante, un être humain, le leur ordonnait...

Que font ces gens hypnotisés?

Ils tombent comme des mouches, sur scène, se retrouvent à gesticuler comme des vers de terre, à pousser des cris de bébé...
Messmer les entraînent dans des états  régressifs, libérant en eux leurs pulsions archaïques.
Il les expose au ridicule et au grotesque.
Parce que vous imaginez bien que ce qui nous a perturbé, fait écarquiller grand les yeux, ce ne sont pas des mises en scène gentillettes... Non.
Il s'agissait de mises en situation stressantes et jouissives. Il leur a suggéré des comportements agressifs, sexuels, désinhibés.. 
Mon mari n'en menait pas large, vu l'intensité émotionnelle sur scène et dans la salle... Et de mon côté, mes réflexes de psy s'étaient mis en état de vigilance.

Tout en admirant le savoir-faire de Messmer, je ressentais aussi de la colère vis à vis de lui.
Je n'arrivais pas à prendre simplement plaisir à ce que je voyais... Pour moi, l'hypnose était utilisée de façon comique,certes,  mais parfois aux frontières de l'humiliation...

Deux situations en particulier, m'ont particulièrement dérangées.

La première ce fut quand, dans une scène où il leur faisait vivre une fusillade en temps de guerre, il en choisit une qu'il décréta blessée à la jambe.Dans un premier temps, les autres ne réagirent pas. Il fallut que Messmer insiste : " Mais regardez! Elle est blessée, c'est grave!" Et là ils s'attroupèrent à genoux autours d'elle et une jeune femme se mit à crier, croyant vraiment que l'autre était blessée, elle se précipita catastrophée, en panique et commença à lui prodiguer les gestes d'urgence, disant être infirmière.
Nous n'étions plus dans un bon "trip", mais dans un "bad trip"...
Messmer est d'ailleurs immédiatement intervenu pour calmer la situation, faire reprendre conscience à la jeune infirmière et la faire débriefée à chaud. Là dessus, pas de problème, bons réflexes, attitude très "pro", mais il la questionna sur ses réactions émotionnelles habituelles devant un film, et lui fit comprendre que sa réaction de panique était de sa responsabilité, parce qu'elle était trop "sensible". Là, j'ai grincé des dents... Les autres ont ri, mais en moi-même j'ai insulté Messmer, car bon sang, c'était de SA responsabilité!!
La deuxième situation fut quand il joua à James Bond avec eux et qu'il leur tira dessus, pour les "endormir", puis, pour le dernier, le plus "réceptif "des dix sur scène, il lui donna le pistolet imaginaire et lui ordonna de le faire lui même et on le vit lever le pistolet, le pointer sur sa tempe, hésiter... Messmer intervint " Dépêches-toi, ils attendent!!", et il se "tira" dessus... Là, les gens ont beaucoup moins ri, on a senti un malaise général, et Messmer de nous "rassurer" en insistant sur le fait que le jeune homme savait malgré son état second, que c'était pour de "faux"...

La frontière entre le réel et l'imaginaire est tellement mince....

Est ce que c'était bidon?
Non... Malheureusement, je ne le pense pas... J'aimerais le croire mais des gens autours de nous, que l'on a vu arriver en famille, entre amis, discuter, échanger normalement, se sont retrouvés sur scène, puis, sur leur siège dans un état second... Des gens se sont endormis tout à coup, brutalement. Des enfants sont restés comme somnambules même à la fin du spectacle...
Et il fallait les voir toutes ces personnes, qui espéraient se faire hypnotiser, qui en redemandaient encore, totalement fascinés...
L'espèce humaine est une espèce si vulnérable... Si fragile... Si manipulable...
Nous devons faire attention.
Ne pas nous abandonner à l'admiration aveugle...
Nous sommes ressortis de ce spectacle, assez perturbés à vrai dire...
Le talent de Messmer est réel, mettre aussi rapidement des gens en état hypnotique est tout simplement prodigieux! Mais pour en faire quoi, finalement? Un spectacle? Lui apportant gloire et richesse?
....
Il pourrait soulager, soigner tellement de douleur...
A l'hôpital de mon mari, ils ont recours à une hypnotiseuse pour des interventions chirurgicales sans anesthésie et les patients en sont très reconnaissants.
Mon mari lui-même, pense suivre une formation pour utiliser l'hypnose lors de certains gestes médicaux qu'il pratique et qui sont douloureux pour ses patients...
L'hypnose pour soigner, soulager, apaiser, aider, OUI.
L'hypnose pour ridiculiser, faire rire aux dépend d'autres individus, s'enrichir et devenir célèbre, NON!!


Ce premier billet annonce des billets à venir un peu différents, dans lesquelles je m'autoriserais à donner une opinion personnelle, à réagir à chaud sur certains événements d'actualité.
Je me rends compte que je m'élargis de plus en plus dans mes réflexions.
Mais bien évidemment, je garderais en fil rouge mes billets "psy" sur les enfants, l'éducation et la parentalité au quotidien :)

Très belle année 2015 à vous tous ! 
A très vite chers lecteurs ...

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