'ELARGIR SA BIENVEILLANCE

RALENTIS RESPIRE TOLÈRE EN TOI ACCUEILLE APPRENDS

NOTRE VERRE A MOITIE PLEIN

Je discutais donc. De notre façon de voir le monde, et à quel point notre filtre de perception pouvait influencer notre quotidien

ETRE MERE

Je sais que parfois, il est difficile de se vivre comme une mère. De remplir volontiers ses fonctions maternantes, d'écoute, de soutien, d'accompagnement... Je sais.

LIEN MERE-ENFANT

Lorsque l’on devient mère pour la première fois, nous sommes si fragiles, si pleines d’illusions et d’ignorance...

ASSEZ!

Intolérance. Critiques déguisées. Jugements gratuits. Injures et véhémences. Fermeture d’esprit. Rigidité. Égoïsme. Lâcheté. Indifférence.

jeudi 25 septembre 2014

S'EMERVEILLER



Les enfants sont une source inépuisable d'apprentissage.

Il suffit de porter une attention sur ce qu'ils font et comment ils le font.
Nous apprenons alors ce qui compose l'essence même du bonheur.
Aussi précieux qu'une perle d'eau. 
A leur contact, nous nous émerveillons.

Fin de journée. Je suis allongée à plat ventre sur mon lit, en train de pianoter sur mon smartphone ( je sais... C'est pas bien. Pas bien du tout:)
Ma fille aînée se savonne dans son bain à côté. Ma fille cadette colorie son magazine dans sa chambre. Et mon fils, du haut de ses dix huit mois, joue avec son camion de pompier.
Ambiance calme et détendue, donc.
Tout en lisant sur mon smartphone, j'aperçois du coin de l'oeil mon fils s'approcher de la boîte des mouchoirs posée sur la table de chevet. Il en sort un et se mouche avec. Puis, je le sens, plutôt que je ne le vois, sortir de la chambre pour le jeter à la poubelle.
Quelques fractions de secondes et le voilà qui revient et recommence l'opération.
A la troisième fois, je relève la tête de mon écran et je l'observe plus attentivement. Je suis vaguement agacée et aussi curieuse de mieux saisir ce qui le fait revenir.
Il s'approche de la boîte des mouchoirs. Sérieux. Il s'arrête et tire consciencieusement sur un mouchoir pour le faire sortir. Ses gestes sont appliqués et je déchiffre son expression de concentration avec amusement. Il prend le mouchoir de ses deux petites mains et enfouit son nez dedans. Je l'entends qui souffle avec ses narines. Il frotte son nez, plusieurs fois et à chaque fois qu'il tourne sa tête de mon côté, je découvre, attendrie, son regard pétillant de plaisir. Puis, le mouchoir recroquevillé dans ses mains, il court le jeter à la poubelle de la salle de bain. Chacun de ses gestes est maîtrisé. Il habite l'instant présent dans l’émerveillement de ce geste devenu pour nous si banal : se moucher le nez.
Et c'est un émerveillement sans cesse renouvelé.
De le contempler dans son plaisir si évident pour ce que j'accomplis depuis quelques jours automatiquement, sans y penser, je me sens gagnée par une étrange émotion.
Mon fils est en train de me donner une leçon de pleine conscience.
Je dirais même qu'il est en train de me montrer à quoi tient notre capacité d'émerveillement. 
A notre joie dans nos gestes insignifiants.
Je suis submergée de gratitude envers lui. 
Et un brin nostalgique... Comment ferais-je pour continuer à apprendre quand ils auront grandi?

Ce que nous donnent nos enfants... Est sans prix.

Avant leur naissance, dès le matin, je me plongeais dans cet océan de grandes idées et de grandes théories. Je préférais travailler intellectuellement que faire le ménage ou le linge... Je préférais l'océan à ces ilots de terre dépourvus d’intérêt à mes yeux.

Depuis que je suis avec mes enfants, dès le matin, je me plonge dans les tâches obligées de la journée. Je marche volontairement de bout de terre en bout de terre et l'océan vient ensuite.

