'ELARGIR SA BIENVEILLANCE

RALENTIS RESPIRE TOLÈRE EN TOI ACCUEILLE APPRENDS

NOTRE VERRE A MOITIE PLEIN

Je discutais donc. De notre façon de voir le monde, et à quel point notre filtre de perception pouvait influencer notre quotidien

ETRE MERE

Je sais que parfois, il est difficile de se vivre comme une mère. De remplir volontiers ses fonctions maternantes, d'écoute, de soutien, d'accompagnement... Je sais.

LIEN MERE-ENFANT

Lorsque l’on devient mère pour la première fois, nous sommes si fragiles, si pleines d’illusions et d’ignorance...

ASSEZ!

Intolérance. Critiques déguisées. Jugements gratuits. Injures et véhémences. Fermeture d’esprit. Rigidité. Égoïsme. Lâcheté. Indifférence.

lundi 28 avril 2014

DES JOURNEES ENTIERES DANS LES ARBRES





Le bonheur tient à peu de choses finalement… A peu de choses.

Enfant, je passais mes journées dans les arbres. 
Non pas à "dénicher des nids d’oiseau", mais à rêver.
Je prenais de la hauteur.
Se détacher.
C’était si simple alors…
Mon corps d’enfant, souple et léger, s’accrochait, se lovait.
Et l’arbre m’accueillait.
J’y passais des heures.
Attachée à ses branchages.
Noyée dans son feuillage.
Oubliée des gens.
Douces heures…
Douceur.

En bas ma mère devant le petit écran…
Mes frères et sœurs me cherchant pour jouer…
Une échappée.
Mon esprit s’envolait tel un oiseau farouche. 

Qu’étais-je dans ces moments-là ?

Juste une petite fille suspendue dans les arbres.
Une vie en harmonie avec  la Vie tout autours.
Mais aussi une plénitude.
L’arbre m’invitait. Loin de la terre.
Je m’allongeais, peau contre écorce. Dans sa chaleur. Parce qu’un arbre, c’est chaud.
Longtemps je le contemplais. Détail après détail. Son tronc, ses branches, ses feuilles... Les petites bêtes qu’il nourrissait…
Ma respiration se faisait plus calme. Plus profonde. En moi entrait un parfum de terre. De mousse. De sève. Des arômes verts et sucrés.
Ses feuilles sur mon visage. Son écorce sous ma langue. Mon corps se détendait.
Jusqu’à vibrer avec lui.
La brise chaude d’été faisait bruisser ses feuilles et je bruissais avec lui.
Le vent léger secouait ses branches et j’oscillais avec lui.

Où étais-je dans ces moments là ? 

Je ne me souviens plus…
Mais quand je finissais par redescendre, que je revenais à la maison, je me découvrais couverte d’écorchures, le sourire aux lèvres et plus forte que jamais.

Parfois, quand je médite, il m’arrive de ressentir des signes, prémices de cette plénitude passée. Je me sens partir…
Comme autrefois, je ne résiste pas.

Lors de mes accouchements, au plus fort de la douleur, chaque fois, je m’accrochais à un arbre.
C’est une image forte pour moi.
Un de mes meilleurs points d’ancrage heureux.

La vie, dans ce qu’elle a de difficile, de contraignant, de douloureux aussi, nous éloigne parfois de cet aspect de nous-même.
Voyez ce que nous sommes maintenant!
Tous si différents, si éloignés de ces enfantillages...
Et pourtant, nous avons tous été des enfants.
Restons simple. Vrai.
Car tout est là.

Illustration: Claude Monnet "Le saule pleureur 4" 1918-1919. Si vous cherchez la plénitude, allez simplement vous asseoir sur un banc et plongez dans les oeuvres de Claude Monet au musée Marmottan à Paris...

lundi 21 avril 2014

LE MYTHE DE LA VIRGINITE






Et bien oui. 
Vous avez bien lu le titre de mon billet.

Désolée…Nous n’allons plus être dans un discours « propret » aujourd’hui.
Il s’agit pour moi de dépoussiérer quelques idées reçues.

Et j’ai envie de commencer par notre hymen.
A nous les femmes.
Je m’explique.
Vous souvenez-vous de mon billet du 8 Mars 2014 « La journée de la femme »? Je vous racontais comment j’en étais venue à me spécialiser en victimologie...