Mes enfants m'ont redonnée le sens des priorités dans ma vie.
Ma priorité ce sont les petits gestes insignifiants du quotidien.
Les grandes idées sont comme l'océan. Elles attirent et j'aime y plonger.
Mais, j'aime d'autant plus regagner ces ilots de terre ferme. 
C'est là que j'accomplis mes tâches ordinaires. 
Ce que j'appelle mes gestes d'amour.
Changer la couche, essuyer les saletés, cuisiner, ranger, habiller, coiffer, raccommoder, ...
Et quand vient le soir, et que je referme doucement, la porte de leur chambre, je suis certaine d'avoir passé une bonne journée. 
Parce que j'ai passé mon temps à aimer.

Merci mes chéris. Merci pour tout ce que vous m'apportez.

mercredi 24 septembre 2014

OU ALLER



Vous arrive t'il parfois de vous poser des questions sur vos priorités dans cette vie?
De porter un regard un peu éberlué sur le monde d'aujourd'hui?
Sortir la tête de ses tracas du quotidien et se demander: mais où est ce que je vais?

Où est ce que je vais?

A bien y regarder, c'est étrange, cette obsession que nous avons pour l'acquisition.
Acquérir une formation
Acquérir un métier, un poste
Acquérir de l'argent. De plus en plus d'argent.
Acquérir un terrain, une maison, un foyer, un conjoint, des enfants
Acquérir une maison de campagne, deux voitures, un animal
Acquérir de la reconnaissance, du grade, une vie sociale gratifiante
Acquérir...

Et voilà, notre existence qui coule toute seule, comme sur des rails.
Nous faisons le compte de nos acquisitions et nous sommes heureux.
Pour beaucoup, ces acquisitions représentent des signes de réussite.
Sans oublier les voyages, les sorties culturelles, tout ce qui peut remplir nos conversations de mondanités et d'auto satisfaction.

Mais finalement, à la fin, que reste t'il de tout cela?
De vagues souvenirs...
Quels sont les souvenirs qui vont vous réchauffer le coeur dans vos vieux jours?
Ceux qui touchent aux liens.

Alors, oui, où est ce que je vais?
Est ce toujours vers ces liens?

Méfions-nous de la représentation que nous avons parfois de notre vie, de notre vie dans ce monde.
Car elle peut nous éloigner de la vie réelle.
Parfois il est nécessaire de briser ces représentations qui nous emprisonnent dans une vision conventionnée et conventionnelle.

Faisons-nous toujours les bons choix de vie?
Le confort matériel est il  vraiment plus important aux yeux des enfants que la présence et l'attention de leurs parents?
Qu'apprenons nous à nos enfants, quand nous  pensons, parlons, et consacrons notre temps à acquérir et à consommer?
Est il toujours nécessaire de payer pour être heureux? 
Payer la glace, le cinéma, le parc d'attraction, le poney, le jouet...
Parfois, être juste bien ensemble, peut apporter bien plus de bonheur.
Une promenade, l'exploration de la nature, une histoire que l'on se raconte, un jeu de société en famille, ... 
Et attirer leur regard sur ces constantes manifestations du grand flux de vie autour de nous: le ventre de la maîtresse qui s'arrondit, la petite cousine qui marche à quatre pattes, la mésange qui chantonne, le papillon qui virevolte, l'arbre qui flamboie, les étoiles qui scintillent, leur corps qui grandit, ...
S'émerveiller. Tout simplement.

Ouvrez vos fenêtres intérieures.
Regardez vraiment.
Laissez-vous surprendre par ce que la vie peut apporter
Accueillez et nourrissez ces liens. 
Consacrez-y votre temps et votre énergie.
Car nos liens sont notre véritable richesse.




Illustration: Feuille d'automne, une véritable source d'émerveillement en cette saison :)

dimanche 21 septembre 2014

APPEL



Hier, Je marchais, seule. Ce n'est pas souvent. Le soir tombait doucement. Une belle journée prenait fin.
Je marchais et j'écoutais Loreena Mac Kenitt. Une musique qui vibre au plus profond de moi.
Et je repensais à ce livre que j'ai découvert dans ma petite librairie de quartier.
Ce livre dont le titre m'a agacée et oui... mise en colère.
"Les 10 commandements du bon sens éducatif" de Didier Pleux.
J'ai pris l'ouvage, l'ai retourné, ai lu le résumé, l'ai feuilleté...Et j'en ai voulu à l'auteur.
Les 10 commandements!?
Se prend-il pour Dieu cet homme??
Et cette photo... Puisque l'ouvrage est publié dans une collection que le psychiatre Christophe André dirige. Christophe André, celui qui rappelle à ses lecteurs l'importance du sourire... Pourquoi ne lui a t'il pas dit qu'il valait mieux sourire à l'objectif ? Et donc à ses lecteurs potentiels??
Je n'ai vu dans cet ouvrage qu'un discours verticale, de celui qui a un savoir. Je n'ai vu que des points d'exclamations, injonctifs " tu géreras tes émotions!", " tu ne surprotégeras pas!", ....

Comment peut-on parler de cette façon aux parents?!
.

Normalement, lorsque je ressens ce genre de colère, en général, je le prends comme un défi et je me force à acheter le bouquin et à le lire, histoire de faire céder mes préjugés.
Mais pas cette fois-ci.
Non.
Parce qu'en même temps que de la colère, j'ai ressenti une espèce de découragement qui m'a abattue sur le coup...
Infantiliser les parents, ce n'est pas à mon sens, le meilleur moyen de les aider...
Même si le fond est intéressant, la forme apparaît réductrice, caricaturale et humiliante...

Oui. Je me suis sentie découragée, parce qu'il est tellement difficile de trouver un bon auteur sur l'aide à la parentalité, parce que je les vois ces écrivains, dits spécialistes, qui ne cherchent qu'à énoncer des pseudo vérités, à les manipuler pour asseoir leurs noms.

Je marchais. Et chaque mouvement de mon corps se mettait au diapason de ma colère.
Il y a quelques temps, je n'aurais pas supporté cette émotion négative. J'aurais tout fait pour l'évacuer, pour la contrer. J'aurais agi à l'encontre de ce qu'elle exprimait.
Pas ce soir là.
Ce soir-là, j'ai laissé sa place à la colère dans mon coeur. Je l'ai écoutée.
Ce soir-là, j'ai décidée, que je l'aimais cette colère, qu'elle avait de la valeur pour moi, et toute sa place dans mon être.

Qu'il était temps.
Temps pour moi d'habiter mes paroles et d'agir selon mes valeurs.
Temps pour moi, puisque je n'étais pas satisfaite de ce que proposent ces auteurs de me retrousser les manches et de m'y coller.
Hier soir, tout en marchant, j'ai décidé de l'écrire enfin cet ouvrage.
Mais tout en m'imprégnant de cette idée, j'ai eu envie de vous intégrer à ce projet.
Vous.
Oui... Vous.
Vous mes amis, qui savez ce qu'il en est dans la réalité.
Vous qui réfléchissez dessus
Vous qui peut-être avez envie d'en dire quelque chose?

Cet ouvrage, je vais l'écrire.
Je me donne un an.
Je le souhaite non pas comme une transmission de savoir verticale, de professionelle qui sait. Car, je ne sais pas grand chose.... Mais comme une transmission horizontale, de parent à parent.
Et dans cette optique, le regard d'un père, d'une mère, d'une femme qui a décidé de ne pas enfanter, d'une femme qui s'est battue pour enfanter.
Tous ces regards uniques, divergents, m'apparaissent comme autant de point de vue intéressants et riches.
Réfléchissez-y, chacun!
Voici mon appel.
Mon appel à concrètement écrire et dire ce qu'il en est pour vous.
Mon appel
A déculpabiliser les parents
A responsabiliser les parents
A encourager les parents
A les aider. Tout simplement. En étant au plus proche d'eux.
Dans le concret et dans le quotidien.

La balle est dans votre camp.
:)


lundi 15 septembre 2014

HABITER SES PAROLES




Je ne sais pas très bien comment j'en suis venue à renoncer à vous parler d'Albert Einstein...
Peut-être, un jour, j'y reviendrai...
Il me semble que l'idée principale de mon billet était de travailler sur la notion d'habiter ses paroles. Einstein était pour moi le contre-exemple.

Habiter ses paroles.
Voilà mon cheminement intérieur de ces derniers temps...

Et puis, ce week-end, merveilleux.
Ces journées qui n'en finissent pas de resplendir.
Ces doux moments de partage, d'amour, de joie.

Et en fil rouge, ma crève.
Malade, fiévreuse, la gorge à vif, la voix qui s'essouffle.
Dans ces cas là, mon mari sort l'artillerie lourde: doliprane, cortisone, antibio, ...
Pas question que je m'affaiblisse de trop!
Et mes enfants me font sentir d'autant plus, à quel point ils ont besoin de moi.