Du coup, l’année suivante j’orientais mon stage de master de psychologie dans un domaine pointu, l’Unité Médico-Judiciaire pédiatrique de Paris.
Là-bas, je rencontrais une femme hors du commun,  pédiatre médecin légiste, le Docteur R., qui à ses heures « perdues » suivait des cours de philosophie à la fac. 

Elle me fit découvrir Emmanuel Lévinas, (un grand philosophe qui a beaucoup travaillé les questions d'altérité, de responsabilité et d'éthique)
et aussi quelques petites choses, comme cette histoire d’hymen.

Quand elle examinait les jeunes filles ayant déposé plainte pour viol, elle leur disait toujours, « Et  n’oubliez pas, ce n’est pas parce que l’on ne voit rien physiquement, qu’il ne s’est rien passé »
Je ne comprenais pas.
Pour moi, une jeune fille vierge possédait un hymen «  intact », qu’un viol déchirait forcément…
Grosse erreur ! 

Qui nous parle de notre hymen ?

 Personne. 
Nous glanons des informations à droite à gauche, sans vraiment aborder clairement le sujet. Nous nous laissons convaincre par de fausses idées reçues.

Un homme qui pénètre pour la première fois une femme vierge, la déflore forcément? 
Non ?
Et bien non !

Qu’est ce que l’hymen ?

L’hymen  est une membrane qui, chez la femme, ferme partiellement l'ouverture du vagin et sépare sa cavité de la vulve.
Avec l’adolescence et les hormones, cette membrane s’assouplit. 
Sa forme varie d’une femme à l’autre. Il existe des hymens annulaires (forme la plus courante, avec ouverture centrale), des hymens semi-lunaires (ouverture contre la paroi vaginale), des hymens labiés  (mince fente horizontale ou verticale), des hymens bridés (traversé d'une bande de peau plus résistante), des hymens criblés (percé de plusieurs petites ouvertures), des hymens en carène, …
Certaines femmes naissent avec un hymen clos qui ferme complètement le vagin, ce qui exige, avant la puberté, une intervention médicale pour laisser s'écouler les règles. D'autres femmes ont un hymen si épais et résistant (scléreux) qu'il faut également le faire ouvrir par un médecin pour éviter une douleur trop importante à la femme pendant l'acte sexuel.
Et certaines femmes naissent même sans hymen.

75% des jeunes femmes posséderaient un hymen dit complaisant.
C’est-à-dire, qui ne se déchire pas, mais se détend lors de la pénétration.
Avec la puberté, notre corps se prépare à procréer. L’hymen change.
Voilà pourquoi :
-         - Une femme peut être vierge sans avoir d’hymen
       - Une femme peut avoir une activité sexuelle et conserver un hymen « intact »

Pour toutes ces raisons, l'hymen ne peut pas être considéré comme le garant de la virginité d'une femme. 
On estime que presque la moitié des femmes ne présentent pas de saignements lors de leur premier rapport sexuel. 
La présence ou non de saignements lors de cet événement n'est donc en aucun cas une preuve de virginité. 
Par contre, une chose est certaine, toutes ces différences n’existent plus après un premier accouchement. En accouchant, nous perdons définitivement notre hymen, et donc notre virginité.

Qu’en conclure ?

-         - Les femmes devraient être mieux informées. 
  La première relation sexuelle est souvent stressante et une partie de ce stress vient de leur méconnaissance. 
    Elles devraient savoir qu’il vaut mieux attendre la fin de leur puberté, qu’avec des préliminaires, de la douceur, et de la patience, elles ont peu de chance de saigner. 
    Leur hymen peut tout à fait  se détendre et accueillir. 
    Sans déchirement.

-         -  Les hommes n’ont pas ce pouvoir de savoir si une femme est ou non vierge. 
    C’est un mythe. 

-     - Enfin, ce qui change de manière définitive le corps d’une femme, 
    Ce n’est pas l’homme. 
    Ce n'est pas la relation sexuelle. 
    C’est bien de mettre au monde son bébé.

 Pour aller plus loin, suivez ce lien: "anatomie de la région vulvaire de la femme"

       Illustration: Jean-Baptiste GREUZE L'enfant à la colombe

vendredi 11 avril 2014

L'ACCOUCHEMENT 2/ POURQUOI EST-CE SI DUR D'ETRE UNE FEMME?