Nuit blanche.
Frissons, suées.
Mon fils qui pleure et me réclame car il souffre de ses dents.
Je me lève, une fois, deux fois, cinq fois...
Il s'énerve, car il n'arrive pas à s'endormir.
Je m'énerve, car j'aimerai beaucoup m'endormir.

Finalement, il réussit à s'endormir et je demeure seule , moi et ma colère, que j'ai bridée, ( je n'allais pas lui crier dessus quand-même!)
Bon, j'ai mal partout, je respire difficilement, je me sens en colère, frustrée et épuisée.
Mauvais cocktail...

Habiter ses paroles.
Faire ce que l'on dit.
Agir en accord avec ses convictions.
Et ma conviction actuelle:
Pour corriger quoique ce soit dans le monde, il faut avant tout se corriger soi. Chercher en soi notre haine et l'extirper.

Je suis seule dans la nuit, et je souffre.
Mon corps est malade et je sens bien que je le lui reproche.
Alors, je m’assois et je me concentre sur ce que je ressens.
Je scanne mentalement chaque partie de mon corps, une par une.
Je m'attarde sur les régions douloureuses et je laisse de côté la représentation que je me fais de ma souffrance, pour n'être plus que ressenti. Sans à priori.. Je m'ouvre à la douleur.
J'ai l'impression qu'il faut que je réunisse chaque partie douloureuse de mon corps, que je les réintègre au tout.
A un moment, je sens bien mon corps se détendre, une espèce de bienveillance me submerge.
Je suis malade, c'est vrai,
Je suis fatiguée, c'est vrai.
Je m'émerveille de cette nuit, de ce silence, de la respiration de ceux que j'aime.
Je suis heureuse, c'est vrai.
Et la vie peut donner une place à tout ça.
Je m'apaise. Mon corps est bien. Je suis bien.
Et je m'endors.
Le lendemain, j'ai continué à avoir mal, et à aller bien.

C'est ça la vie.
Voilà ce que je voulais dire aujourd'hui.


Illustration: Fresque de J-M Folon, Vivre les mains ouvertes, est une position vulnérable... Mais si la paix recherchée passe par la souffrance des autres...Puisqu'ils ont mal... Ouvrez-leur votre espace...


lundi 8 septembre 2014

NOS QUALITES







C’est incroyable comme de petites remarques, qui paraissent anodines, peuvent vous trotter dans la tête...
Et vous faire réfléchir.

J’avais invité la meilleure amie de ma fille à venir jouer un après-midi à la maison.
La maman était aussi restée papoter de choses et d’autres, comme nous savons si bien le faire, entre femmes.
Les filles voulaient créer des petits lapins en papier. Elles sortent les feutres, les ciseaux et la colle. Je sors la nappe et la déploie sur la table.
Elles s’installent gaiement et bien-sûr, mon fils, qui ne veut pas être en reste, grimpe sur une chaise et se saisit d’un feutre pour gribouiller sur une feuille. Et accessoirement sur la nappe aussi.
Je le fais descendre.
Et la maman de la copine de s’exclamer : « Tu es folle aussi de leur mettre une aussi jolie nappe ! »
J’ai répondu, un vague « ce n’est pas grave, ça se lave », et nous avons embrayé sur autre chose.
Mais, sa remarque m’est restée, même après son départ.

C’est vrai que j’utilise indifféremment les beaux objets des plus communs…
Ce n’est pas que je ne reconnais pas leur grande valeur, non…
J’ai conscience de leur beauté, de leur prix, de leur délicatesse.
Mais, je ne supporte pas de les voir moisir dans un coin, rangés et oubliés, sous prétexte qu’ils sont trop beaux, trop précieux, trop fragiles pour être utilisés dans la vie courante.
Quelle existence pour ces objets dits de valeur ?… Nous les acquérons, nous les possédons et nous ne les utilisons pas…
Pourquoi ? Pour les protéger ?  Les garder intact ? Afin de les transmettre en héritage ?
Embellir sa vie, se traduit aussi, il me semble par l’utilisation de ce que nous possédons de beau.
Mes enfants mettent leurs plus beaux habits, tous les jours. Ce sont les joggings et les baskets qui sont utilisés le dimanche.
Je les encourage dans ce choix « Portez vos belles robes, utilisez les, faîtes les vivre sur vous ! 
Qu’importe qu’ensuite elles soient usées ou abimées. Elles auront bien vécu. »

Et de penser à ce que nous avons de beau sur nous m’a amenée à réfléchir 
Sur ce que nous avons de beau EN nous … 
A nos qualités.
Nos qualités sont belles, précieuses. Elles ont de la valeur.
Ne faisons-nous pas un peu pareil ?
Celles que nous possédons, ( et nous en possédons tous !), ne sont pas forcément utilisées tous les jours. Nous ne les exprimons pas toujours dans nos quotidiens. Comme si nous les réservions pour les grandes occasions, les occasions qui nous semblent en valoir la peine.
Et pourquoi ?
Par peur de les abîmer, par peur de les perdre ?…
Cette peur, encore et toujours qui nous paralyse dans nos actes…
Il ne suffit pas de parler de douceur, il faut l’être, doux, dans nos actes quotidiens
Il ne suffit pas de parler de tolérance, il faut l’être tolérant dans nos réactions.
Même sur ce qui nous parait insignifiant et inutile.
Même sur des points ordinaires.
Tous les jours.
Et c’est ainsi que nos enfants apprendrons de nous.

Plus nous nous ouvrirons, plus nous donnerons,
Plus le monde sera beau, d’une beauté, non plus rangée tout au fond de nous-même, mais bien utilisée dans nos petites existences ordinaires.
Nos petites existences si précieuses.
Changer le monde. Nous pouvons le faire.

Nous pouvons.

En changeant nous-même.
Pas à pas...

samedi 6 septembre 2014

LA VIE , QUE BIEN ?





Le dessert préféré de mes enfants, ce sont les fraises à la chantilly.

Pas les fraises toutes seules, non… Trop acide, piquant.

Pas la chantilly toute seule non plus ! Trop sucré, écœurant.

Ce qu’ils aiment, c’est le tout : le doux marié au piquant.

Un vrai bonheur sous leur petite langue.

Dès la première bouchée, ils sentent la fraise exploser en bouche tandis que la crème, légère et onctueuse, fond en même temps.

Un délice.



Alors, quand ma fille aînée, un jour m’a demandée de but en blanc :

« Pourquoi ce n’est pas que bien la vie, maman ? »



J’ai pensé à une belle coupe de fraises à la chantilly.



N’est ce pas un peu ça, la vie ?

Des fraises à la chantilly ?

Ce mélange détonnant de sucré et d’acidulé ?



Certains ont tendance à rechercher le bonheur dans la douceur de la chantilly.

Est-ce englober tous les aspects de la vie ?



Le plaisir et uniquement le plaisir, finit par lasser, amollir aussi, il me semble. Comme un trop plein de chantilly. A force, nous gonflons et nous ne faisons plus rien…



Le déplaisir, à petite dose, pique, titille mais, à grosse dose, il finit par devenir souffrance. Une souffrance qui nous fragilise, qui nous paralyse. Et nous ne pensons plus qu’à élaborer des stratégies pour l’éviter : Faire comme si la douleur n’existait pas ; La cacher au fond de nous, et tenter de l’étouffer ; Chercher à s’en débarrasser en la rejetant sur les autres.



Le « bien » dans la vie, c’est un peu comme la chantilly. C’est vrai, c’est bon. Mais c’est aussi addictif, et peu nutritif…

Le « pas bien » dans la vie, c’est un peu comme la fraise. C’est vrai, la fraise pique, on n’a pas envie de trop en manger… Mais elle stimule aussi et enrichit notre organisme.



Le fruit ne sert pas à rehausser la chantilly.

Car ce n’est pas la chantilly qui compte.

Ce qui compte

C’est le mélange des deux.

Ce lien entre des sensations différentes qui crée une saveur inouïe.



Le bonheur est une question d’équilibre entre fraises et chantilly

D’harmonisation entre les deux.

C’est sûr, c’est plus subtil, plus délicat.

Ça demande plus de travail.

Mais ça en vaut la peine.



Tout ce que nous arriverons à gagner d’équilibre dans notre vie, sera autant d’acquis pour nos enfants.

Car une belle coupe de fraises à la chantilly, 
ne peut être plus savoureuse, 
que lorsque nous la partageons.

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