« Le masculin l’emporte sur le féminin, répétez après moi ! Quand il y a pluriel, le masculin l’emporte sur le féminin ! » 

Je sais... C’est idiot. Mais c’est  ce à quoi je pensais, tandis qu’immergé dans l’eau chaude de ma baignoire, mon corps était parcouru de douleurs de plus en plus intenses. 
Le travail avait commencé depuis six bonnes heures. Après avoir marché des heures durant dans notre appartement, (je finissais par connaître le carrelage de la cuisine par cœur…), j’avais voulu prendre un bain. Seule. J’adore mon mari, mais à cet instant précis, je n’aimais plus beaucoup de monde… Personne à vrai dire.

Le masculin l’emporte sur le féminin…  Voilà ce qu’on nous apprenait à l’école. 
Et moi, je ne comprenais pas!

- Mais pourquoi maîtresse ?  (Oui. Pourquoi ?)
-Parce que c’est la règle. Voilà tout. 

La règle.
Ce jour-là, pour la première fois de ma vie, je prenais conscience qu’il existait des inégalités de genres. Et que j’étais dans le mauvais camp. Celui qui ne compte pas. Il suffit d’un homme, pour que « le masculin l’emporte sur le féminin ». Un seul… Foutue domination masculine ! On nous conditionne à accepter cette vision du monde. Pas parce que c’est logique, ou réel. 
Parce que c’est la règle.

Et tandis que la douleur augmentait en intensité et en fréquence, je sentais la colère me gagner progressivement et me submerger.

Pourquoi ?!
Pourquoi est-ce si dur d’être une femme ?!

Bon sang ! Cette douleur ne va jamais s’arrêter ?!

Là je faisais moins ma maligne… 
Ces derniers jours, je me plaignais d’insomnies, une sage-femme m’avait donné une explication qui, ma fois, me convenait «  votre organisme se prépare aux nuits difficiles avec votre bébé, et s’habitue déjà à la fatigue qui sera inévitable ». D’accord. Fini les grasses matinées, ça je l’avais bien compris.

Mais cette douleur !... Cette douleur par vagues... 
Lentes d’abord.
C’est l’échauffement.
De plus en plus intenses, ensuite… 
Et surtout avec des « creux » de plus en plus brefs…
La colère est dévastatrice…
Avec elle, je n’ai plus du tout géré ma douleur.  J’ai perdu le contrôle.
Avec elle, j’ai senti mon amour se transformer en haine. Envers moi, envers mon bébé, envers mon mari. 
Au secours ! 
Je me noyais… 
Même une fois, arrivée à la maternité… 
Mon pauvre mari était en panique. Où était passé sa femme? Qui était cette hystérique ?

La péridurale m’a sauvée. 

Epuisée, je me suis endormie. Et oui… On peut même dormir ! J’ai récupéré. Mon bébé restait dans sa poche. Tout allait bien.
J’ai retrouvé mes forces pour le deuxième round. 
Cette fois-ci pas question de me laisser envahir par des pensées négatives ! Fini les émotions destructrices ! 

Qu’est ce qui m’a motivé ?

D’être entourée de professionnels calmes et patients.
D’être ramenée à mon bébé.
Je ne souffrais pas pour rien. 
Je souffrais pour elle. 
Pour qu’elle vive.
Mais pour cela, nous avions elle et moi encore du chemin. Elle allait devoir se frayer un passage et j’allais devoir l’y aider. 
La douleur est revenue, insupportable.
Mais je l’ai supportée.
Cette fois-ci, oui.
Parce que je ne pensais plus qu’à elle.
Et quand j’ai de nouveau senti la douleur  gagner du terrain dans ma tête, la sage-femme, douce, patiente et empathique, a tout de suite compris.

Elle m’a pris la main pour me faire toucher la tête de ma fille.
« Courage ! Elle est là ! »

Ce fut une naissance magnifique. 
La sage-femme a pris le temps de nous guider, ma fille et moi, en douceur, sans déchirure, sans urgence vitale. Et une fois les épaules dehors, j’ai pris mon bébé sous les bras et l’ai sortie complètement pour la poser sur mon cœur.

Nos deux cœurs battaient à l’unisson.  
Nous avions gagné ! 

Pourquoi est-ce si dur d’être une femme ? 

Pour vivre activement des moments forts comme celui-là !
Instant hors du temps, où le féminin prend toute sa place, crie, hurle sa raison d’être.
Nous donnons la vie. 
Don d’amour absolu.
Cet enfant, nourri de mon sang, accueilli dans ma chair, désiré, attendu, objet d’ambivalence et d’inquiétude, 
Cet enfant, je le rencontrais enfin !
Bienvenue mon bébé :)

Illustration: Statue " Le Crépuscule" René Letourneur

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